lundi 29 septembre 2014

EURO PN 2014 : MONACO - BARCELONE

RANDONNÉE EUROPÉENNE POUR LA PAIX ENTRE LES NATIONS

Du 20 au 26 septembre, j'ai parcouru un peu plus de 1000 km en 7 étapes, entre Monaco et Barcelone. Sur mon site, j'ai publié une présentation de l'Euro PN 2014 que je ne reproduis pas ici. On y trouvera de nombreuses informations concernant cette organisation : données chiffrées, liste des cols et bien d'autres détails.

Nous étions trois de mon club, les Cyclotouristes Saint-Mauriens, à participer à cette Euro PN 2014 : Alain C., Gérard C. et moi.

Alain et Gérard, à Golfe-Juan

L'Euro PN, qu'est-ce que c'est?

Avant de s'engager sur une Euro PN, il est bon de savoir ce qu'on n'y trouvera pas. Tout d'abord, il n'est pas question de rouler en toute liberté. Les participants se déplacent en peloton (une cinquantaine de personnes cette année), au rythme imposé par les capitaines de route.

La formule s'inspire des brevets Audax, mais ce n'est pas un brevet Audax! Un "1000 km" Audax s'effectue en 3, voire 4 jours, avec des étapes quotidiennes allant de 200 à 400 km selon les organisations, ce qui nécessite d'être très entraîné et de savoir supporter la privation de sommeil. Rien de tel sur l'Euro PN. Cette année, par exemple, les 1000 km ont été parcourus en 7 jours, l'étape la plus longue n'atteignant pas les 200 km. Et on fait des nuits complètes, dans son lit!

L'Euro PN n'a pas pour objectif de nous faire visiter les régions traverser! Certains pourraient dire que ce n'est pas du “cyclotourisme”, ce qui est faux dans la mesure où il existe d'innombrables formes de cyclotourisme. La formule retenue est une forme de cyclotourisme qui privilégie les aspects sportifs et humains, plutôt que touristique.

Néanmoins, sur les deux éditions auxquelles j'ai participé, le tourisme était loin d'être totalement exclu puisqu'une journée complète était consacrée à la visite de la ville d'arrivée: Turin en 2013, Barcelone en 2014.

En promenade à Barcelone
En bref, il ne faut pas venir sur l'Euro PN en pensant faire du tourisme à vélo sur le trajet, ce qui n'interdit pas d'apprécier les sites traversés et peut donner des idées ou des envies pour de futures expéditions personnelles à allure libre.

Sur le plan sportif, ce sont l'endurance et la régularité qui sont retenues et non la performance.

Sur le plan humain, cette organisation favorise les échanges au sein du peloton entre des participants d'origines diverses et de différentes nationalités. On peut ainsi côtoyer et apprécier des cyclos venus de toute la France et de quelques pays voisins. Cela permet de mieux se connaître, d'apprendre à mieux communiquer avec nos amis allemands, espagnols, portugais, anglais, etc.

La Paix entre les Nations, évidemment, ça commence par la complicité entre les hommes et les femmes qui composent ces nations, autour de quelque chose que nous avons en commun : le plaisir de faire du vélo ensemble!
Autre atout humain non négligeable : les rencontres avec des cyclos locaux qui nous accompagnent sur certains tronçons du parcours, ou avec des personnalités venues nous accueillir en diverses occasions, lors des pauses, des repas, ou dans les villes étapes.

Au cours de la semaine, des tensions ont cependant été perceptibles. Manifestations de mauvaise humeur, problèmes de communication, propos émis avec plus d'agressivité qu'il n'eut été nécessaire… Sans doute inévitables dans un groupe de plus de soixante personnes, ces difficultés prouvent qu'il n'est pas inutile que chacun poursuive, selon ses possibilités, le cheminement vers une meilleure compréhension mutuelle et toujours plus de respect entre les hommes.

Au départ de La Gaude, avec le maillot de l'Euro PN

Le parcours 2014

Samedi 20 septembre
1ère étape : La Gaude - Monaco - La Gaude, 72 km, 670 m de D+, 1 col.

