dimanche 26 mai 2013

LES HAUTEURS DU VAL D'OISE, À DEUIL-LA-BARRE (95)

RALLYE ORGANISÉ PAR L'A.S. ENGHIEN LA BARRE - 100 KM - 1432 m de D+

Il y a deux ans, Marie-Ange avait raconté sur ce blog notre première participation au rallye "Les Hauteurs du Val d'Oise". Cette année, nous sommes allés nous rafraîchir la mémoire. En effet, nous ne nous souvenions plus à quel point cette randonnée avait été éprouvante! Il faut dire qu'en 2011, la veille, nous avions fait un 110 km au départ de Versailles, avec 12 côtes parmi lesquelles se trouvaient certaines des plus belles ascensions de la Vallée de Chevreuse! Un des souvenirs que nous avions conservés de notre randonnée dans le Val d'Oise, c'est d'être partis un peu tard, vers 8h30, ce qui nous avait conduits à terminer "hors délai". Raison pour laquelle, cette année, le réveil a donc sonné à 5h. À 7h10, nous étions sur place, au stade de Deuil, rue Jean Bouin, et à 7h25, prêts à démarrer.

Pour les amateurs de bosses, de pentes ou de dénivelés, bref pour tous ceux qui aiment grimper, c'est un rallye à ne pas manquer! D'ailleurs, sur plusieurs documents consultés, la présentation du rallye est très claire sur ce point: « braquets montagnards conseillés. » La montagne en île-de-France? Ça paraît peu crédible. Et pourtant! Voici donc, à titre de preuve, quelques chiffres. Tout d'abord la liste des 15 côtes, avec quelques-unes de leurs caractéristiques :
  1. Côte de Montmorency: environ 3 km, pente toujours inférieure à 5%.
  2. Côte du lapin sauté, à St Prix: 2 km, pente moyenne > à 7%, passages à 16%.
  3. Côte du faisan doré (St Leu-la-Forêt): 900 m.
  4. Côte du haras, à Bessancourt: 49 m de D+ en 600 m, pente moyenne > à 8%.
  5. Côte du château d'eau, à Villiers-Adam: 1,5 km.
  6. Côte de la Cavée, à Butry-sur-Oise: 1 km.
  7. Côte de Parmain: 1,8 km
  8. Côte de la route des Bonshommes, à L'Isle-Adam: 2,5 km.
  9. Côte de la Pierre Turquaise, Forêt de Carnelle: 1,6 km, passages à 14%.
  10. Côte de l'Étang Bleu, Forêt de Carnelle: 900 m, passages > à 10%.
  11. Côte de Noisy-sur-Oise: 54 m de D+ en 700 m, pente moyenne > à 7,7%.
  12. Côte des Princes, à Viarmes: 2,5 km, passages à 17% (au début)
  13. Côte de Domont, 1 km.
  14. Côte de Blémur, 500 m.
  15. Côte de Piscop, 1,6 km.
Attention! Ne pas tout donner dans la côte de Piscop, même si c'est officiellement la dernière, car il reste une série de petits "toboggans" un peu casse-pattes pour arriver jusqu'à Montmorency.
  • Kilométrage total: 100 km selon les organisateurs, 104,5 km selon Openrunner (idem selon mon compteur)
  • Longueur cumulée des 15 côtes: 22,1 km (sans compter les montées inférieures à 500 m, non répertoriées)
  • Dénivelé positif total: 1432 m selon l'organisation, 1533 m selon Openrunner.

Le profil
Tous ceux qui pratiquent les parcours vallonnées savent bien qu'il est moins dur de grimper 10 km d'un coup, avec une pente régulière, que de faire 10 côtes d'1 km, avec de nombreux changements de pente, des pourcentages élevés et des descentes intercalées. C'est d'ailleurs ce qui fait aussi la difficulté du Brevet Cyclo de la Montagne de Reims, par exemple, par rapport à des parcours équivalents en distance et en dénivelés sur l'Ardéchoise.

Pour ceux qui sont équipés d'un GPS, il est possible de récupérer la trace du circuit que j'ai tracé sur Openrunner: identifiant du parcours: 2534755.
Et pour ceux qui, comme moi, naviguent encore à la carte, rien ne vous empêche de reproduire le tracé sur votre carte préférée, IGN ou Michelin.

Si vous envisagez de vous laisser tenter par cette organisation en 2014 ou ultérieurement, je signale que l'ASELB propose deux départs, le premier à Deuil-la-Barre, le second à Chauvry. Ce départ déporté évite les portions les plus citadines de Deuil et de Montmorency et il permet d'accueillir plus facilement les cyclos de Frépillon ou de L'Isle-Adam. Cette année, contrairement aux années précédentes, il y avait deux fois plus d'inscriptions à Chauvry. Le kilométrage du grand parcours en partant de Chauvry est d'environ 85 km, mais le circuit ne se prive que d'une seule des 15 côtes, celle de Montmorency (n° 1).

Quand j'ai regardé ma montre, à l'arrivée, j'ai pu constater avec satisfaction que cette année, nous étions rentrés dans les délais, à 13h45, la clôture étant prévue à 14h. Une fois encore, nous avons été félicités par les organisateurs... non pas pour avoir fait leur grand parcours très exigeant, mais pour être venus "de si loin"!... 35 minutes de voiture à l'aller, environ 1h au retour à cause des bouchons sur le périph', ce n'est pourtant pas le bout du monde!... Enfin, ça fait toujours plaisir d'être félicité!!!
Pour finir, au chapitre des satisfactions et des félicitations, un petit coup de chapeau à Marie-Ange qui, cette fois, outre l'enchaînement des 15 côtes listées ci-dessus, a grimpé la Côte des Princes dans sa totalité et sans mettre pied à terre! Je n'ose dire "ça s'arrose", craignant que le ciel ne prenne le message pour lui! Profitons donc sans modération du beau soleil de ce lundi!

