samedi 30 août 2014

AVENTURES À VÉLO AUTOUR DE LA CIMA FAUNIERA (ITALIE)

Arrivés à Vinadio, en Italie, le mardi 15 au soir, nous programmons dès le mercredi l'ascension du Col de Larche, nommé Colle della Maddalena sur le versant italien (voir l'article).

Comme la météo du lendemain s'annonce excellente, nous décidons d'enchaîner avec le Colle Fauniera (du nom du sommet voisin, la Cima Fauniera), connu aussi sous le nom de Colle dei Morti… ainsi qu'avec quelques autres cols à découvrir au fil de l'article!

C'est le début d'une ascension pleine de péripéties et de surprises, bonnes et… moins bonnes!
C'est parti pour l'aventure!

Jeudi 17 juillet 2014

Nous démarrons de Demonte, pour une montée de près de 25 km et 1721 m de dénivelé. Le temps est beau, comme prévu. Tout se présente bien.

Demonte : Oui, les cols, c'est par là!
D'emblée, nous entrons dans le vif du sujet. En effet, les pentes moyennes annoncées ne reflètent pas la réalité car le relief est très irrégulier. Encore plus que ce que l'on peut voir sur le profil.

Profil du Colle dei Morti (ou Fauniera), par Demonte
En effet, on alterne les faux-plats (il y a même des endroits où la route redescend!) et les passages à plus de 10%, devant lesquels nous avons l'impression, à chaque fois, de nous retrouver devant un mur. C'est très casse-pattes, même si ça présente l'avantage d'offrir des phases de récupération.

San Maurizio : là, c'est presque plat!
Au début, les hameaux se succèdent rapidement, comme les changements de pente!

Trinita : jolie chapelle à la façade décorée
A chaque forte pente, Marie-Ange grimace. La route est belle, le soleil brille, le ciel est bleu, la température est douce… Mais en dépit de ces conditions presque idéales, quand on n'a pas les jambes, c'est dur quand même, la montagne!

C'est vrai que la route est belle!
Après une quinzaine de kilomètres, nous arrivons dans la partie où la pente se montre plus régulière. Mais comme elle se stabilise entre 8 et 10% de moyenne, l'effort à fournir est intense. Marie-Ange, qui décidément n'a pas la forme aujourd'hui, commence à me dire qu'elle ne pourra pas aller jusqu'en haut… J'essaye de détourner ses pensées vers la beauté du paysage, sans succès.

Vallone dell'Arma : splendide!
C'est alors que se produit un coup de théâtre!
J'entends un petit claquement sec au niveau de ma roue arrière, et mon vélo freine brutalement comme si j'avais donné un grand coup de patin, alors que je n'ai pas touché aux freins. Je décroche une de mes pédales automatiques en catastrophe et j'évite la chute de justesse. Qu'est-ce qui se passe? Après un examen sommaire, je constate que la roue est voilée… Je la démonte et l'examine plus attentivement : il n'y a pas de rayon cassé… C'est la jante qui s'est fissurée au niveau d'une tête de rayon… ce qui revient au même. Je remets la roue en place et essaye de la recentrer au mieux, mais rien à faire : elle ne tourne plus du tout. Je ne vois pas ce que je pourrais tenter… Ça gamberge à toute allure : entre la frustration de ne pas pouvoir continuer, l'estimation des conséquences possibles de cet incident, l'examen des solutions envisageables, j'ai le cerveau qui fume!…

Finalement, après discussion avec Marie-Ange, une première ébauche de solution est retenue : je vais redescendre à Demonte avec son vélo et remonter la chercher en voiture.

Sur un vélo qui n'est pas du tout à ma taille (je n'ai pas changé la hauteur de selle), je dévale donc les 15 km de descente à vive allure (j'ai failli écrire "à tombeau entrouvert", mais ce serait un peu exagéré!). C'est seulement après 5 ou 6 km de descente que j'ai pris conscience de ma sottise : au lieu d'emprunter TOUT le vélo (trop petit), j'aurais pu me contenter de transférer sa roue arrière sur mon propre vélo. René Vietto y aurait pensé, lui! Tant pis! J'y penserai la prochaine fois (je dis ça, bien sûr, en espérant qu'il n'y aura pas de session de rattrapage!).

