dimanche 25 juin 2006

VTT : RALLYE DES ORCHIDÉES 2006, À BOISSY-SAINT-LÉGER

ORGANISÉ PAR LE BOISSY CYCLO CLUB

Tout d'abord merci et bravo à tous ceux qui sont venus! Nous étions 14 Brévannais, frôlant le record de 15 vététistes sur une même randonnée, réalisé cet hiver aux Bagaudes. Nous avons obtenu la coupe du 2e club le plus nombreux, seulement devancés par le club “Renard'Yerres”, qui avait 16 participants.

Eric recevant la coupe... Le veinard!
Pour obtenir ce résultat, forte mobilisation chez les revenants, avec le retour de “mon ami Pierrot” qui revenait au VTT après plusieurs mois consacrés à d'autres aventures. Retour également de Fabien avec un nouveau VTT, le précédent lui ayant été volé après une seule utilisation (au Coudray-Montceaux) et à peine 25 km au compteur!... Le nouveau vélo a déjà fait plus du double! Retour également sur le VTT de notre routier Alain Desprez... Retour également de Charly après six mois de convalescence, consécutifs à une mauvaise chute...

Et puis forte mobilisation chez nos vététistes accompagnés d'enfants, qui ne se sont pas découragés malgré la pluie : Olivier avec son fils Florient (9 ans), Eric G. avec son fils Florian (10 ans) et Alain Vauzelle avec le petit Vincent (10 ans) et sa soeur Estelle (12 ans) sur le parcours de 25 km.

Florient et Olivier
Eric avec Florient et Florian
Estelle (fille d'Alain Vauzelle), récompensée par les organisateurs
Mais surtout, Christine, Anaïs (14 ans) et Lauriane (15 ans) avaient décidé, malgré les intempéries, de tenter l'aventure du 55!

Christine, Lauriane et Anaïs
Au départ, je ne sais plus qui a dit, à propos de la petite pluie qui nous humectait : “Tel que c'est parti, on en a pour la matinée!” Moi, éternel optimiste, je me dis en moi-même: “ça m'étonnerait, pas au mois de juin!” Et pourtant si! On a bien eu de la flotte toute la matinée, à part quelques minutes d'interruption par ci par là! Au fait, rappelez-vous bien ceci : ne pas compter sur Claude pour les prévisions météo! Il est nul!

Nous avons donc démarré à dix sur le grand parcours, tout le monde avec un K-Way ou au moins un coupe-vent, et moi en tenue d'été pour mieux bronzer! Parcours sympathique en forêt de Notre-Dame et après huit ou neuf kilomètres, premier incident : chute d'Anaïs, dont la roue avant s'est bloquée brutalement dans une belle flaque de boue. Cinq à dix minutes de pause pour permettre à la demoiselle de reprendre ses esprits, détente et rigolade pour tous, puis on repart. Peu après, séparation des parcours de 38 et de 55. Christine se dirige ostensiblement vers le 38... Et Anaïs vers le 55! “On continue!” fait-elle avec conviction. Ça ne me surprend pas plus que ça. Je sais qu'elle en a dans le ventre, la “gamine”. Elle nous a déjà fait le coup il y a 15 jours, pour son premier 45 bornes à Jouy-en-Josas, sur un terrain particulièrement vallonné... Et elle était allée jusqu'au bout!

Bref, tout le monde continue sur le 55. Mais très vite, le groupe se scinde en plusieurs paquets. Mathieu, Sébastien et Jean-Benoît sont partis devant, en éclaireurs, Alain et Fabien un peu en retrait... On ne les reverra plus, sauf sur les photos de l'arrivée, visibles sur le site du Boissy Cyclo Club (Merci à eux pour ces souvenirs!)…

Sébastien…
et Mathieu : les éclaireurs sont fatigués!

Quant à Pierrot et moi, nous avons décidé de rester avec les filles quoi qu'il arrive. Avions-nous un sombre pressentiment? Ou était-ce du dévouement à l'état pur? Non, à vrai dire, ça me faisait vraiment plaisir de m'associer à leur défi. C'est qu'elles sont vraiment sympas ces filles, et on a envie de les garder au club! Alors on ne les laisse pas livrées à elles-mêmes sur un grand parcours qui, par ce temps là, représentait quand même un pari un peu audacieux! Grand bien nous en a pris, d'ailleurs, car vers la mi-parcours, à l'endroit probablement le plus éloigné de notre point départ, premier incident mécanique : le dérailleur d'Anaïs n'a pas résisté à la puissance de ses mollets rageurs. Patte tordue, dérailleur pris dans les rayons, 10 minutes à tirer dessus délicatement mais fermement pour tenter de redresser ce qui pouvait l'être sans tout faire exploser... Merci en passant au vététiste qui s'est arrêté pour nous donner un coup de main! Bref, on arrive à remettre le vélo en état de marche et on repart.

Bientôt, nous voilà du côté de Evry-Grégy-sur-Yerres, dans un sentier qui doit être très sympathique par temps sec, mais qui avec la pluie est devenu terriblement “amoureux”. Il nous colle aux pneus, aux patins, aux fourches... Les roues sont bloquées, impossible de rouler. On a beau “mettre la main à la pâte”, touiller et encore touiller pour tenter d'éliminer toute cette masse collante, la boue s'agglutine et nous sommes obligés de pousser les vélos... Galère? Non, partie de rigolade!