Claude
Photos personnelles

Le décor en quelques photos...

Des cyclos de Frépillon au point d'accueil de la ferme de Chauvry. Pour nous, c'était un premier petit ravito après seulement 15 bornes...
La ferme de Chauvry
Marie-Ange en termine avec la partie la plus raide de la côte de la Pierre Turquaise (maxi: 14%), dans la Forêt de Carnelle
Point de rencontre de l'Étang Bleu (Forêt de Carnelle). En me revoyant, un 26 mai, avec veste polaire et jambières, je me dis: « C'est quand, le printemps? »
Après la côte de Noisy-sur-Oise
Début de la descente après la côte de Noisy-sur-Oise
Cette fois, Marie-Ange en termine avec la partie la plus raide de la côte des Princes (maxi: 17%), toujours dans la Forêt de Carnelle
Côte des Princes
Fin de la côte des Princes : Ouf!
Saint-Martin-du-Tertre: la Tour du Guet, qui n'a jamais servi à guetter quoi que ce soit. Elle a été édifiée au XIXe siècle pour la baronne Roger, afin de lui permettre d'admirer le panorama. (Une pause "cyclotourisme", ça permet de récupérer un peu, après la Côte des Princes!!! :D)
Montmorency

lundi 20 mai 2013

PENTECÔTE 2013 À CHAMBERET : LE TOUR DU MONT CEIX

En ce lundi de Pentecôte, le temps matinal sur le Village Vacances des Roches de Scoeux (prononcez "ceux") n'était pas très engageant. La preuve, Guy L. avait pris sa douche avant le petit déjeuner! Quand Guy prend sa douche le matin de bonne heure, il faut le savoir, mesdames messieurs, ça signifie d'une manière irrévocable: « Pas de vélo aujourd'hui! »

Du coup, l'optimisme de la tablée s'en est trouvé lui aussi douché! Pour ma part, j'étais venu à Chamberet (pensez au champagne et prononcez "chambré") avec l'idée de découvrir au minimum le massif des Monédières, le col des Géants et le Plateau de Millevaches. Mais les deux parcours qui auraient permis ces découvertes font environ 90 km. Même si le temps avait été favorable ce lundi, impossibles de les boucler avant l'heure fatidique de l'incarcération des vélos dans le camion.

Tenté de rouler avec JPB, Michel W. et Damien, je renonce rapidement quand j'apprends qu'ils veulent faire le circuit n° 3, « Autour du Mont Gargan », que j'ai déjà fait samedi. Tant qu'à rouler, autant voir autre chose... Cela dit, “voir” est un bien grand mot! A l'heure où les décisions se prennent, les hauteurs de Scoeux sont quasiment noyées dans une brume tenace qui m'amène à m'interroger : « Est-ce le brouillard qui est monté jusque-là, où sont-ce les nuages qui sont descendus jusqu'à nous? »

Bref, on n'y voit goutte... Ou plutôt si! On voit trop de gouttes! Ce qui, pour un cyclo porteur de lunettes, revient au même!

Dans ma tête, j'ai quasiment renoncé à rouler ce matin. Mais avec Marie-Ange, nous pensons à Jean-Claude, co-organisateur du séjour avec Anne-Marie... Hier soir, il nous a dit qu'il attendrait au rond-point de l'arboretum, vers 8h30, ceux qui souhaiteraient faire le tour du Mont Ceix (prononcez "Cé", même si vous avez envie de faire des blagues avec “Mont Ceix”! Il ne faut pas jouer avec “Mont Ceix”!!!).

C'est le plus petit des parcours envisagés pour ce lundi, environ 27 km, mais avec un dénivelé positif d'environ 480 m. Pas si mal! Avantages: pas de stress concernant l'heure de retour, et si on est mouillé, on le sera moins longtemps! Nous appelons Jean-Claude, nous laissons un message... Peu après, il nous rappelle et nous dit qu'il est prêt à démarrer. C'est décidé! Nous nous dépêchons. Pas le temps de faire passer l'info pour le cas où d'autres seraient intéressés. Et nous descendons à la rencontre de Jean-Claude. Dans ma précipitation, j'ai oublié de mettre des sous-gants... Mes doigts transformés en capteurs de température me font regretter cet oubli! Mais je ne suis pas inquiet car le dénivelé annoncé me convainc que j'aurai l'occasion de me réchauffer.

Dans la descente, nous sommes doublés par Pierrot et Claudine, qui partent sur le circuit de 53 km. Cela aurait été sympa aussi de rouler avec eux. Ce sera pour une autre fois, j'espère.

Peu après, nous retrouvons Jean-Claude, qui nous dit combien il est heureux de pouvoir faire cette sortie. En temps qu'organisateur du week-end, il aurait été déçu de ne pas sortir au moins une fois sur les trois jours. Pendant que nous roulons, il nous décrit ce que nous pourrions voir s'il n'y avait pas de brume! À l'entendre, ça a l'air très beau en effet!

Rouler avec lui présente un autre avantage: pas besoin de consulter carte ou feuille de route : nous nous laissons guider.

Bientôt, le ciel se dégage enfin et nous pouvons vérifier qu'il ne nous a pas menti. Le décor de cette balade est vraiment magnifique. En arrivant près de l'étang de Cros, je m'arrête prendre une photo. J'y passe un peu plus de temps que prévu car hier soir, après avoir immortalisé le défi de Damien et de Guy (voir l'article de JPB), j'ai laissé mon appareil paramétré sur "portrait de nuit". Je m'en rends compte quand le flash se déclenche... Je rectifie le paramétrage et double la photo…

Étang de Cros
Peu après, je rejoins Jean-Claude et Marie-Ange, qui se sont arrêtés pour m'attendre et j'en profite pour les photographier à leur tour, au milieu du décor forestier.