Naturellement, nous sommes bien décidés à ne pas quitter Vinadio sans terminer ce que nous avons commencé… Mais pourrai-je faire réparer ma roue d'ici ce soir?
La signora qui tient le magasin de sports de Vinadio, et qui parle très bien français, nous aide avec beaucoup d'amabilité. Elle téléphone à son mari (qui s'y connaît très bien en mécanique vélo) pour savoir où j'ai le plus de chances de faire réparer dans l'après-midi. Au pire, nous propose-t-elle, si je ne parvenais pas à trouver une solution assez vite, ils seraient prêts à me prêter un VTT pour que je puisse rouler demain et terminer l'ascension… Vraiment sympas, ces gens!

Magasin de sports de Vinadio : pas mal comme vélo de remplacement, non?
En définitive (j'abrège les péripéties), je n'aurai pas besoin du VTT. Chez le vélociste de Borgo di San Dalmazzo qu'ils m'ont recommandé, j'achète une paire de roues (dans cette gamme-là, il les vend uniquement par paire, ce que je peux comprendre). Le soir-même, mon vélo est prêt à retourner à l'assaut de cimes. Et ma carte bancaire accepte de ne pas s'appesantir sur l'aspect financier de l'opération…

Vendredi 18 juillet 2014

Après les difficultés de la veille, Marie-Ange ne se sent pas le courage de repartir de Demonte. L'idée retenue, c'est de remonter en voiture jusqu'à l'endroit précis où l'aventure s'est arrêtée. Par chance, il y a juste à cet endroit une petite plate-forme sur la droite de la route qui nous avait permis de faire demi-tour. C'est là que nous laisserons la voiture.

Et c'est reparti!
L'inconvénient en démarrant de là, c'est qu'on est tout de suite dans la partie de l'ascension qui oscille entre 8 et 10%. A froid, c'est un peu dur. Et il y en a pour une dizaine de kilomètres dans les mêmes conditions de pente!

Les paysages ne sont plus les mêmes que la veille. Très vite, c'est la haute montagne.

Alpages
Après les problèmes de jambes constatés hier, Marie-Ange souffre aujourd'hui de quelques nausées dues à l'altitude. C'est dur, mais elle s'accroche. Une pause "fleurettes" lui permet de récupérer un peu. Je lui laisse prendre la photo…

Feuilles de gentiane et anémone à fleurs de narcisse
La montée se poursuit.
Depuis un moment, un col est en vue. Ce n'est pas encore le Colle dei Morti (ou Fauniera), c'est le Colle di Valcavera (2416 m). Quand on y sera, il ne nous restera plus que 900 m à parcourir pour atteindre le terme de cette ascension…
Pour l'instant, nous nous contentons de l'apercevoir de loin. Et nous avons beau rouler, nous n'avons guère l'impression de nous en rapprocher. Il faudra pourtant bien qu'on finisse par y arriver!

Au fond: le Colle di Valcavera
Aaaah! Nous y voilà enfin… Pour la photo devant le panneau, un minuscule aller-retour est nécessaire puisque le col est à une vingtaine de mètres de la route principale.

Colle di Valcavera (2416 m)
Mais comme je l'ai dit, l'ascension ne se termine pas là. Nous repartons en direction du Colle dei Morti.

Vers le Colle dei Morti
Un petit kilomètre entre les deux cols, trois fois rien après ce que nous avons déjà monté! Nous y parvenons rapidement.

Arrivée de Marie-Ange au Colle dei Morti
Nous trouvons là un jeune Italien très aimable qui veut bien nous prendre en photo ensemble, devant la stèle qui rend hommage au champion italien Marco Pantani.

Colle dei Morti (2481 m)
Détail plaisant : notre photographe est monté en voiture et attend sa compagne qui, elle, est en train de monter en vélo, par le versant le plus dur! Nous la verrons arriver peu après et en profiterons pour l'applaudir.

