dimanche 22 septembre 2013

L'EURO PN 2013 : DE WEISSENHORN (ALLEMAGNE) À TURIN (ITALIE)

L'EURO RANDONNÉE POUR LA PAIX ENTRE LES NATIONS
DU 14 AU 22 SEPTEMBRE 2013

L'Euro PN, créée par Jean-Claude Massé (bien connu des cyclos qui fréquentent la Randonnée des Toques Blanches) est aujourd'hui gérée par Alain Challant, ex-président du CoDep 94.

Ayant participé à trois "Rand'Oh" (les randonnées itinérantes proposées par le CoDep 94 dans le cadre du "Festival de l'Oh!"), j'y ai retrouvé certaines similitudes, notamment au niveau de l'organisation générale : épreuve par étapes avec transport des bagages et des personnes, hébergements, restauration, certains accompagnateurs, etc.

Les principales différences:
  • Le thème: Les Rand'Oh s'intéressent aux fleuves et autres cours d'eau. L'Euro PN privilégie les relations entre cyclos originaires de différents pays (8 cette année) et l'action en faveur de l'amitié entre les nations à travers le sport et notamment la pratique du cyclotourisme.
  • Les parcours à vélo: à allure libre pour la Rand'Oh, à allure Audax pour l'Euro PN (à l'exception de la montée au Colle del Ghisallo, effectuée à allure libre).
Cette année, le parcours avait pour thème les Alpes Olympiques, autour des villes de Munich en Allemagne (JO d'été de 1972), Innsbruck en Autriche (JO d'hiver de 1964 et 1976), et Turin en Italie (JO d'hiver de 2006). Initialement, le parcours devait nous faire passer en vélo par Saint-Moritz en Suisse (JO d'hiver de 1928), mais un refus de dernière minute des autorités locales nous a obligés à effectuer ce tronçon en car.

Outre ce thème olympique, un autre vecteur important de cette édition de l'Euro PN s'articulait autour de la commune val-de-marnaise de Villecresnes et de ses villes jumelles de Weißenhorn (Allemagne), où a eu lieu le départ, et de Zibido San Giacomo (banlieue de Milan, Italie), terme de la 5e étape. Sauf erreur de ma part, le Vélo Sportif Villecresnois était d'ailleurs le club le plus représenté dans le peloton.

Il est très difficile de résumer en quelques lignes une semaine de vélo, de visites, de cérémonies protocolaires et de rencontres humaines diverses. Voici mes principales constatations:
  • J'ai fait la connaissance de gens extrêmement intéressants, tant sur le plan humain que sportif. Ne serait-ce que pour cela, ce séjour aura été exceptionnel.
  • La traversée des Alpes était moins dure que je ne l'avais imaginé. L'itinéraire suivait souvent des vallées, en évitant les ascensions à répétition. Ma semaine de préparation dans la vallée de l'Ubaye a été très profitable (et aussi beaucoup plus difficile!).

LE PARCOURS

Au total, nous avons parcouru environ 700 km en 6 étapes. Il est difficile de préciser le dénivelé positif total en raison des changements de parcours et des erreurs qui figurent sur les profils qui nous ont été remis. Entre 5000 et 6000 mètres me semble une estimation correcte.

Samedi 14 septembre 2013

Hippodrome de Vincennes - Weißenhorn (D)

Trajet en car. Premiers contacts et premières rencontres...

A l'arrivée à Weißenhorn, nous retrouvons quelques futurs compagnons de route allemands ainsi que ceux qui ont fait le trajet par leurs propres moyens.

Dimanche 15 septembre 2013

Première étape: Weißenhorn (D) - München (D), 145 km

Le départ a été très festif, les habitants de Weißenhorn ayant tenu à nous souhaiter bonne route en musique, malgré une petite pluie fine.

Weißenhorn : départ en musique!
Erreurs de parcours et difficultés d'orientation ont rendu la matinée plus longue que prévu. Avec le soleil revenu, le peloton a trouvé son allure de croisière, une allure qui offre de multiples occasions d'engager la conversation et de faire connaissance avec ses compagnons de route. En français avec les uns, en espagnol avec d'autres, avec gestes et sourires lorsqu'on n'a pas encore trouvé de langue commune pour échanger... Le peloton de l'Euro PN, c'est un peu la tour de Babel…

Sur la route de Munich
Et la journée s'est terminée en apothéose avec une arrivée prestigieuse à l'Olympic Stadion.