Jean-Claude et Marie-Ange près de l'étang de Cros
A partir de là, nous roulons un bon moment entre les grands conifères de la Forêt de Châteauneuf. Pas une voiture! Le calme! La route et la forêt nous appartiennent!

Forêt de Châteauneuf
À un carrefour, nous voyons un panneau qui indique la direction du Mont Ceix. (Je sais! Il y en a qui vont dire : « Ah bon? C'est curieux! Tu as besoin d'un panneau pour savoir où il est? »). Jean-Claude dit qu'on ne peut pas aller jusqu'en haut avec un vélo de route... Nous passons donc notre chemin.

En arrivant à Trassoudaine, Jean-Claude nous propose une variante par rapport au circuit "officiel". Je ne me souviens plus de ses arguments, mais peu importe. S'il nous propose cette variante, c'est qu'il a de bonnes raisons! Alors allons-y! Suivons le guide! J'allais dire "les yeux fermés", mais il ne faut pas exagérer non plus! On est en vélo!!!

Trassoudaine
Trassoudaine
Trassoudaine
La route est sinueuse, toujours dans la forêt. Qu'est-ce qu'on est bien!

C'est alors que Jean-Claude nous raconte l'importance que ce circuit représente pour lui. Il y a quelques années, suite à un grave accident, il pensait ne plus pouvoir refaire de vélo. Un an jour pour jour après son accident, il remontait sur son vélo, encouragé et soutenu par des amis cyclos de Corrèze. Et sa première sortie, c'était sur ce parcours. Il avait fini épuisé. Mais tellement heureux...

Quelques kilomètres plus loin, nous passons devant une maison... Le propriétaire est dehors, s'occupant de son jardin. Jean-Claude s'arrête. A la familiarité du ton, je comprends qu'ils se connaissent. Puis je comprends que l'interlocuteur de Jean-Claude fait du vélo. Un café nous est proposé... C'est sympa mais... Le temps nous est compté! Salutations amicales. Nous repartons. Jean-Claude nous révèle peu après qu'il s'agit d'un de ces amis qui l'ont soutenu après son accident, un de ceux qui l'accompagnaient lors de son retour sur le vélo... On perçoit l'émotion quand il en parle.

Jean-Claude nous dit aussi qu'il aime faire ce petit tour avec Anne-Marie, son épouse. Ça ne fait pas très longtemps qu'elle fait du vélo. Au début, elle a eu parfois envie de jeter son vélo dans le fossé tellement c'était dur. Maintenant, elle y a pris goût. Et elle aime particulièrement faire ce circuit, que Jean-Claude a décidé de nommer: « La balade d'Anne-Marie ».

La balade se termine bientôt. Nous approchons du panneau qui marque le début du "jeu" proposé dans le quiz d'Anne-Marie, consistant à compter le nombre de tour de pédales jusqu'au sommet… Jean-Claude nous laisse là et nous retrouvera pour l'apéro. Je décide de faire le jeu et je compte 340 tours de pédale, contre un peu moins de 300 pour Jean-Claude. Hier soir, Damien avait compté 320 tours. J'ai mouliné un peu plus qu'eux! Mais un peu moins que Guy qui avait compté 380.

Quand Marie-Ange me rejoint devant l'accueil du Village Vacances, elle me dit : « Qu'est-ce que je suis contente d'avoir fait cette balade! ». Sentiment que je partage, sans réserve.

Nous n'avons pas pris une goutte de pluie. Ou si nous en avons pris, nous les avons déjà oubliées! Grâce à la beauté des paysages, au plaisir partagé, aux échanges chaleureux, le soleil ne nous a même pas manqué!

Cela dit, nous nous sommes promis de revenir, pour savoir si c'est aussi agréable par beau temps!!!

En commençant cet article, je ne pensais pas avoir tant de choses à raconter. Je me suis laissé porter pour les souvenirs et les photos. Porté aussi par l'envie de remercier ainsi Jean-Claude et Anne-Marie pour leur enthousiasme et pour le temps qu'ils ont consacré à préparer ce week-end. Un week-end gâché par la pluie? Ah bon?! je ne m'en souviens plus!…

Texte et photos : Claude

LIENS :

Sur le blog de l'AS Brévannaise…
—> Le récit complet du week-end par JPB.
—> L'article présentant les photos de Jean-Claude et Anne-Marie.

mercredi 8 mai 2013

AUTOUR DES GORGES DE L'AUDE : DE AUNAT À QUERIGUT

La météo l'a dit, par la bouche des gens du cru rencontrés à l'Hôtel Bayle, à Belcaire: « Il fera beau mercredi, ça se gâtera en fin d'après-midi, et la journée de jeudi sera mauvaise! »

Conclusion : nous ferons une dernière balade dans les Pyrénées et nous quitterons ensuite la région. Mais nous reviendrons car c'est une région qui nous a beaucoup séduits!

Pour cette dernière balade, nous avons un peu hésité.

Retenter le Port de Pailhères par l'autre versant? Un "local" nous a dit que le versant méditerranéen était peut-être moins enneigé que le versant océanique... Retenter, oui! Mais si c'est pour s'arrêter de nouveau avant le sommet, non! Il nous faut être sûrs que ça passe! L'une des serveuses de l'hôtel a eu la gentillesse de se renseigner pour nous auprès des gens de la station de Mijanès: « C'est pareil que de l'autre côté! » Exit Pailhères!

Faire un autre circuit du CycloGuide? Pourquoi pas!... Nous avions en vue un circuit qui a l'air pas mal, un peu au nord de Bélesta. Mais plusieurs personnes rencontrées à l'hôtel nous ont vanté la beauté des paysages du côté de la Vallée du Rebenty et des Gorges de l'Aude, c'est-à-dire plus au sud. De ce côté-là aussi, il y a des circuits proposés par le CycloGuide de l'Ariège-Pyrénées. Mais celui qui pourrait nous intéresser, le n° 18 (Le Donezan) est impraticable puisqu'il passe au Port de Pailhères et au Col du Pradel, tous deux fermés.