Colle dei Morti : vue du versant nord… et de la femme de notre photographe improvisé! 
Nous pourrions maintenant redescendre par où nous sommes venus, mais ce serait dommage. En effet, un aller-retour de 3 km à peine (aller en descente, retour en montée) peut nous permettre de franchir deux autres cols à plus de 2000 m. Je consulte Marie-Ange… Même si elle n'est pas au top, elle est partante. C'est vrai que ce serait ballot de renoncer si près du but!

Nous commençons donc par rejoindre très rapidement le Colle del Vallonetto (2447 m) qui n'est qu'à 400 m de là. Et en descente, rien de plus facile, évidemment!

Colle del Vallonetto (2447 m)
Puis la descente se poursuit sur 1 km environ jusqu'au Colle d'Esischie (2366 m), où nous nous faisons photographier près de la plaque commémorative célébrant la 20e édition de la célèbre cyclosportive italienne, la "Fausto Coppi" (2007). Et de quatre! Quatre cols à plus de 2000 m au cours de la même sortie! En voilà une belle moisson!

Colle d'Esischie : plaque commémorative de la "Fausto Coppi"
Au Colle d'Esischie, il y a aussi un vrai panneau de col…

Colle d'Esischie (2370 m)
Le moment est venu de faire demi-tour et d'attaquer ce qui devrait être la dernière difficulté du jour : près d'un kilomètre et demi pour remonter au Colle dei Morti.

Au fond : le Colle dei Morti, vu depuis le Colle del Vallonetto
Cette fois, nous ne marquons pas d'arrêt au col et nous enchaînons tout de suite avec la descente jusqu'au Colle di Valcavera.

Et là, nouveau rebondissement!
Depuis hier, une idée un peu farfelue me trotte dans la tête. J'en ai déjà parlé à Marie-Ange… Je la remets sur le tapis. Explication…
Tandis que l'hypothèse de remonter ici avec un VTT était sérieusement envisagée, j'ai consulté attentivement la carte. J'ai vu qu'il y avait un grand nombre d'autres cols à plus de 2000 m dans les environs. Au moins six ou sept, tous hors des routes goudronnées, mais dont plusieurs se situent sur des pistes où circulent aisément des voitures de tourisme. L'un d'entre eux, le Colle della Bandia, ne se trouve qu'à 1500 m du Colle di Valcavera… Si j'osais… Ce serait mieux avec un VTT, bien sûr! Mais j'ai bien envie de tenter le coup avec mon vélo de route. Au mois de juin, la cyclo-montagnarde des Aravis nous a bien faits passer sur une piste similaire sur quelques 2 km pour rallier le Col des Glières… Alors pourquoi pas?

Depuis le Colle di Valcavera, j'observe la piste. Manifestement, il y a très peu de dénivelé… Ça me semble jouable. Allez, je me lance!

Au fond à gauche, le Colle della Bandia, vu depuis le Colle di Valcavera
Marie-Ange ne sent pas le "truc". Elle préfère redescendre et m'attendre sagement à la voiture. Je m'aventure donc tout seul sur la piste en terre… Ma carte bancaire me susurre sournoisement : « Tu te souviens que tu as une roue toute neuve à l'arrière? » Bon, d'accord. Et alors? Tôt ou tard, elle ne sera plus neuve, cette roue…

Sans autre retenue, je roule gaiement jusqu'au site de la Bandia que j'atteins rapidement. Une statue de la vierge, la Madonna della Bandia, y est implantée. La pancarte indique qu'il s'agit d'un lieu de prière inauguré en 2003 et couronnant les désirs d'un certain Don Giulio Bruno… 

Madonna della Bandia (2412 m)
Au col se dressent aussi les ruines d'un camp militaire : « Caserme della Bandia », constitué de plusieurs bâtiments qui ne sont pas sans évoquer le camp des Fourches, sur la route de la Bonette.

Caserme della Bandia (2408 m)
Je n'ai pas dit mon dernier mot!
D'après les repérages effectués précédemment sur la carte, un autre col se trouve à peine 1500 m plus loin : le Colle della Margherina (2420 m). En comparant les altitudes des deux cols et en observant l'aspect de la piste, presque plate, je ne peux m'empêcher de me dire que ça vaut le coup de continuer. Alors je continue!