Coucher de soleil sur l'Olympic Stadion (Munich)
Lundi 16 septembre 2013

Deuxième étape : München (D) - Innsbruck (A), 162 km

Départ dans la circulation munichoise...

Le temps, acceptable au cours de la matinée, s'est gâté après le repas, au moment où nous abordions la montagne et l'ascension de l'Achenpaß (col culminant à 941 m). Après le passage de la frontière germano-autrichienne, la descente s'est faite sous pluie intense. La prudence était de rigueur! Les patins de freins ont souffert! C'est après cinq heures très très humides que nous sommes enfin arrivés à Innsbruck... et que la pluie s'est enfin arrêtée!

Nous nous serions bien passés de le petite réception au théâtre de la ville d'Innsbruck. Nous n'avions qu'une envie à ce moment-là : nous changer!

Arrivée à Innsbruck
Entre les bosses du final, l'allure jugée un peu trop rapide pour certains, la pluie soutenue et cette contrainte protocolaire ultime, inutile de dire que ça a beaucoup râlé dans le peloton! Sauf aux petits ravitos de Louis et Annie Ruez qui étaient toujours les bienvenus! Un grand merci à tous les deux.

Au ravito avec Gégé, Cyclotouriste Saint-Maurien (photo Alain C.)
Mardi 17 septembre 2013

Troisième étape : Innsbruck (A) - Skuol (CH), 142 km

Il avait neigé pendant la nuit et les sommets autour d'Innsbruck en gardaient la trace! Partir au petit matin, sur une route mouillée, par une température fraîche, surtout après avoir longtemps roulé sous la pluie la veille (la toux de certains en perpétuait le souvenir), voilà qui nécessite un bon mental. Certains ont donc préféré faire l'impasse sur cette matinée et l'ont peut-être regretté par la suite... car il n'a pas plu!

Route mouillée, sommets environnants enneigés, température au-dessous des 10°…
Le Tyrol ne s'est pas montré très accueillant!
Un nouvelle fois le parcours était vallonné, mais sans pentes terribles. Le profil Openrunner annonçait près de 2000 m de D+, ce qui en faisait l'étape la plus montagneuse. Cela explique que le peloton ait perdu encore quelques unités supplémentaires en cours de route, au profit du car.

Sur le tronçon final, qui traversait le Canton des Grisons, la police suisse est intervenue... Interdiction pour les voitures et motos d'escorter le peloton! Et interdiction pour l'organisation de rouler le lendemain sur le territoire du Canton! La demande d'autorisation ayant été effectuée dans les délais et sous la forme requise, on se demande encore pourquoi...

En Suisse aussi, le ciel était menaçant
Mercredi 18 septembre 2013

Quatrième étape : transfert en car de Skuol (CH) à Chiavenna (I), puis Chiavenna (I) - Abbadia-Lariana (I), 64 km

Pas grand chose à dire sur cette étape amputée, si ce n'est le retour de l'été, juste après le passage de la frontière. La police suisse avait jeté un froid sur le peloton, le soleil italien nous a fait oublier l'incident. Après une centaine de kilomètres en car, puis le repas à Chiavenna, ce fut un grand plaisir d'enfourcher de nouveau nos vélos en profitant pleinement du beau temps.

Départ de Chiavenna sous le soleil
La plus grande partie de cette étape s'est donc finalement déroulée sur les bords du Lac de Côme. Un décor enchanteur pour un peloton de nouveau au complet.

Lac de Côme
A Abbadia-Lariana, réception, photo souvenir, dîner et dodo…

Abbadia-Lariana, au bord du Lac de Côme (photo de l'organisation)
Jeudi 19 septembre 2013

Cinquième étape : Abbadia-Lariana (I) - Madonna del Ghisallo, commune de Magreglio (I), 36 km, puis transfert en car jusqu'à Zibido San Giacomo (I)

Cette étape était attendue par certains, redoutée par d'autres, malgré la faible distance. Le responsable : le Colle del Ghisallo (alt.: 754 m, avec un peu plus de 500 m de dénivelé en une dizaine de kilomètres). Le col commence par 1,5 km à 3%. Suivent 4 km à 9%, dont un passage à 14%. On a ensuite 3 km pratiquement plats pour souffler. La route redescend même un petit peu. Puis on termine par 1,5 km autour de 9% de moyenne. Nous avons gravi ce col dans des conditions météorologiques idéales. L'allure libre a permis aux purs grimpeurs d'exprimer tout leur talent, et à ceux qui peinent dans les montées de l'escalader à leur rythme…

Pause au bord du Lac de Côme, avant la montée vers le Colle del Ghisallo: le soleil est avec nous!
Le sommet marque la fin de l'étape du jour. Chargement des vélos dans la remorque, puis ceux qui le désirent peuvent se changer. Et c'est la visite de la chapelle de la Madonna del Ghisallo. Comme il y a beaucoup à dire au sujet de cette chapelle, j'ai préféré lui consacré un article spécifique.