Monaco est un endroit où il n'est pas facile de trouver un hébergement à prix abordable. Comme il n'est pas non plus facile d'y circuler à vélo, l'organisation avait choisi de nous faire prendre le départ réel depuis La Gaude, près de Vence (Alpes Maritimes).
La première étape avait pour but d'atteindre les portes de la Principauté de Monaco, à Cap d'Ail, en suivant la Basse Corniche à partir de Nice. Mais nous n'avons pas fait plus d'un demi-tour de roue en principauté…

Sur la route de Monaco, par la Basse Corniche
Détail amusant, sur la basse corniche, nous avons franchi le Col de Beaulieu, le col de France dont l'altitude est la plus faible : 17 m!

Les difficultés les plus notables de cette étape ont été la circulation aux abords de Nice, surtout au retour, puis la remontée sur La Gaude, longue de 8,5 km. Une ascension à allure libre, contrairement au reste du parcours de l'Euro PN, effectué à allure régulée.

La Gaude : les participants à l'Euro PN très bien accueillis par la municipalité

Dimanche 21 septembre
2e étape : La Gaude - Hyères, 157 km, 755 m de D+, 3 cols.

L'étape commençait par une longue descente à la fraîche, jusqu'à Cagnes-sur-Mer. Ensuite, nous avons longé la côte en direction d'Antibes, puis de Juan-les-Pins et de Golfe-Juan, où nous avons fait une première halte devant le Théâtre de la Mer.

Théâtre de la Mer, à Golfe-Juan
A Cannes, nous avons squeezé la Croisette, pourtant mentionnée sur la feuille de route, et nous avons filé sur Mandelieu-la-Napoule.

Nous avons rejoint Saint-Raphaël puis Fréjus en passant par la Corniche de l'Esterel. Le ciel voilé ne nous a pas permis d'apprécier à leur juste valeur les contrastes de couleurs de cette route superbe, un des plus beaux tronçons du parcours.

Corniche de l'Esterel
Après le repas pris à Sainte-Maxime, nous avons rallié Hyères, dans le Var, en passant par La Môle et le Col de Gratteloup (192 m d'altitude). La route choisie était beaucoup moins intéressante que la route côtière, entre La Croix-Valmer et Bormes-les-Mimosas, mais c'était la plus directe. Quand une étape est supérieure à 150 km, il n'est pas possible de musarder tout le long du parcours. L'emprunt de quelques grands axes est souvent inévitable.

Col de Gratteloup (192 m)

Lundi 22 septembre
3e étape : Hyères - Arles, 195 km, 1461 m de D+, 1 col.

Cette troisième étape nous a éloignés de la mer. L'objectif n'était pas de visiter l'arrière-pays, mais d'éviter les agglomérations de Toulon et de Marseille.

Arrêt ravitaillement dans la campagne provençale
Nous avons déjeuné près d'Aix-en-Provence, sans entrer dans la ville.

La difficulté de cette étape vallonnée a sans doute été sous-estimée. Les temps de passage, calculés sur la base d'une moyenne de 22,5 km/h, n'étaient pas tenables pour l'ensemble du peloton, ce qui nous a conduits à accumuler pas mal de retard sur l'horaire prévu. En fin de parcours, l'organisation a donc préféré renoncer à la montée aux Baux-de-Provence, et nous avons filé directement sur Arles, gênés par un vent latéral assez fort.


Mardi 23 septembre
4e étape : Arles - Béziers, 159 km, 280 m de D+.

Cette étape a commencé sur un rythme soutenu. Il paraît que nous sommes passés à 200 m des arènes d'Arles… Un léger détour nous ne nous aurait guère retardés, mais il n'était pas prévu au programme.

En revanche, la feuille de route annonçait un arrêt à Aigues-Mortes… qui n'a pas été observé. J'ai appris depuis que des gens nous y attendaient et ont été déçus de ne pas nous voir. J'ignore pourquoi ce rendez-vous a été manqué…

De passage à Aigues-Mortes
Peut-être parce que nous étions aussi attendus au Grau-du-Roi?
Outre une réception en mairie, une rencontre y était prévue avec des cyclos du MUC, le club de Montpellier, venus pour nous accompagner sur une partie de l'étape. Au fil des kilomètres, d'autres cyclos, membres des clubs environnants, se sont joints à notre peloton.