Suite à une étude minutieuse sur la carte et sur Openrunner, je constate qu'il y a la possibilité de faire une boucle de 40 à 50 km en franchissant trois ou quatre cols (c'est du moins mon estimation initiale)! Plus d'hésitation: c'est l'option que nous retiendrons.

Pour limiter le kilométrage en vélo et la fatigue consécutive (il faudra conduire jusqu'à Narbonne après la balade!), nous allons en voiture jusqu'à Aunat (Aude). Sur une dizaine de kilomètres, nous empruntons un bout du circuit n° 18 du CycloGuide.

La route commence tout de suite à grimper gentiment, pendant 1,8 km, jusqu'au Col des Aychides (1007 m).

Col des Aychides (1007 m)
Au cours de la descente, les paysages sont somptueux. Nous dominons notamment les Gorges de l'Aude, beaucoup moins vertigineuses que les Gorges du Verdon mais tout de même impressionnantes et pleines de charme.

Gorges de l'Aude
Sans nous en rendre compte, nous franchissons un second col, le Col des Clausels (977 m), à l'évidence plus dur dans l'autre sens!!! Après Fontanès-de-Sault, un passage pittoresque en tunnel…

Tunnel pittoresque
Et après environ 6 km de descente, nous rejoignons enfin la route qui suit les Gorges de l'Aude. Nous les quittons à Usson-les-Bains pour attaquer le début du Port de Pailhères. Le panneau du col me permet de comprendre pourquoi il est réputé plus dur de ce côté: 15 km d'ascension à plus de 8% de moyenne! Nous ne faisons que le début, jusqu'à Rouze, c'est-à-dire près de deux kilomètres avec des pentes à 8-10%. Ensuite, nous bifurquons vers Querigut (alt. 1221 m) et nous nous contentons d'un peu plus de 5 km de montée avec une pente plus douce.

Petite halte déjeuner à Quérigut. Le petit supermarché où nous nous sommes ravitaillés a fermé ses portes juste après notre passage en caisse. C'était moins une, c'est le cas de le dire!

La longue montée vers Quérigut n'est pas un col, mais elle nous aura permis d'aborder notre troisième col de la journée, le Col de Carcanières (1207 m), par son côté le plus doux! Il ne nous restait plus que 800 m de montée à parcourir pour le franchir! La descente vers Carcanières-les-Bains, pour rejoindre les bords de l'Aude, m'a semblé impressionnante. Dur-dur pour ceux qui la montent, ce qui est le cas de ceux qui suivent le circuit n° 18 du CycloGuide! Quand on pense que c'est la fin de ce parcours, après avoir monté Pailhères et Pradel! Il y a des circuits, dans les CycloGuides, qui sont réservés aux cyclotouristes sportifs bien entraînés!!!

Cascade à Carcanières-les-Bains
A Carcanières-les-Bains (alt. 934 m), deux options s'offrent à nous: descendre tranquillement les Gorges de l'Aude sur une douzaine de kilomètres, ou ajouter à notre collection le Col des Moulis (1099 m) avec une montée supplémentaire de 3,7 km. Marie-Ange choisit la première solution et moi la seconde.

Au passage du col, malgré un décor d'une esthétique très relative, je m'arrête pour prendre la photo et, en m'approchant, je terrorise involontairement un troupeau de porcs qui s'enfuit à tous jambons!... Mille excuses!

Col des Moulis (1099 m)
Je traverse ensuite le village d'Escouloubre, je redescends jusqu'aux Gorges de l'Aude en traversant la forêt de Gesse-Aguzou et je retrouve Marie-Ange au carrefour convenu.

Il nous reste à longer l'Aude pendant quelques kilomètres puis à effectuer une longue montée de 7 bornes pour rejoindre Aunat. N'ayant pas eu le temps de consulter le catalogue des cols français, et en l'absence d'indication sur la carte, au moment où je l'aborde, j'ignore s'il s'agit d'un col. La bonne surprise, c'est que la grimpette s'effectue en deux temps, bien que la route ne redescende pratiquement pas entre les deux, et que le Club de Cent Cols homologue deux cols dans cette ascension! C'est bon pour ma collec', ça!

Vallée de l'Aude vue en montant au Col du Castel
Le premier, c'est le Col du Castel (658 m), où je photographie Marie-Ange.

Col du Castel (658 m)
La suite de la montée se fera sous... la chaleur! Oui, vous avez bien lu! On a eu chaud sur le vélo! Par moments, ça m'a rappelé mes virées en VTT au mois d'août en Espagne! Incroyable! Du jamais vu en 2013! Nous avons même apprécié qu'il y ait de temps un temps un petit peu de vent frais! Nous qui, depuis des mois, souhaitions pouvoir enfin rouler sans vent!

Informations touristiques à Bessède de Sault
Après avoir gravi les 400 m de dénivelé positif jusqu'à la commune de Bessède-de-Sault, nous atteignons une petite chapelle dédiée à Marie. L'inscription sur la façade dit, en vers:

« Si l'amour de Marie
En ton cœur est gravé
En passant ne l'oublie
Viens lui dire un avé. »

A cet endroit, nous rencontrons un cyclo d'un club local, qui demeure à proximité. Pendant la montée, je l'apercevais depuis un moment, étonné qu'il reste si longtemps arrêté. Quand nous sommes arrivés à sa hauteur, j'ai compris pourquoi! Pas de panne, aucun souci mécanique... Juste une envie de faire la causette!