Vue du Lac de Côme pendant la montée au Colle del Ghisallo
Après le repas, pris sur place, à Magreglio, c'est un nouveau transfert en car jusqu'à Zibido San Giacomo, dans la banlieue de Milan, où une petite réception est prévue.

Zibido San Giacomo
Vendredi 20 septembre 2013

Sixième étape: Zibido San Giacomo (I) - Torino (I), 154 km

On a coutume de dire que la "moyenne Audax", c'est 22,5 km/h. En fait, c'est faux. La moyenne dépend du profil de l'étape, de la météo, bref des conditions de l'épreuve. Par ailleurs, la moyenne n'est pas nécessairement fixée pour l'étape entière et peut varier selon les tronçons. Par exemple, pour l'étape de montagne qui a été amputée, le premier secteur, en montée douce, était prévu à 18 km/h, la descente qui suivait à 30 km/h et le final au bord du Lac de Côme à 22,5. Si le profil s'y prête, ou si le vent est favorable, et si le groupe suit de manière homogène, il n'est pas exclu de pousser jusqu'à 24 ou 25 de moyenne sur le plat.

C'est ainsi que les 150 km de la dernière étape, dont l'intégralité avait était programmée à 22,5 km/h, ont été parcourus à la moyenne de 25 km/h. Le paysage un peu monotone d'une grande partie de l'étape n'incitait pas à musarder.

Quelques poussettes ont permis de conserver l'homogénéité du groupe sur les bosses du final.

A part cela, pas grand chose à signaler…

Sur la route de Torino
Samedi 21 septembre 2013

Visite de Turin

Quartier libre pour cette journée... Pour ma part, je me suis associé à trois joyeux compagnons, Alain, Gérard C. et Gérard M. avec qui nous avons partagé de bons moments...

Nous serons assez nombreux à opter pour la visite du Musée National de l'Automobile. En voyant des véhicules de marque Renault, je n'ai pu m'empêcher d'avoir une petite pensée pour notre ami Jean-Pierre B., ancien vendeur chez Renault…

Turin, Musée National de l'automobile : Renault AG-Fiacre Paris (France 1910)
L'après-midi, nous avons fait un petit tour au Palazzo Madama, dans lequel est installé le Museo Civico d'Arte Antica. Particularité architecturale étonnante de cet édifice : la façade principale est de style baroque, tandis que la façade arrière est médiévale.

Turin : Palazzo Madama, façade médiévale (arrière du bâtiment)
Dimanche 22 septembre 2013

Retour à l'hippodrome de Vincennes, après un voyage de nuit sans histoires

En me relisant, je constate que j'ai raconté fort peu de choses, par rapport à toutes les péripéties de ce voyage... Rien sur les hébergements, rien sur les repas, rien sur les cérémonies organisées à l'occasion de notre passage, rien sur les exploits sportifs de mes compagnons de route...

A ce propos, quelques exemples tout de même: un Pékin-Paris-Londres, de multiples Paris-Brest-Paris, des Tours de France et même un Tour d'Europe à vélo... On pourrait citer bien d'autres exploits, et pas seulement dans le domaine du vélo. L'un de mes compagnons du samedi a été 20 fois champion de France en kayak de vitesse, un autre a remporté des Aigles d'Or Audax dans toutes les disciplines, à savoir: vélo, natation, marche, kayak et ski de fond. Et j'en passe!

A côté de tous ces exploits et malgré le temps médiocre des premiers jours, cette Euro PN 2013 fut une véritable promenade de santé! Et partager cette promenade avec des sportifs de ce calibre fut un grand privilège...

Claude
Photos personnelles, sauf mentions contraires

jeudi 19 septembre 2013

L'EURO PN 2013 : LA MADONNA DEL GHISALLO

J'ai résumé l'ascension du Colle del Ghisallo (754 m) dans mon compte-rendu sur l'Euro PN 2013. Mais il ne me semble pas superflu de donner un peu plus de détails concernant la Madonna del Ghisallo. Je ne vais pas refaire ici l'article de Wikipédia, auquel vous pourrez vous reporter pour en savoir plus...