Au Grau-du-Roi, avec des cyclos de Montpellier
De Frontignan (repas de midi) à Béziers (ville-étape), nous avons roulé sous une petite pluie fine, peu violente mais très suffisante pour bien imprégner gants, chaussettes et chaussures. La nuit ne suffira pas pour faire sécher tout ça.
Le final de cette étape, sur des routes à forte circulation, avec des travaux et sous la pluie, restera le tronçon le plus désagréable de la semaine. Mais réjouissons-nous : c'est le seul jour où nous avons eu de la pluie!

Arrivée sur Béziers

Mercredi 24 septembre
5e étape : Béziers - Perpignan, 124 km, 502 m de D+.

La météo nous avait annoncé de la pluie pour toute la matinée, alors nous nous étions tous couverts et imperméabilisés au départ de cette étape. En fait, il n'est pas tombé une goutte. Malgré cette erreur flagrante, nous ne déposerons aucune réclamation auprès de Météo-France.

Une autre erreur (un aller-retour inutile en direction du massif de la Clape, à partir de Fleury d'Aude) sera également pardonnée, car sans elle, je n'aurais pas pu faire les photos que je souhaitais ramener à Marie-Ange. En effet, une partie de sa famille maternelle est originaire de Fleury. Or, lors de notre premier passage dans cette ville, je n'avais pas mon appareil photo à portée de main. Craignant la pluie, je l'avais mis à l'abri dans mon sac à dos.

Avant notre deuxième passage à Fleury, j'ai eu l'opportunité de ressortir mon appareil, et entre temps, le ciel avait commencé à se dégager!… Ça, c'est du bol!

Fleury d'Aude
Après Vinassan, nous avons rejoint la piste qui longe le canal de la Robine et l'Étang de l'Ayrolle. Cette piste en terre, longue de plusieurs kilomètres, n'était pas très appropriée pour nos vélos de route. Ceux qui prennent grand soin de leur vélo n'étaient pas à la fête, malgré le charme indéniable de l'endroit. Heureusement que, contrairement aux prévisions pessimistes de la veille, il ne pleuvait pas!

La feuille de route ne signalant pas que cette piste était “non revêtue”, beaucoup de cyclos ont été déroutés au moment de s'y engager. Comme je savais qu'il n'y avait pas d'autre option pour nous rendre à Port-la-Nouvelle, à moins de retourner à Narbonne et de faire un grand détour, j'ai pu convaincre mes compagnons du moment, carte à l'appui, qu'il ne fallait plus hésiter à s'y engager.

Le long du canal de la Robine
Après Port-la-Nouvelle, direction Port-Leucate, où nous avons été chaleureusement accueillis par les autorités locales, avec un petit encas sympathique, non loin du port.

Port-Leucate
Suite aux différents aléas du parcours, nous nous sommes de nouveau trouvés en retard sur l'horaire. En conséquence, le programme a dû être légèrement modifié, et l'allure imposée par les capitaines de route a sensiblement augmenté, se situant à ce moment-là autour de 30 km/h. Nous avons rejoint directement Sainte-Marie-la-Mer, non loin de Perpignan, où le déjeuner nous a été servi en terrasse, au bord de la plage.
Après le déjeuner, un "temps libre" a permis à certains de se baigner, à d'autres de prendre un peu de repos. Puis, à Villelongue-de-la-Salanque, un hommage a été rendu à un ancien responsable de l'UAF et de l'Euro PN, récemment décédé. Nous avons ensuite rejoint notre hôtel à Perpignan.


Jeudi 25 septembre
6e étape : Perpignan - Platja d'Aro, 173 km, 1390 m de D+, 5 cols.

Cette étape s'annonçait comme vallonnée et cela s'est vérifié. Les paysages de la Côte Vermeille, par ce temps magnifique, ont été à la hauteur de leur réputation : grandioses!

Collioure
A partir de ce tronçon sinueux, puis jusqu'à l'arrivée de cette étape, l'organisation a préféré nous répartir en deux groupes. Ce afin de faciliter la tâche des automobilistes, qui ont en effet plus de mal à doubler un peloton d'une cinquantaine de personnes.

Six petits cols étaient au programme, mais nous n'en avons franchi que cinq. A mon grand étonnement, d'ailleurs! En effet, un élu de Banyuls, lui-même cyclo expérimenté, était venu nous accueillir à notre passage dans sa ville. Il nous avait vivement recommandé d'emprunter le Coll del Frare plutôt que le tunnel entre Port Bou et Colera. Comme la feuille de route indiquait qu'on devait passer par ce col, ma surprise a été très grande quand j'ai vu que la voiture ouvreuse nous conduisait directement… au tunnel!