« C'est vous que j'ai vus ce matin, du côté d'Usson? nous dit-il »

C'est vraisemblable, oui. Après quoi, la glace étant rompue, il va nous raconter mille et unes anecdotes, essentiellement sur le vélo! Entre autres, il nous a raconté un souvenir du Tour de France 67 (ça ne nous rajeunit pas, hein?!): la côte que nous venons de monter n'était alors estimée par les organisateurs qu'en 4e catégorie (il rigole!). C'est dans cette côte que Roger Pingeon, futur vainqueur de cette grande boucle, a faussé compagnie à ses adversaires! Commentaire de Robert Chapatte à la télé: « Le Tour s'est peut-être gagné aujourd'hui dans le Col Notre Dame! » (notre narrateur rigole encore). D'après lui, ce col peut facilement être classé en 2e catégorie. Il enchaîne avec une histoire d'un Tour de l'Aude féminin qui passait aussi par là, il y a quelques années... Et d'évoquer les filles exténuées à l'arrivée! « Parcours trop dur », aurait dit l'une d'elles.

Bon, je ne vais pas toutes vous les raconter. Allez donc faire un tour en vélo du côté d'Aunat et du Col Notre Dame! Vous aurez peut-être la chance de rencontrer un cyclo intarissable!

Ah, j'oubliais! C'est lui qui a pris la photo ci-dessous! Entre deux histoires de vélo!... (je rigole!)

Chapelle Notre Dame de Bessède (Aude)
Peu après les "au revoir", nous arrivons au col proprement dit, le Col Notre Dame (950 m), où Marie-Ange me prend en photo (c'est mon tour!). C'est mon sixième col de la journée. Voilà une belle moisson! Bien plus que prévu!

Pour finir, quelques chiffres sur cette balade :
  • Pour Marie-Ange: 44 km, 1050 m de D+, 18,7 km de montée, 5 cols.
  • Pour moi: 48 km, 1209 m de D+, 22,4 km de montée, 6 cols.
Mon bilan, après Roses et les Pyrénées: 19/20! J'ai en effet gravi 19 nouveaux cols homologués par le Club de Cent Cols, le 20e m'ayant échappé pour des raisons indépendantes de ma volonté! Mais Pailhères, je l'aurai un jour... je l'aurai!!! Si la neige ne s'y oppose pas!

Quant à Marie-Ange, elle a réussi un 14/15! Pas mal non plus!

Prochain col, nous l'espérons, dès ce week-end en Limousin, si le temps le permet! Le Col des Géants, sur le circuit du Bol d'Or des Monédières.

A bientôt pour de nouvelles aventures de cols et montées! (Rien à voir avec des personnes "collet monté", rassurez-vous!!!)

Claude

Col Notre Dame (950 m)

mardi 7 mai 2013

DÉCRASSAGE À MONTSÉGUR (ARIÈGE)

CYCLOGUIDE ARIÈGE-PYRÉNÉES (09), CIRCUIT n° 17 : « LES CATHARES »

En guise de décrassage, après les deux beaux parcours de dimanche (en Vallespir) et lundi (vers le Port de Pailhères), nous avons choisi un circuit plus modeste d'environ 37 km, emprunté au CycloGuide de l'Ariège, histoire d'aller voir le site de Montségur, avec sa forteresse cathare.

Modeste en distance mais pas vraiment en dénivelé positif puisque le CycloGuide annonce 893 m, un chiffre qui semble cependant exagéré si l'on en croit Openrunner, qui estime ce dénivelé cumulé à un peu moins de 700 m!

Nous nous rendons à Bélesta en voiture. Nous aurions pu aisément faire le trajet aller en vélo car les 19 km sont quasiment tout le temps en descente. Mais le retour à Belcaire n'aurait plus été du décrassage! Cependant, la route passe au Col de la Croix des Morts (alt.: 898 m), situé dans la forêt de Bélesta. Descendant cette route très agréable qui serpente entre les arbres, je me dis que, si j'ai les jambes en fin de parcours, je le remonterai bien, pour le plaisir et aussi pour ajouter un col à ma collection!

Départ de Bélesta
Dès notre arrivée à Bélesta, Marie-Ange fait tamponner nos "cartons bleus" à la Poste. Puis nous démarrons. Nous avons choisi d'inverser le sens du parcours par rapport à la suggestion du CycloGuide, de façon à attaquer le col plus rapidement.

Peu après la sortie de Bélesta, nous découvrons la fontaine de Fontestorbes, une source aux caractéristiques exceptionnelles.

La fontaine de Fontestorbes (commune de Bélesta, Ariège)
Après Fougax-et-Barrineuf, nous amorçons la montée du Col de Montségur, longue de 9 km. Le panneau au bas du col indiquait en outre 494 m de D+ et 5,50% de pente moyenne avec un maximum de 8,90%.

Au pied du Col de Montségur
Pendant la montée, à chaque kilomètre, une petite pancarte nous renseigne. Nous avions déjà vu des pancartes analogues, la veille, pendant la montée vers le Port de Pailhères ou vers le Col du Chioula (par Ax-les-Thermes). Sur la pancarte de la photo ci-dessous, par exemple, on peut lire: « km 6 — 5,00% — alt. 851 m ».

Montée du Col de Montségur
En montant vers le Col de Montségur
Quand nous arrivons au col, un jeune homme étranger a la gentillesse de nous photographier devant la pancarte! J'utilise la quasi totalité de mes connaissances en Anglais pour lui dire : « Thank You! »

Col de Montségur (1059 m)
Du même endroit, je prends une photo de la célèbre forteresse cathare, perchée sur un impressionnant promontoire, appelé "pog" si j'en crois le dépliant du CycloGuide... (en savoir plus sur le Château de Montségur)

Forteresse de Montségur (alt. 1207 m)
La montée du col nous ayant mis en appétit, nous décidons de faire une pause repas à Montferrier. La boulangerie étant fermée, nous nous procurons de quoi nous restaurer au Proxy du village: du bon pain, du jambon de pays et du fromage de brebis! Le gérant est un cyclotouriste et nous parle des très belles balades à faire dans le coin. Il nous raconte aussi l'arrivée d'une étape du Tour de France sur la plateau de Beille... Monté sur le site en VTT, il avait eu la joie de redescendre par la route en roulant aux côtés de quelques professionnels!