La piste entre le Colle della Bandia et le Colle della Margherina
Au bout de deux kilomètres, je me dis que ce n'est pas logique. Je devrais déjà y être arrivé! Bizarre! Me serais-je trompé dans l'évaluation de la distance?

Dans le doute, je continue encore un peu… Mais la piste n'est plus "presque plate". Elle descend assez sensiblement. De plus, le revêtement est plus chaotique. Je roule sur des cailloux. Ici, un VTT serait bien préférable. Cependant, j'aperçois pas très loin devant moi une configuration géographique qui ressemble fort à un col… Je pousse donc jusque là. Quand j'y arrive, je cherche d'un rapide coup d'œil circulaire un éventuel panneau. Il est là, couché au sol… Et je lis « Colle Cologna (2394 m) ».

Colle di Cologna (2394 m)
Mince! Ce n'est pas celui que je cherchais! Ça va m'en faire un de plus sans le vouloir! Oh! C'est ballot tout de même!…

Je sors ma carte du sac à dos. Vérification faite, je comprends ce qui s'est passé… Je fais demi-tour et je remonte dans la caillasse "tout-terrain" en essayant de ne penser ni à ma roue arrière ni à ma carte bancaire. Je suis un peu étonné mais ça roule! Tout sur le vélo!

Cette fois, je ne rate pas le coche… ni le col! Voilà le Colle della Margherina! Je l'avais dépassé sans le voir car il est un peu à l'écart, à vingt ou trente mètres de la piste, et en surplomb.
Quand je suis passé juste en dessous, j'ai bien eu un soupçon… Mais j'ai continué. Avec le recul, je n'ai pas le moindre regret. Sans cette erreur, je ne serais jamais allé jusqu'au Colle di Cologna!

Colle della Margherina (2420 m)
A ce moment, j'envoie un sms à Marie-Ange pour la prévenir que je suis allé plus loin que prévu, afin qu'elle ne s'inquiète pas. Puis je fonce sur la piste du retour!

La piste du retour…
Me revoilà bien vite aux ruines de la Bandia.

Caserme della Bandia : le retour
Il ne me reste plus qu'à rejoindre le Colle di Valcavera, après 8 ou 9 km "hors bitume", puis à me laisser descendre jusqu'à la voiture. Fin de l'aventure!

En fin de compte, me voilà donc revenu avec 7 nouveaux cols à plus de 2000 m franchis le même jour. Quand je pense que, la veille, une saleté de jante fissurée me faisait craindre de devoir renoncer à terminer cette ascension.
Quant à Marie-Ange, elle quittera Vinadio avec 4 nouveaux cols à plus de 2000 m. Contrat rempli!

Finalement, tout est bien qui finit bien!
Pardon? L'avis de ma…? … carte bancaire?… Désolé! Pas joignable pour le moment!

Claude
Photos personnelles

LIENS :
  • Sur le site du Club des Cent Cols : Colle dei Morti (voir "Versant sud-est") 
  • Sur le site cycloclimbing : Colle dei Morti et autres
  • Un reportage de Cyclomaniac sur les cols du coin à plus de 2000 m : 11 cols au total : route + VTT (avec références CCC)

mercredi 20 août 2014

UN P'TIT DÉ… TOUR À VÉLO EN HAUTE-SAÔNE

« T'as voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul… », aurait pu entonner Claude. En vérité, non seulement nous avons vu Vesoul mais plus encore!

Menoux, sur la route du Paradis... Ou plus exactement du Col du Paradis!
En Franche-Comté, la liste des circuits balisés est interminable. "Les Boucles de Haute-Saône", à elles seules, offrent de multiples possibilités de parcours pour des niveaux sportifs différents, répondant ainsi aux envies de chacun. Voir les 21 circuits sur le site du Conseil Général de Haute-Saône : Itinéraires cyclables.

Un des circuits les plus sportifs est la "Boucle des Belles Filles"…

La Planche des Belles Filles : sports d'été et d'hiver...
Précisions de Claude : « Nous avons fait une bonne partie de ce circuit, par le Col des Croix, le Trou de l'Enfer, le Ballon de Servance, le Col de la Chevestraye et le Col des Chevrères, éludant seulement la montée à la Planche des belles Filles, que nous avions déjà effectuée l'année dernière. Pour nous : 53 km et 1240 m de D+ au lieu des 62 km du circuit complet. »

Col des Croix (678 m)
En Haute-Saône, il y en a réellement pour tous les goûts, depuis le "plateau des mille étangs" jusqu'aux montagnes des Vosges saônoises, avec les Ballons Comtois.