Parmi les cinq cols homologués que nous avons franchis figure le Col des Balistres (ou Coll dels Belitres, en catalan) qui marque la frontière entre la France et l'Espagne.

Montée vers le Col des Balistres
Après la frontière, la route en corniche offre encore de magnifiques vues, notamment sur Port Bou.

Port Bou, aperçu dans la descente du Col des Balistres
Après Llança, nous avons quitté le bord de mer car, à quelques exceptions près, il n'y a pas de route qui longe la Costa Brava dans ce secteur.

Entre Figueres, où nous avons pris le repas de midi, et Sant Antoni de Calonge, où nous devions retrouver la côte, nous avons fait à deux reprises quelques kilomètres superflus. Les informations figurant sur la feuille de route étaient incomplètes : il manquait les noms de plusieurs communes traversées et une des routes que nous devions emprunter n'était pas mentionnée. Cela a donné lieu à des interprétations diverses, qui se sont traduites par une trace GPS erronée et des malentendus sur l'itinéraire suivi, y compris avec les autorités espagnoles.

Pour ma part, j'avais soigneusement étudié ce tronçon avant le départ (comme l'ensemble du parcours) et j'avais surligné sur ma carte ce qui me semblait être le seul parcours “vraisemblable”. J'ai ainsi pu ramener le groupe dans lequel je me trouvais sur la bonne route, une belle petite route “collineuse”, passant par le Coll de la Ganga (210 m).

Panorama, depuis le Coll de la Ganga
Il ne restait plus que quelques kilomètres, dont une belle descente, pour rejoindre notre hébergement à Platja d'Aro.


Vendredi 26 septembre
7e étape : Platja d'Aro - Barcelona, 128 km, 1483 m de D+, 5 cols.

Les quarante premiers kilomètres de cette étape ont été parmi les plus beaux de l'Euro PN 2014. La corniche qui longe ici la Costa Brava permet de profiter sans modération des paysages de cette côte sauvage et vallonnée (pour ceux qui ne comprennent pas l'espagnol, “brava” signifie sauvage).

Costa Brava
Si j'avais pu, je me serais arrêté plus souvent pour prendre des photos… Et ce n'est pas Philippe qui vous dira le contraire, lui qui a semblé apprécier autant que moi le plaisir d'emporter avec soi le souvenir numérique de quelques beaux paysages…

Toujours la Costa Brava
La Costa del Maresme, qui fait suite à la Costa Brava, a moins de charme et les routes qui la longent, plus rectilignes et plus fréquentées par les automobiles, sont moins agréables.

Après Mataró, où nous avons déjeuné, nous avons quitté la côte pour franchir le Coll (ou Collada) de Parpers (293 m) et rejoindre Granollers.

Coll de Parpers (293 m)
Les organisateurs avaient envisagé un final au stade olympique de Barcelone, sur la colline de Montjuïc. Cela aurait nécessité un aller-retour en ville qui présentait d'énormes difficultés pour assurer la sécurité du peloton. C'est pourquoi cette dernière étape fut finalement amputée.

En revanche, le retour vers la côte pour rejoindre notre Auberge de Jeunesse, à Badalona (banlieue de Barcelone), nous a permis de franchir deux cols supplémentaires qui n'étaient pas prévus au programme : le modeste Coll d'Arquers (123 m) et le joli Coll de Font de Cera (272 m). Une aubaine pour les collectionneurs de cols!

Au cours de la semaine, nous avons ainsi franchi 15 cols, dont 9 étaient nouveaux pour moi.

Pour finir, nous avons profité de la belle journée du samedi pour visiter Barcelone… à allure et à itinéraire libres!

Claude
Photos personnelles

LIENS

➜ Le site de l'Euro PN
 Présentation de l'Euro PN 2014 sur mon site.
 Toutes mes photos sur Flickr.