Sachez seulement que cette chapelle est consacrée « Patronne universelle des cyclistes » depuis 1948.

Chapelle de la Madonna del Ghisallo
On y trouve un grand nombre de reliques et de souvenirs : cyclistes célèbres ou anonymes, portraits, vélos, fanions, etc.

Alain Challant, maître d'œuvre de l'Euro PN 2013, de passage dans la chapelle...
Naturellement, on y trouve aussi tous les accessoires d'une chapelle classique: cierges, statuettes religieuses et, en bonne place, un tableau de la Madone!

Jean-Yves, du club des Audax Lavallois, en plein recueillement!
Parmi les vélos exposés, je n'ai vu qu'une seule machine ayant appartenu à un cycliste non italien, celui d'Eddy Merckx. J'ai également vu le vélo d'une féminine, celui d'Alfonsina Strada*, une pionnière en matière de compétition cycliste féminine puisqu'elle a participé à deux Tours de Lombardie avec les messieurs, puis a pris le départ du Giro d'Italia 1924, toujours avec les messieurs, non sans susciter quelques polémiques. Elle n'a pas pu aller au terme de l'épreuve, ayant terminé hors délai lors d'une étape dantesque. Prise dans une chute collective et ayant cassé son guidon, elle avait dû attendre l'aide d'un paysan qui lui avait donné un morceau de manche à balai pour effectuer une réparation de fortune!

En 1911, Alfonsina, alors âgée de 20 ans, avait établi un record du monde de l'heure avec une distance de 37,192 km... Si j'ai bien compris l'article en anglais* qui la concerne, le record n'aurait pas été homologué parce que son vélo n'était pas aux normes... "féminines"!!!

À côté du vélo futuriste de Francesco Moser, le seul vélo ayant appartenu à une féminine, celui d'Alfonsina Strada, qui a participé au Giro d'Italia avec les messieurs en 1924!
A l'extérieur de la chapelle, de nombreux signes montrent que les deux religions, celle du Seigneur et celle du Campionissimo, cohabitent! Des bustes de champions italiens (Bartoli, Coppi, Binda) côtoient celui de Don Ermelindo Viganò, le prêtre qui a eu l'idée de consacrer cette chapelle aux coureurs cyclistes. Il fut curé de la paroisse de Magreglio, où se trouve la Madonna del Ghisallo, de 1944 jusqu'à sa mort en 1985.

Buste de Don Ermelindo Viganò (1906-1985)
Alfredo Binda est aujourd'hui moins connu que ses successeurs dans le cœur des tifosi, Gino Bartali et Fausto Coppi. S'il est méconnu en France, c'est probablement parce qu'il a le tort impardonnable de ne pas avoir remporté de Tour de France (une seule participation, mais 2 victoires d'étapes quand même!). Il n'en a pas moins un palmarès éblouissant, avec notamment: 5 fois le Giro (41 victoires d'étapes!), 3 fois le Championnat du Monde sur Route, 2 Milan - San Remo, 4 Tours de Lombardie... Il écrasait tellement la concurrence à la fin des années "20" et au début des années "30", qu'en 1930, les organisateurs du Giro l'ont payé... pour qu'il ne participe pas à leur épreuve!

Buste d'Alfredo Binda (1902-1986), implanté en 2011 aux côtés de ceux de Bartali et Coppi
Tout près de la chapelle se dresse également la stèle ci-dessous. Le coureur qui lève le bras évoque naturellement le vainqueur, et celui qui est à terre le perdant... Quant à moi, je suis le préposé à la statue "finish"... Pardon! A la PHOTO "finish"!

A proximité de la chapelle, une statue dédiée au cyclisme.
Quand on a fini de s'intéresser à la chapelle, on peut également profiter du belvédère. L'endroit est particulièrement grandiose, avec cette vue sur les sommets qui bordent la Lac de Côme à l'est. Un seul regret: que la végétation masque la majeure partie du Lac. Mais comme nous l'avions longuement longé pour arriver à Bellagio, au pied du col, nous n'avons eu aucun mal à l'imaginer.

Belvédère du Ghisallo: vue sur le Lac de Côme et les sommets environnants
Peut-être vous ai-je donné envie d'aller faire un tour du côté de la Madonna del Ghisallo?

Que ce soit pour la foi, pour le goût des ascensions à vélo ou pour le tourisme, vous ne serez pas déçus! Et si vous avez un peu de temps devant vous, vous aurez également la possibilité de visiter le Museo del Ciclismo de la Madonna del Ghisallo, implanté juste à côté.