Réserve naturelle des Ballons Comtois
Nous n'avons pas suivi fidèlement ces itinéraires "cousus main" car nous souhaitions compléter notre collection de cols (rien de surprenant pour ceux qui nous connaissent bien).

Col du Mont de Fourche (620 m) : Mais où est Marie-Ange?
Sur les huit cols routiers de Haute-Saône reconnus par le Club des Cent Cols, seul le Col de La Chevestraye faisait déjà partie de nos cols acquis (voir article sur la Planche des Belles Filles).

Claude, avec la complicité de mon fils qui connaît "par cœur" toutes ces routes puisqu'elles lui servent de terrain d'entraînement, a donc concocté quelques parcours qui nous ont permis de franchir au total neuf cols routiers : le Col de La Chevestraye, le Col du Roussey, le Col des Roussey (ce n'est pas le même!), le Col du Paradis, le Trou de l'Enfer (ce n'est pas une blague!), le Col des Chevrères, le Col des Croix, le Col du Mont de Fourche et le Col du Ballon de Servance.

Précision de Claude : « Le Col du Ballon de Servance n'est pas homologué par le Club des cent Cols malgré le panneau au sommet, car ce n'est pas vraiment un col mais plutôt le point culminant d'une corniche. »

Col du Ballon de Servance (1152 m)
A maintes reprises, des décors surprenants se sont présentés, au détour des villages fleuris, pour nous rappeler le récent passage des coureurs du Tour de France. Les reliquats d'une ambiance qui a dû être très festive!

Servance : « Marie-Ange, baisse la tête, tu auras l'air d'un coureur! »
Les enfants ont également participé à la décoration, comme à Plancher-les-Mines, avec une œuvre réalisée dans le cadre des activités périscolaires.

Bienvenue au Tour, à Plancher-les-Mines
De même qu'une scierie près de Miellin…

Miellin : œuvre intitulée "Tour de France, 14 juillet 2014
A présent, les routes ont retrouvé toute leur tranquillité, loin d'un tourisme de masse, pour notre plus grand bonheur.

Traversée du Bois de la Mange, vers Dampierre-lès-Conflans
J'ai des difficultés à vous raconter plus en détail le cyclotourisme en Haute-Saône peut-être parce qu'il ne se raconte pas mais qu'il se vit! Si vous êtes, comme nous, amateurs de grands espaces paisibles, venez en Haute-Saône découvrir une contrée verdoyante, boisée, préservée qui ne manquera pas de vous enchanter.

Marie-Ange
Photos et légendes de Claude

—> Toutes nos photos sur Flickr

Haute-Saône : de l'Enfer...

Un drôle de col nommé Trou de l'Enfer (725 m)
... au Paradis!

Col du Paradis (330 m)

mardi 12 août 2014

GRAND AS DU BALLON D'ALSACE!

BREVET DE GRIMPEUR DU BALLON D'ALSACE
RANDONNÉE PERMANENTE DES CYCLOTOURISTES BELFORTAINS

Le Ballon d'Alsace (1248 m) se situe aux confins de quatre départements : le Territoire de Belfort, la Haute-Saône, les Vosges et le Haut-Rhin.

Le Col du Ballon d'Alsace (1165 m) a été emprunté pour la première fois par le Tour de France dès 1905. Ce fut d'ailleurs un moment historique car c'était le tout premier col franchi au cours d'un Tour de France et c'est René Pottier qui l'a passé en tête, exploit qu'il renouvela l'année suivante. Non loin du col, une stèle commémore les prouesses du premier "meilleur grimpeur" du Tour, titre qui lui a été attribué malgré son abandon quelques jours plus tard et selon des critères bien différents de ceux qui ont cours de nos jours.