Ayant terminé nos achats, nous dégustons tout cela installés dans un petit jardin qui domine le Touyre, le torrent local…

Le Touyre à Montferrier
Montferrier et le Touyre
Pour le retour à Bélesta, nous empruntons une petite route tranquille où les "coups de cul" ne manquent pas. Commençant à avoir mal à la tête, je suis un peu contrarié. J'ai toujours dans un coin de la tête l'idée de laisser Marie-Ange remonter en voiture et de grimper le Col de la Croix des Morts. Mais avec une migraine, ça ne me dt rien. Je m'arrête quelques instants à Bénaix pour avaler un Doliprane 500! Ce dernier aura la délicatesse de faire son effet avant notre arrivée à Bélesta... Sympa!

En arrivant à Bélesta, nous sommes persuadés que nous allons trouver un endroit pour nous offrir un rafraîchissement. Hélas, les deux débits de boissons sont fermés. L'un définitivement, le second pour cause de travaux suite à un incendie... Aucun commerce ouvert! Pas de chance de ce point de vue! En revanche, c'est en tournant dans le bourg que nous tomberons sur le château local, que nous n'aurions pas vu sans cela car un peu à l'écart du circuit! Et là, pour le coup, c'est un sacré coup de chance! En effet, le propriétaire des lieux est sur le pas de sa porte... Il attend une classe de l'école élémentaire voisine pour une visite guidée! Il a préparé de nombreux panneaux avec des dessins pour expliquer aux enfants les différentes phases de la construction du château, ainsi que ses différents aspects au cours du temps.

M'ayant entendu dire à Marie-Ange: « Tu as vu le Château? », il nous invite à entrer et nous fait bénéficier d'une visite guidée impromptue. Il nous parle des travaux qu'il a entrepris pour restaurer le château, de la manière dont il a reconstitué l'histoire du bâtiment grâce à l'analyse des éléments qu'il a exhumés au cours de recherches archéologiques, pour palier l'absence de documents d'époque. Pour lui, c'est une répétition générale avant l'arrivée des enfants! Pour nous, c'est une visite extraordinaire et la rencontre avec un jeune homme passionné et passionnant... J'avais envie de lui poser des tas de questions, mais l'arrivée de la classe attendue ne m'en a pas laissé le temps! Je remercie très sincèrement notre hôte pour cette parenthèse exceptionnelle dans notre balade!

Avant de quitter les lieux, je prends le temps de photographier le hall du château. Notre "guide-propriétaire" nous a expliqué qu'il fut un temps où c'était une cour à ciel ouvert, entre le mur du donjon à gauche, et le mur du palais à droite... Le plafond, qu'il a trouvé en partie détruit, a été entièrement restauré par ses soins.

Dans le château de Bélesta
En sortant du château, je raccompagne Marie-Ange jusqu'à la voiture. Mes maux de tête étant oubliés et mes jambes fonctionnant toujours bien, je décide de grimper le col supplémentaire: le Col de la Croix des Morts.

Le panneau au pied du Col de la Croix des Morts, à Bélesta
Le panneau au bas du col donne toutes ses "mensurations": alt. 898 m, distance 7 km, dénivelé 403 m, pente moyenne 5,75%, maxi 7,80%. Je l'aborde sur un bon rythme et tiendrai la cadence jusqu'en haut, au point que Marie-Ange, m'attendant au sommet, sera surprise de me voir arriver si tôt!

En apercevant le panneau "Forêt de Bélesta", je sors mon appareil photo tout en continuant à rouler... et à râler aussi! En effet, voyant arriver un gros camion, je me dis qu'il va me gâcher ma photo! Mais c'est un camion qui transporte des grumes, c'est-à-dire de troncs d'arbre élagués. Finalement, je me dis que ça fera une photo plus originale!

Forêt de Bélesta
En arrivant au col, j'ai 44 km au compteur et, selon le tracé sur Openrunner, 1100 m de D+. J'ai aussi deux cols de plus dans la musette... et je me sens bien décrassé!... Prêt pour une autre belle balade le lendemain!

Claude
Photos personnelles

Col de la Croix des Morts (898 m)

lundi 6 mai 2013

COL DE PAILHÈRES FERMÉ!

Le projet

L'idée de monter le Col de Pailhères pour mon premier col à plus de 2000 mètres m'a été soufflée l'année dernière par François F., un ami de notre club, l'AS Brévannaise. Dans sa suggestion, il y avait une part d'humour, un clin d'œil, l'altitude de ce col pyrénéen étant de 2001 m! C'est un "2000", certes, mais pas un géant ! Une bonne idée, pour une première.

Ayant décidé de tenter le coup avec Marie-Ange (son premier "2000" également) après notre séjour à Rosas (Catalogne), je savais qu'il nous faudrait surveiller la météo — les conditions climatiques devant nécessairement être favorables pour monter à plus de 2000 m — et Bison Fûté pour savoir si le col était ouvert ou fermé. Depuis Rosas, nous avons suivi cela sur Internet… Nous avons ainsi vu que la météo semblait optimiste pour le début de la semaine. En revanche, le Col de Pailhères était annoncé résolument fermé, les chutes de neige de fin avril n'ayant pas arrangé les choses.