En ce qui nous concerne, la visite était prévue... gratuitement! Mais une fois sur place, le tarif était passé à 350 € pour le groupe! Pas prévu au budget, donc... à découvrir par soi-même!

Texte et photos : Claude
(*) A son sujet, je n'ai trouvé qu'un article de wikipedia en italien et un autre en anglais.

lundi 9 septembre 2013

CLAUDE AU CLUB DES CENT COLS!

Les cols, je préfère les monter que les compter!

Dans ce cas, si la collection en elle-même est secondaire, pourquoi adhérer au Club des Cent Cols?

Pour moi, la réponse est évidente : je rêvais d'escalader des grands cols à plus de 2000 m depuis mon enfance, quand je regardais le Tour de France à la télé. Bien que j'aie grimpé mes premiers cols et sommets en 1973, à 18 ans (entre autres : le Col d'Eze, l'Espigoulier, le Mont Faron, plusieurs cols sur la Corniche des Cévennes…), pour de multiples raisons, je n'avais jamais franchi le pas pour aller me mesurer à la Haute Montagne. Le fait que le Club des Cent Cols exige 5 cols à plus de 2000 m pour valider l'adhésion et ensuite pour chaque série de 100 cols, m'a apporté le déclic qui me manquait... Le petit coup de pouce qui vous aide à réaliser un rêve de gosse, ça mérite bien de débourser 18 € pour adhérer au Club! C'est donc maintenant chose faite.

Je suis membre du Club des Cent Cols depuis le 9 septembre 2013, sous le numéro 7160.

Le diplôme
Pour y parvenir, il me fallait, au cours de cette saison 2013, grimper au moins 5 cols à plus de "2000", ainsi qu'une bonne trentaine de cols ordinaires.

En ce qui concerne les "2000", après un premier échec en mai, dans les Pyrénées, échec imputable uniquement à un enneigement tardif (lire mon récit : "Port de Pailhères fermé!"), j'ai finalement réussi cette "première" dans les Alpes, au mois de juillet en grimpant le Col de la Bonette depuis Jausiers (voir "Montée de la Bonette").

Montée de la Bonette, juillet 2013
Par ailleurs, au cours de cette saison, au lieu de la trentaine de cols nécessaires, c'est plus de cent nouveaux cols que j'ai franchis.

Cependant, bien que je me sois clairement pris au jeu, la chasse aux "nouveaux" cols n'est pas devenue une obsession puisque j'ai gravi un grosse trentaine de cols non comptabilisés, soit parce qu'ils ne sont pas reconnus, comme sur l'Ardéchoise (voir mon article sur les cols non reconnus de l'Ardéchoise), soit parce que je les avais déjà montés, ce qui fut le cas notamment lors du Brevet de Grimpeur des Monts du Lyonnais, où seuls deux des cinq cols franchis étaient nouveaux pour moi, le Col de la Croix de Part et le Col de la Gachet.

Cet été, j'ai également monté deux fois le Col d'Allos, la première fois quand j'ai fait le circuit de la Classe Cycle des Trois Cols, en venant d'Allos, la seconde fois pour accompagner Marie-Ange dans son ascension, en venant de Barcelonnette. Dans la règle du Club des Cent Cols, chaque col franchi ne compte qu'une seule fois, même s'il y a plusieurs accès.

Juillet 2013, seconde ascension du Col d'Allos (2250 m)
Durant mon séjour à Barcelonnette, j'ai également grimpé des rampes pour des accès à des stations de sports d'hiver qui ne sont pas comptabilisées, bien que ces trois montées soient plus longues et plus difficiles que bien des cols : Sainte-Anne-la-Condamine (alt. 1830 m), Pra-Loup (alt. 1630 m), Le Super Sauze (alt. 1705 m).

L'arrivée au Super-Sauze (1705)
Dans le même ordre d'idée, avec Marie-Ange, en Haute-Saône, nous avons monté la Planche des Belles Filles, qui n'est pas un col non plus! (lire l'article de Marie-Ange)

À la Planche des Belles Filles (1035 m), avec le maillot du Brevet des 7 Cols de l'Ubaye
Bref, mon grand plaisir, c'est le vélo en montagne!
A ce propos, je ne résiste pas à l'envie de citer cette phrase de Régis Paraz, l'actuel Président du Club des Cents Cols : « Pédaler sans peine sur les pentes d'un col tant redouté et là, sentir son corps, éprouver en soi cette sensation de bien-être qui justifie notre quête. » (Editorial de la Revue n° 41, Edition 2013)

Et le plaisir est tel, la sensation de bien-être et de sérénité tellement profonde, que je n'imagine pas l'été 2014 sans une nouvelle moisson d'ascensions à plus de 2000 m... Serait-ce le début d'une addiction? Certainement pas! Les drogues créent de la dépendance, la montagne procure une sensation d'indépendance au contraire, de liberté!