Stèle René Pottier
Pour atteindre le Col du Ballon d'Alsace, on peut partir de Belfort, de Saint-Maurice-sur-Moselle (Vosges) ou de Sewen (Haut-Rhin).
  • Depuis Belfort : 28 km de route, dont 12 ou 13 d'ascension.
  • De Saint-Maurice-sur-Moselle : 9 km d'ascension à 7% de moyenne. C'est la montée historique, celle du Tour de France 1905. Pentue mais régulière.
  • De Sewen : 13 km dont les deux premiers quasiment plats si on suit la D466. Pente moyenne légèrement supérieure à 5%, mais beaucoup plus irrégulière que la précédente.
  • Variante depuis Sewen : 17 km par la route forestière qui suit au départ la vallée du Doller et passe par le Col du Hirtzelach (930 m).
Plus d'info sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Col_du_Ballon_d'Alsace

Col du Ballon d'Alsace (1165 m)
LA RANDONNÉE PERMANENTE

Les Cyclotouristes Belfortains (CTB) proposent une randonnée appelée Brevet de Grimpeur du Ballon d'Alsace (ou BGBA). L'épreuve consiste à grimper au Ballon d'Alsace depuis les trois accès : Belfort, Saint-Maurice et Sewen, soit 102 km pour 2130 m de D+. Si on y parvient, on devient un As du Ballon d'Alsace!
Une option "route forestière" permet d'ajouter une quatrième montée, celle qui, démarrant de Sewen, passe par le Col du Hirtzelach : 132 km pour 2900 m de D+. On devient alors un "Grand As"! C'est l'option que j'ai choisie…

Profil 4 montées!
Plus d'infos sur le site des Cyclotouristes Belfortains : http://www.cyclobelfort.fr/spip.php?rubrique30

APERÇU DE MON PARCOURS

Première montée

Parti de Belfort ves 7h15, sous un ciel assez morose, je n'ai pas pris de photos jusqu'à mon arrivée au sommet 1h45 plus tard. J'ai cependant apprécié de jolies vues, de jolis paysages, des petits torrents appelés "gouttes", des arbres majestueux… Au retour, j'en photographierai quelques uns, qui bénéficieront alors d'une meilleure lumière.

Le Ballon essaye de sortir de la brume…
Il fait frais quand j'arrive au sommet, aussi je me couvre rapidement. Je fais tamponner ma carte de route dans l'établissement qu'on voit sur la photo ci-dessus, avant d'aborder la première descente, longue de 9 km.

Deuxième montée

Après pointage dans une boulangerie de Saint-Maurice-sur-Moselle, j'attaque la seconde montée. Une magnifique toiture retient mon attention…

Saint-Maurice-sur-Moselle
Sur ce versant vosgien, à chaque kilomètre, des panneaux nous permettent de nous situer : altitude, distance restante, pente…

Panneau "Col du Ballon d'Alsace"…
La pente régulière, toujours autour des 7%, me convient bien. J'adopte mon allure de croisière. A mi-parcours, un cyclo me double et me salue. Je prends sa roue pendant un bon moment. J'aurais pu le suivre jusqu'au sommet mais je sais qu'il me reste deux ascensions "à suivre", alors j'en reviens à mon rythme "longue durée"… Il faut en garder sous la pédale!

Je ne m'attarde pas au sommet où il fait toujours un peu frais et je pars à la découverte du versant alsacien… En descente pour le moment. Une des plus belles vues de ce versant : le lac d'Alfeld.

Lac d'Alfeld, dans la descente vers Sewen
Troisième montée

A Sewen, je vais pointer à La Poste, je fais un petit tour du village où je ne vois pas de commerce, puis je repère le début de la quatrième montée, près de l'église et de la fontaine… Ça me servira tout à l'heure.

Sewen vous accueille…
Pour déguster la quiche que j'ai achetée à Saint-Maurice (principe de précaution!), je préfère commencer l'ascension et je trouve une table de pique-nique tout près d'un abreuvoir rustique!

En tenue du Brevet des 7 cols de l'Ubaye…
Deux couples de Niçois arrivent peu après pour pique-niquer au même endroit. Ils me demandent de les photographier ensemble et j'en profite pour obtenir à mon tour un cliché souvenir!