Pensant que le beau temps pourrait peut-être dégager la route d'un jour à l'autre, nous avons décidé de nous rendre sur place. Les gens que nous avons interrogés ne nous ont pas permis d'avoir une certitude. Le col était fermé, certes, mais certains disaient qu'un col fermé à la circulation automobile pouvait être franchissable en vélo... Nous avons donc décidé de tenter le coup le lendemain de notre arrivée, le lundi 6 mai.

Les hésitations

Il nous restait à répondre à quelques questions.
  • Quel côté choisir pour l'ascension? Côté Mijanès, réputé plus dur, ou côté Ax-les-Thermes?
  • Devait-on partir de l'hôtel en vélo, c'est-à-dire depuis Belcaire (Aude), et dans ce cas franchir plusieurs cols avant d'attaquer Pailhères ? Ou aller jusqu'au pied du col en voiture et faire juste l'ascension?
  • Et si on partait de l'hôtel, de quel côté redescendre? Revenir par la même route et repasser par les mêmes cols au retour. Ou bien faire une boucle ?
Selon l'option retenue, la distance à parcourir variait d'une quarantaine de kilomètres à près de 100! Après la Randonnée du Vallespir et ses 92 km, que nous venions de faire le jour-même, nous ne voulions pas nous engager dans un projet trop exigeant physiquement, ne serait-ce que pour pouvoir rouler aussi les jours suivants...

Après de multiples études sur la carte et sur Openrunner, nous avons fini par prendre une décision. Nous ferions la montée sèche du côté de Mijanès, après une approche en voiture... Décision aussitôt prise, aussitôt remise en question! Au cours du repas du soir, une discussion avec la serveuse nous a fait changer d'avis. Selon elle, il n'était pas sûr que nous puissions monter jusqu'au sommet du col. Nous avons alors décidé de partir de l'hôtel en vélo. Ainsi, si nous ne pouvions pas monter jusqu'en haut, nous aurions quand même quelques nouveaux cols à ajouter à notre collection. Et dans ce cas, mieux valait aborder le col du côté où le trajet depuis l'hôtel était le plus court, donc par Ascou.

Un dernier paramètre à prendre en considération, le repas de midi. Comme on nous avait parlé de "station de ski" sur la route du Col de Pailhères, je m'étais dit naïvement: « Nous trouverons bien un commerce où nous approvisionner! ». Mais ce qu'on appelle "stations" dans ce coin des Pyrénées, ça peut se résumer à un bâtiment et à un tire-fesses!!! Ascou-Pailhères, ce n'est pas Courchevel!!!

Heureusement, se disant que les boulangeries seraient peut-être fermées le lundi, Marie-Ange a eu la bonne idée d'interroger la serveuse du petit-déjeuner! Grand sourire de la serveuse! « Mais il n'y a rien jusqu'au col! Ce ne sont que des hameaux. A moins de descendre jusqu'à Ax... ». Bref, suivant ses conseils, nous nous sommes procurés des victuailles à la boulangerie de Belcaire, située juste en face de l'hôtel.

La balade

Et puis c'est enfin le départ! Il fait un peu frais, mais la journée s'annonce très belle. Nous commençons par le Col des Sept Frères. Depuis Belcaire, bourg situé à 1000 m d'altitude, la route s'élève pendant près de 6 km pour atteindre 1253 m au passage du col.

Marie-Ange au Col des Sept Frères (1253 m)
Ensuite, nous redescendons un peu et traversons un plateau, autour de Camurac (1200 m). Nous quittons peu après le département de l'Aude pour entrer en Ariège. A partir de Prades, nous attaquons le Col de Marmare (1361 m), long de 3,700 km.

Marie-Ange au Col de Marmare (1361 m)
Cette fois, la route redescend à peine et c'est tout de suite la montée vers le Col d'En Ferret (1421 m). Celui-là est presque symbolique, bien qu'il grimpe pendant un peu plus d'un kilomètre. Il n'y a pas de panneau sur la route et il ne figure que sur certaines cartes. En revanche, il est bien répertorié dans le "Chauvot", le catalogue des cols français du Club des Cent Cols. Il est d'autant plus symbolique qu'il n'y a qu'un court replat, après le passage du col, avant de poursuivre vers le Col du Chioula (1431 m) que l'on franchit un kilomètre plus loin. Un peu moins de 17 km depuis le départ, et déjà 4 cols de franchis! Avec au total 641 m de D+ selon Openrunner.

Claude au Col du Chioula (1431 m)
Dans la descente, nous réalisons que le Col du Chioula en venant d'Ax-les-Thermes, c'est une autre histoire. Comme nous avons prévu de revenir par le même chemin, nous nous rendons compte que, si nous réussissons à monter jusqu'au Col de Pailhères, nos efforts n'en seront pas terminés pour autant car il faudra remonter ce Chioula-là... Ouh la la!
Nous profitons en revanche d'une vue magnifique sur Ax-les-Thermes, sur la vallée, et sur les montagnes alentours aux sommets enneigés.

Vue d'Ax-les-Thermes, après le Col de Chioula
Après Sorgeat et environ 6 km de descente, nous atteignons la bifurcation. À droite, ça continue à descendre pendant environ 4 km vers Ax-les-Thermes; à gauche, on monte vers Ascou et le Col de Pailhères. Un panneau nous indique les données suivantes sur la montée du col à partir de ce carrefour:
  • Altitude 2001 m
  • Dénivelé: 1046 m
  • Distance: 15,420 km
  • Pente moyenne: 6,80%
  • Pente maxi: 9,60%
Le panneau
Et c'est parti! Pendant l'ascension, j'aperçois un lac superbe, particulièrement sous cette lumière: le lac de Goulours. Je m'arrête pour la photo…

Le lac de Goulours, sur la route du Port de Pailhères
A l'approche de la station d'Ascou-Pailhères (1560 m), Marie-Ange, qui accuse un coup de fatigue, me demande de faire une pause pour manger un peu. Mais comme la station n'est qu'à un petit kilomètre, je l'encourage à poursuivre jusque là. Peu après, un promeneur me dit en souriant, quand je passe à sa hauteur: « Vous avez prévu les chaînes? »
Ce n'est pas bon signe! Puis il me confirme: « Il y a d'énormes congères sur la route.»