Par ailleurs, pour moi, plus que la fierté, ce qui importe dans la multiplication des cols franchis, c'est la confiance en soi qui permet de relever de nouveaux défis. Et la fierté légitime que j'éprouve lorsque j'ai conquis un grand sommet ou un grand col, sans doute un peu comparable au ressenti des alpinistes, est très largement dominée et estompée par l'humilité spontanée devant le spectacle grandiose de la Haute Montagne.

Vive le vélo en montagne!

Claude
Photos personnelles


Liens :

—> Site du Club des Cents Cols.
—> Page documentaire consacrée aux Club des Cent Cols sur notre site.
—> Page consacrée à nos activités "Cent Cols" sur notre site.

En regardant attentivement, au centre de la photo, on peut apercevoir Marie-Ange pendant l'ascension du Col de la Bonette! On est vraiment peu de chose devant la montagne!

dimanche 1 septembre 2013

CYCLOSPORTIVE: LES BALLONS VOSGIENS

CIRCUIT DES CRÊTES — 90 km — 1500 m de D+

Je ne suis pas un adepte du "dossard". Et pourtant, dès décembre 2012, j'avais envisagé de participer en 2013 à une cyclosportive. Non pas par défi, mais pour faire plaisir à mon copain de club, Michel Cantalou qui, l'année dernière, m'avait à plusieurs reprises invité à me lancer sur des parcours chronométrés.

C'est ainsi que lors de mon rendez-vous chez ma cardiologue, en décembre dernier, j'avais demandé un certificat médical pour la pratique du vélo en compétition! Je pensais initialement me joindre à la "bande" des cyclosportifs sur l'une des épreuves franciliennes. Mais... Méforme et temps pourri au moment de la Jacques Gouin, séjour à Rosas au moment de la Vélostar!... Puis les enchaînements de nombreux autres objectifs m'ont fait oublier ce projet de participer à une "compèt'". J'étais même convaincu que l'idée était définitivement enterrée pour cette saison... Et puis en cette fin août, une opportunité s'est présentée et très vite la décision a été prise... Marie-Ange m'ayant appris que son fils Stéphane participait à une cyclosportive non loin de chez lui, précisément ce week-end où nous nous rendions sur place, j'ai consulté le site de l'organisation (Les Ballons Vosgiens).




Un coup d'œil au parcours de 90 km, un autre coup d'œil au profil, un troisième au dénivelé positif (1500 mètres annoncés), un quatrième au règlement de l'épreuve... (je ne suis pas avare pour ce qui est des coups d'œil! ). Et je me suis inscrit en ligne (envoi du certificat médical par Internet et paiement en ligne)...

C'est ainsi que je me suis retrouvé avec un dossard, ou plus exactement une plaque à installer sur mon vélo.

La plaque de cadre
Était-ce une bonne idée d'aller grimper la Planche des Belles Filles la veille? (voir l'article de Marie-Ange). Au niveau des performances pures, probablement pas. Mais au niveau du mental, ça m'a fait du bien. Ayant de bonnes sensations, je me suis présenté au départ des Ballons Vosgiens en confiance.

Le départ avait lieu à Gérardmer, non loin du superbe lac et devant le casino. Installé assez tôt dans le "sas", aux côtés de Stéphane, j'ai senti monter une petite pointe de tension. Papotage pour faire passer le temps plus vite…

Dans le sas de départ à Gérardmer (Vosges)
Évidemment, mes ambitions étaient fort modestes. Je me disais qu'une allure "Audax" (22,5 de moyenne) me permettrait de terminer en 4h, ce qui me semblait très convenable. Au pire, si j'abordais les dernières ascensions au ralenti pour cause de gros coup de mou, je pensais quand même pouvoir terminer en moins de 5h, soit au minimum un "18" de moyenne. En rigolant, je disais même que l'important c'était de finir sans être éliminé, même si je devais accrocher à ma selle la célèbre lanterne rouge!