Puis je reprends l'ascension. Personnellement, c'est celle que j'ai trouvée la plus dure, sans doute parce que la pente est beaucoup plus irrégulière que sur les autres versants. C'est aussi celle où l'on trouve les pourcentages les plus élevés, parfois jusqu'à 10-12%.

Sur la fin de cette ascension, on rejoint la route qui vient de Belfort, où j'ai déjà quelques repères. Je photographie le Ballon d'Alsace, un peu plus dégagé que lors de mon premier passage matinal.

Le Ballon d'Alsace
Et me voilà déjà un "As du Ballon d'Alsace", avec mes trois ascensions réussies. Mais je n'ai pas l'intention d'en rester là! Je me sens capable de monter une quatrième fois… A condition cependant de refaire le plein! Comme je n'ai pas vu de possibilité de me ravitailler à Sewen, je profite des commerces installés près du Ballon et m'offre une tarte aux myrtilles et une boisson fraîche. Puis je me couvre et je redescends à Sewen.

Peu avant d'arriver au bas de la descente, une rencontre plaisante : je croise Thibaut Pinot, 3e et meilleur jeune du dernier Tour de France, qui s'apprête donc à attaquer la montée… Je ne suis pas totalement surpris car je sais qu'il habite dans le coin et que ce sont ses routes d'entraînement. Cette rencontre me donne le sourire et me fait penser que la dernière montée s'annonce sous les meilleurs auspices.

Quatrième montée

Une fois à Sewen, je me découvre une nouvelle fois et j'entame la dernière montée, par la Route de la Fennematt qui longe la Doller. Le cadre forestier est très agréable et la route très tranquille.

Vallée de la Doller
Au début, la route est en parfait état.

Route de la Fennematt
En revanche, à partir du début du Chemin du Hirtzelach, le revêtement est souvent dégradé et il a même disparu à certains endroits.

État de la route au Col du Hirtzelach
Col du Hirtzelach (930 m)
Après le passage du col, la route, au revêtement très incertain, descend en pente douce pendant un peu plus de trois kilomètres, tout en dépassant les 100 m de dénivelé négatif, un dénivelé qu'il faudra donc remonter par la suite. On rejoint la D466 à hauteur du Grand Langenberg. Ensuite, le final est identique à celui de la montée précédente.

Sur la fin de la montée, j'aperçois deux cyclos en point de mire. J'accélère, "pour voir", et je suis agréablement surpris de constater que les jambes tournent encore bien. Je les rejoins en arrivant devant la Maison du Tourisme du Ballon d'Alsace. Je fais ensuite demi-tour pour revenir au monument qui rend hommage aux démineurs, et je demande à quelqu'un de me prendre en photo. Premier cliché d'un nouveau Grand As du Ballon d'Alsace!

Souvenir des 4 montées réussies
Pour fêter ça, je m'offre une nouvelle boisson fraîche, je me couvre une dernière fois, et c'est reparti pour les 28 derniers kilomètres : 12 ou 13 km de descente, suivis d'un très long faux-plat descendant…

Dans la descente, je m'arrête pour prendre quelques photos…

La Goutte Boileau
Le Saut de la Truite
Bien que j'aie l'impression d'avoir les genoux qui se rouillent pendant la descente, quand il me faut de nouveau pédaler, le rythme est bon. J'enroule cependant sans trop forcer car je redoute quand même un peu les quelques centaines de mètres de remontée qui m'attendent sur la fin. Mais ça se passe bien. Et c'est l'arrivée à Belfort, avec 132 km au compteur et 2943 m de D+ selon le GPS.

Quel plaisir d'avoir réussi ce défi et de devenir un Grand As du Ballon d'Alsace!

Claude
Photos personnelles

LIENS :

➜ Infos sur le site des Cyclotouristes Belfortains : http://www.cyclobelfort.fr/spip.php?rubrique30
➜ Toutes mes photos sur Flickr



Le diplôme
PS : J'en profite pour remercier les Cyclotouristes Belfortains pour ce superbe Brevet de Grimpeur, et saluer quelques-unes de leurs féminines que j'avais eu le plaisir d'accueillir et de guider sur les routes d'île-de-France puis dans les rues de la capitale lors de Toutes à Paris en septembre 2012.