Pendant que nous dégustons nos petites pizzas et nos tartes, assis sur les marches d'un des bâtiments de la station, un autre monsieur nous donne des précisions: « Ça monte pendant encore un kilomètre ou deux et ensuite, la route est bloquée. "Ils" n'ont pas prévu de déneiger avant la mi mai. »

Nous décidons cependant de poursuivre l'ascension, par curiosité, ne serait-ce que pour aller voir à quoi ça ressemble. Je prends les devants car Marie-Ange, désormais persuadée à juste titre que nous ne pourrons pas aller jusqu'au sommet, en a pris un coup au moral. Nous arrivons dans un secteur où les lacets se succèdent et la pente semble proche des 10%. Marie-Ange poursuit à pied tandis que je continue. La neige recouvre d'abord les trois quarts de la chaussée; il reste une bande de bitume assez étroite où l'on peut rouler.

Il ne reste pas beaucoup de bitume dégagé pour rouler!
Mais dans un virage en épingle à cheveu, c'est toute la route qui est recouverte par trois ou quatre mètre de neige. Impossible de passer. Nous sommes à 1800 m d'altitude! Il ne manque pas grand chose pour terminer! Mais il faut se rendre à l'évidence: ça s'arrête là pour aujourd'hui!

Dans un virage, à environ 1800 m d'altitude, la congère envahit toute la route
Poussé par la curiosité et sans doute aussi pour être sûr qu'il n'y avait pas d'autre solution que de renoncer, j'escalade la congère avec mon vélo sur l'épaule pour aller voir l'état de la route de l'autre côté. Ce que je vois ne me dit rien qu'y vaille! Il y a vraiment trop de neige. Cette fois, c'est clair: notre premier col à 2000, ce ne sera pas pour cette fois! Du haut de mon gros tas de neige qui couvre la route, je photographie Marie-Ange. La photo montre bien la hauteur de neige que ça représente!!!

Là-haut, sur la congère...
Je ne vous cacherai pas qu'après avoir renoncé, je me sens un poil frustré. Pas vraiment déçu car nous savions depuis longtemps qu'il y avait ce risque. Mais jusqu'au bout, j'avais espéré que nous pourrions passer. Pour surmonter cette légère frustration, j'ai alors décidé qu'au lieu de rentrer directement à Belcaire par la même route qu'à l'aller, j'allais faire la descente jusqu'à Ax-les-Thermes, histoire de remonter le Col du Chioula dans sa totalité.

A la bifurcation dont j'ai déjà parlé, je laisse donc Marie-Ange qui remonte directement vers le col et j'attaque la descente. Voyant la ville en contrebas, je me dis qu'il va falloir remonter tout ça! J'espère en mon for intérieur que je n'ai pas présumé de mes forces. En arrivant à Ax, je m'offre un rafraîchissement et fais remplir mon bidon dans un bar. Puis je redémarre dans l'autre sens. Je photographie les panneaux qui présentent les deux cols dont le début est commun. J'ai bien retenu qu'il va me falloir monter pendant un peu plus de 10 km, avec une pente moyenne de 6,10% et un "maxi" à 8,50%.

Le départ des Cols de Pailhères et du Chioula à Ax-les-Thermes
Dès la sortie d'Ax-les-Thermes, j'aperçois une jolie cascade que je retrouverai régulièrement après chaque lacet, pendant plusieurs kilomètres. Des détails qui permettent de penser à autre chose qu'à l'effort. Sur la fin de la montée, quand je commencerai à en avoir plein les pattes, j'aurai un peu plus de mal à penser à autre chose!…

Cascade, à la sortie d'Ax-les-Thermes
Après le Col du Chioula, franchi pour la deuxième fois de la journée, je repasse également les cols d'En Ferret et de Marmare mais, dans le sens de la descente, ce n'est qu'une formalité. Finalement, je retrouve Marie-Ange à Prades, où elle s'est ravitaillée en eau.
Après Camurac, il ne nous reste plus qu'à remonter au Col des Sept Frères, fort modeste dans ce sens-là, avant de nous laisser descendre sur les six derniers kilomètres jusqu'à Belcaire.

Retour à Belcaire
A l'arrivée, je totalise 78 km et 2536 m de D+ pour la journée. Pour Marie-Ange, c'est 71 km et "seulement" 2280 m de D+. Avec le parcours de la veille, nous ne sommes pas si loin des kilométrages et des dénivelés du Brevet Cyclo Montagnard du Haut Bugey ou BRHB (Jura), que nous ferons en juin prochain. C'est donc une excellente préparation. Dans la tête, nous savons que nous sommes sur la bonne voie! Il ne reste plus qu'à aller faire un petit tour de décrassage demain, histoire de peaufiner aussi la récupération...

Quant à notre premier col à plus de 2000 m, rendez-vous dans Alpes, du côté de l'Ubaye, en juillet prochain. Les cols de l'Ubaye : Vars, Allos, Cayolle, Bonette, entre autres... Encore une idée empruntée à notre ami François, que je salue au passage!

A bientôt pour la suite de nos aventures dans les Pyrénées...

Claude
Photos personnelles

LIENS :

Suite du séjour dans les Pyrénées :
—> Décrassage à Montségur, CycloGuide Ariège : « Les Cathares » (7/05/2013)
—> Autour des Gorges de l'Aude, de Aunat à Quérigut (8/05/2013)

Récit de notre véritable premier col à plus de 2000 m : 
—> La montée de la Bonette (21/07/2013)