644 cyclosportifs sur la ligne de départ, ça fait du monde!
C'est parti !

A 9h, les fauves ont été lâchés. Durant les premiers kilomètres de plat, parcourus à vive allure, j'essaye... de ne pas m'accrocher! Une meute interminable de cyclistes me double! Tant pis! Je sais que les 13 km de montée du Col de la Schlucht vont arriver très vite. Si je me mets en sur-régime dès le début, je sais que je vais le payer cash! Je démarre quand même sur un rythme qui est soutenu pour moi (28-30, à froid, je n'ai pas l'habitude), et je maintiens un bon tempo durant toute la montée, tout en restant raisonnable. Le premier col de la journée, Le Collet (1110 m), arrive finalement assez vite.

Premier col de la journée : Le Collet (1110 m), franchi en montant au Col de la Schlucht (1139 m)
Ensuite, il ne reste que 2 km de faux-plat montant pour atteindre le Col de la Schlucht (1139 m). Mon compteur indique que je roule à 26 à l'heure et ça n'a pas l'air de déranger mes cuisses. Profitons-en! Ça ne va peut-être pas durer! Au niveau du Col de la Schlucht, on prend à droite la route des Crêtes. Et ça monte encore! On arrive bientôt au point culminant de notre parcours, à 1258 m environ. Je consulte mon compteur: 20 de moyenne, alors que j'en ai terminé avec la montée la plus longue du circuit! Ça démarre plutôt bien. Et nous voilà en Alsace!

Tous derrière et moi... devant! (mais juste le temps de la photo!) 
La route des Crêtes est superbe, mais n'est pas plate. Alternance de faux-plats descendants et montants, dans lesquels il faut pédaler tout le temps. Un petit groupe de cinq-six se constitue. Je suis un peu juste quand ça descend (ça roule constamment au-dessus de 50), je repasse devant quand ça monte. Il y a même un endroit où j'ai laissé provisoirement les autres sur place, ayant continué à la même vitesse dans le faux-plat montant qui a suivi (49 à mon compteur). Mais ils reviennent très vite dès que ça redescend car je préfère récupérer un peu et me réserver pour la fin de parcours qui accumule les bosses.

Nous passons ainsi au Col du Hahnenbrunnen (1184 m), sans que je sache très bien où il se situe. Je suppose que c'est là le vrai nom du col que les organisateurs ont baptisé "Col du Markstein" dans leur présentation du circuit. Au Markstein, kilomètre 37 selon mon compteur, premier ravito. Je décide de m'arrêter brièvement, une minute ou deux, pas plus. Je bois et je mange rapidement, puis je repars.

Dans la descente, je ne comprends pas ce qui a pu se passer... La route est sèche, très roulante, large... Et pourtant je vois un gars qui est couché dans le fossé, sur la droite. Comme on s'occupe déjà de lui, je continue. Peu après, un second git également dans le fossé. Celui-là a le visage en sang. On s'occupe de lui également. Dans les minutes qui suivent, j'en verrai deux autres arrêtés, l'un assis dans l'herbe avec un motard à ses côtés, et un autre pour lequel je n'ai pas le temps d'analyser la situation. Ça descend très vite et, manifestement, il vaut mieux regarder devant soi!

Au bas de cette descente, mon compteur m'indique ma moyenne depuis le départ: 27,9 km/h, pour un peu plus de 50 km. Même si le final présente plus de bosses, j'ai pris de l'avance sur mes estimations, ce qui me dope le moral. Dopage naturel, sans produits prohibés!

Pas vraiment le temps de regarder le décor… Dommage!
Nous abordons le col de Bramont (956 m) à partir de Wildenstein (560 m). C'est parti pour 7,5 km. C'est un col très régulier avec une dénivellation d'environ 400 m et 5,3% de pente moyenne. Je double plusieurs concurrents, dont certains me repasseront dans la descente. Je remarque un gars avec un maillot blanc... Je le rattrape insensiblement. Chaque fois que j'arrive à sa hauteur, il en remet un petit coup et me reprend une vingtaine de mètres! Je le passe seulement au sommet du col. Il m'adresse un sourire, nous échangeons quelques mots. Puis je le distance dans la descente (enfin un qui descend moins vite que moi!) et je ne le reverrai plus.