Par chance, au bout du chemin, voilà un gué! Nous nous précipitons dans l'eau et nous lavons les vélos. Lauriane est à deux doigts de prendre un bain tout habillée... L'eau n'est pas froide mais je lui conseille quand même de n'en rien faire car je crains qu'elle ne prenne froid par la suite. Tout ça se passe dans la bonne humeur et même la franche rigolade. Encore des souvenirs!

Nous repartons sur un sentier glissant et plein d'ornières. Et nous arrivons au pied d'une côte gigantesque qui fait bien, allez, trois mètres! “Rien du tout”, me direz-vous! Eh bien pour monter, il va nous falloir faire une chaîne humaine et nous passer les vélos de main en main tant le sol est terriblement glissant! Christine nous a même fait une démonstration de descente en marche arrière avec d'accepter de saisir la main tendue! Et ça rigole toujours autant!

Peu après, nous voici dans un tunnel, sous la Francilienne, de l'eau jusqu'au mollet C'est le lit de l'Yerres qui passe là! Et nous aussi, c'est là qu'on passe! Encore des images mémorables...

Alors Alain et Fabien, contents de rentrer?
Au sortir de ce passage, nous tenons un conseil de guerre! Poursuivre le parcours nous semble à la fois plus long et plus aléatoire à cause du dérailleur fragilisé d'Anaïs. Nous décidons donc de tenter le retour par le plus court chemin, c'est-à-dire, dans un premier temps, rejoindre Brie-Comte-Robert puis longer la N19 jusqu'à Servon... Après on verra!

En repartant, je me dis en moi-même : “maintenant, ça devrait aller!” Erreur! Décidément, je n'ai pas fait très fort pour les pronostics, ce dimanche 25 juin 2006. En effet, quelques centaines de mètres plus loin, nouvel arrêt d'Anaïs. Cette fois, la patte de dérailleur a décidé qu'elle n'irait pas plus loin. On se regarde, on rigole encore un peu car, décidément, ce n'est pas notre jour de chance... Mais très vite, je me dis que je suis bon pour tenter ma première réparation de fortune avec mon superbe outil multifonctions qui comporte un dérive-chaîne... Heureusement, même si je n'ai jamais fait ce genre de bricolage, j'ai déjà vu quelqu'un le faire. J'ai retenu qu'il faut d'abord finir de démonter le dérailleur, puis “ouvrir” la chaîne, enlever environ dix centimètres de maillons et remonter la chaîne... Et, ô miracle, pour la première fois de ma vie, j'arrive à faire la réparation quasiment du premier coup... et ça marche! Anaïs peut repartir. La poisse est-elle enfin derrière nous? En tout cas, tout le monde a le sourire... “On s'en souviendra de ce rallye des Orchidées 2006!” me dis-je comme si on était déjà arrivés. Encore une erreur d'appréciation! Non seulement on n'est pas arrivés mais en outre, je n'ai pas encore vécu mon plus mauvais moment de la journée! Car sur la N19, entre Brie-Comte-Robert et Servon, la pluie redouble. De plus, nous sommes beaucoup moins abrités que sur les chemins. Alors je commence à grelotter dans ma tenue d'été complètement détrempée. Je roulerais bien un peu plus vite pour me réchauffer, mais dès que j'accélère, le groupe ne suit pas. Pour la première fois de la matinée, je sens que le moral n'est plus au beau fixe, je deviens un peu nerveux. Comme je n'en suis pas à un mauvais pronostic près, je fais le pari que je vais attraper la crève! “Maintenant, c'est sûr!” Eh bien non, je n'ai rien attrapé du tout. En revanche, gagné par le pessimisme, j'encourage Christine à téléphoner à son mari pour qu'il vienne chercher les filles... Elles n'iront pas jusqu'au bout! Fin de l'épreuve pour elles à Santeny, par arrêt de l'arbitre, après 50 km et plus de 5h sous la pluie. J'espère qu'elles n'ont pas été trop déçues de s'arrêter ainsi en chemin, mais je crois qu'il valait mieux ne pas tenter le diable!

Quant à Christine, Pierrot et moi, nous repartons, toujours en vélo. Nous passons par Marolles, les Bagaudes, et nous rallions l'arrivée vers 14h. Nous ne sommes d'ailleurs pas les derniers à arriver... Petit sandwich, un coup à boire, et on repart sous la flotte avant d'être complètement refroidis car il nous reste encore à rentrer sur Brévannes en vélo! Au final, les deux jeunes filles auront fait une cinquantaine de kilomètres, Christine 60, Pierrot et moi autour de 65! Mais je crois que au delà du kilométrage et du temps passé sur le vélo, ce qui aura compté au cours de cette journée, c'est cette ballade transformée en aventure, que nous avons vécue ensemble et qui, j'en suis persuadé, nous laissera à tous des souvenirs inoubliables.

En tout cas, je peux en témoigner, ce ne sont pas les filles qui ont jeté l'éponge! A aucun moment, je ne les ai entendues se plaindre. Mieux, elles ont tout le temps gardé le sourire et le sens de l'humour! Elles ont une sacrée force de caractère! Chapeau les filles! Et à très bientôt pour de nouvelles “longues distances”, et pour aller, la prochaine fois, jusqu'au bout de l'exploit!

Claude

Claude et Christine au bout de l'aventure... Affamés???…