Au Col de Bramont, on quitte l'Alsace et le département du Haut-Rhin (68) pour retrouver la Lorraine et le département des Vosges (88). La descente de ce col n'est pas très longue, trois ou quatre kilomètres tout au plus, puis on remonte vers le Col des Feignes sous Vologne (954 m), un col facile. Un peu plus de 5 km avec des pentes moyennes par kilomètre qui varient entre 3 et 5%. Un détail, cependant, à ne pas négliger: après le passage du col, on tourne à gauche et on monte encore pendant un bon kilomètre! Dans la montée, comme d'habitude, je roule un poil plus vite que les concurrents qui sont encore dans mes parages. Les meilleurs sont loin devant depuis longtemps! Au Col des Feignes, second ravito: je me contente d'attraper au vol un verre d'eau gazeuse... Pas le temps de s'arrêter quand on joue la gagne! (rire) Pour être franc, je viens juste de consommer un tube de gel... Pas besoin de remanger tout de suite.

Pas le temps de sourire non plus !
Nouvelle descente et, une fois de plus, je suis doublé par des concurrents que j'avais largués dans la montée. Je me dis que je les distancerai de nouveau dans les prochaines montées, ce qui ne sera pas vrai pour tous! En effet, après quelques kilomètres de descente vers La Bresse, nous prenons une route, dite "Route des Courbes", avec de petits raidillons dans lesquels j'ai une petite alerte "cuisses". Ce ne sont pas des crampes, je dirai plutôt une menace de crampe! Du terrorisme musculaire en quelque sorte. Prudent, je mets tout à gauche, et je laisse passer l'alerte!

Bientôt, nous rejoignons la route du Col de Grosse-Pierre (954 m), sixième et dernier col de notre parcours, dont le final est assez doux pour ne pas déclencher de nouvelle alerte. Il ne reste plus qu'une dernière descente puis la montée finale. Je me retrouve dans un petit groupe de quatre ou cinq. Je sens que je peux les distancer, mais je préfère laisser mes cuisses en mode "récup". Quelque chose me dit que si je ne force pas trop tôt, je n'aurai aucun mal à les devancer sur la rampe finale, la ligne d'arrivée étant en "altitude", près de la station de La Mauselaine (855 m). Et je ne me suis pas trompé. En consultant les classements, je saurai que j'ai ainsi devancé deux concurrents directs dans ma catégorie (F).

Quand je franchis la ligne, je suis surpris de ne pas apercevoir Marie-Ange qui avait promis d'être là pour prendre des photos. Mais c'est de ma faute! Je suis allé trop vite (sourire). Stéphane étant arrivé après 3h et 9 minutes de course, elle ne s'attendait pas à me voir surgir une vingtaine de minutes plus tard!

Arrivée de Stéphane: 3h09'.
Il a déclaré être un peu déçu car, au départ, il espérait faire moins de 3h!
Je n'ai donc pas de photo de mon passage sur la ligne... Seulement quelques instants plus tard, dans le sas où j'attends mon tour pour rendre ma plaque de cadre et ma puce. D'après mon compteur, j'ai mis 3h30! Mais je sais que le temps officiel ajoutera deux ou trois minutes correspondant à mon "arrêt au stand" au Markstein. Ce n'est que le soir, de retour à Créteil, que je connaîtrai mon classement et mon temps officiel: 432e sur 639 classés, 3h31'45" et 25,5 km/h de moyenne. Franchement, je ne m'attendais pas à faire aussi bien. La lanterne rouge est loin, très loin derrière moi.

Dans le sas d'arrivée
Finalement, je voulais faire un cadeau à mon copain Michel, tout en engrangeant quelques cols, et je me suis en même temps fait un cadeau à moi-même. Alors, merci "Mimi" d'avoir été une source de motivation pour m'aider à me lancer dans cette aventure.

Ce parcours dans les Vosges fut aussi l'occasion de compléter une belle année montagnarde avec des ascensions dans les cinq massifs montagneux de la métropole. Et la saison n'est pas terminée. Mon dernier gros objectif approche, avec la traversée des Alpes, de Munich à Turin, dans une quinzaine de jours! Alors à bientôt pour de nouvelles aventures!

Claude

Résultats des Ballons Vosgiens, circuit des Crêtes (90 km) — 644 partants — 639 classés

1er    MASADE Thierry — 2h28'55" — 36,26 km/h — Catégorie E.
279e BEERENS Stéphane — 3h09'00" — 28,57 km/h — 67e en catégorie D.
432e SINTES Claude — 3h31'45" — 25,5 km/h — 88e en catégorie F.
639e et dernier classé — 8h17'11"!!! — 136e et dernier en catégorie F.

Sur le 155 km, il y avait 472 partants et 455 classés.