 Pour mémoire : Présentation de l'Euro PN 2013 sur mon site

jeudi 18 septembre 2014

HISTOIRE DE L'ANCIEN COL DE LA CAYOLLE

Ayant atteint avec mon vélo l'Ancien Col de la Cayolle (30 juillet 2014), j'ai raconté dans un précédent article l'aspect sportif de cette petite aventure, au cours de laquelle j'avais également gravi le Col de Vars. Ce nouvel article aborde cet ancien col sous d'autres angles : historique, géographique, touristique…

Chasse aux cols

Il y a des cols qu'on franchit par hasard, sans le vouloir, sans même le savoir parfois. Ils peuvent être tout petits ou très grands, faciles ou très ardus. Ils sont là, sur votre route… mais ne sont signalés par aucun panneau. Seule la consultation de certaines cartes ou des catalogues du Club des Cent Cols permet de savoir qu'on les a franchis.

Certains d'entre eux sont tout de même suffisamment connus des grimpeurs pour être facilement repérés. C'est le cas, par exemple, du Faux Col de Restefond ou du Col de Raspaillon, tous deux sur la route de la Bonette, le premier lorsqu'on vient de Jausiers, le second lorsqu'on monte depuis Saint-Étienne-de-Tinée. Vous ne pouvez pas ignorer très longtemps que vous les avez franchis car de nombreux cyclos se font un plaisir de vous le révéler dès qu'il est question de la Bonette.

L'Ancien Col de la Cayolle n'est pas de ceux-là car il est impossible de l'atteindre en vélo sans le faire exprès! Il faut déjà savoir qu'il existe. Et aller le chercher!

Pourquoi? Parce qu'il n'est pas sur la route, il n'est pas non plus sur une piste, ni même sur un sentier! Ou plus exactement, il n'est PLUS sur un sentier. L'Ancien Col de la Cayolle a été abandonné il y a fort longtemps, au début du XXe siècle vraisemblablement.

Cols de la Cayolle : l'ancien et le nouveau

Route de la Cayolle

C'est en 1894 qu'a été prise la décision de passer par le Col de la Cayolle pour assurer la liaison routière entre Nice et la vallée de l'Ubaye. A l'époque, et depuis plus d'un siècle, le passage entre la haute vallée du Var et la vallée de l'Ubaye se faisait par un sentier muletier.

Le tronçon sud de la route, entre Entraunes et le col, a été réalisé entre 1907 et 1914, à l'initiative des autorités locales.

L'inauguration de cette route, prévue il y a 100 ans, le 10 août 1914, en présence du Président de la République, a malheureusement dû être annulée. Et pour cause! La France venait d'entrer en guerre une semaine plus tôt, le 3 août.

L'inauguration de la route de la Cayolle, prévue le 10 août 1914, a dû être annulée pour cause de guerre mondiale… (photo Internet)
Je n'ai pas trouvé de dates précises concernant la construction du tronçon nord, entre Barcelonnette et le Col de la Cayolle, par les gorges du Bachelard. Je sais juste que le Touring Club de France, qui cherchait à développer le tourisme cycliste puis automobile, y a participé, et qu'en 1911, la route n'était pas encore ouverte.

Après que la première Guerre Mondiale ait retardé la finalisation de ce projet (comme de bien d'autres), ce n'est qu'en 1920 que la route a officiellement été classée "route nationale", sous le n° 202.

Panneau du Col de la Cayolle, en 1948 (photo Internet)
—> Plus de détails : Col de la Cayolle sur Wikipédia

A noter que, dès 1900, la construction de la route de la Cayolle s'insérait dans un projet plus global de Route des Alpes (devenue Route des Grandes Alpes en 1950). L'intérêt de ces liaisons routières était certes stratégique, mais déjà pointait la dimension touristique, y compris à vélo!

Pour quelle raison la route actuelle a-t-elle été tracée à environ 300 m à l'ouest de l'Ancien Col de la Cayolle?

Tout d'abord, il est bon de préciser qu'il ne s'agit pas du même col géographique mais de deux cols différents séparés par une éminence qui dépasse d'assez peu l'altitude des deux cols.

En ce qui concerne la modification du tracé, je n'ai pas trouvé l'explication officielle. Souvent, il s'agit d'une question pratique en vue d'améliorer le profil de la route par rapport au sentier muletier : obtenir une courbe plus douce ou une pente moins forte. On peut aussi préférer contourner une zone qui aurait nécessité, pour élargir le passage, des travaux plus conséquents (rochers gênants, par exemple)… Dans le cas qui nous intéresse, il est judicieux de remarquer que l'altitude du nouveau col (2326 m) est inférieure de 12 m à celle de l'ancien (2338 m), ce qui peut aussi être un excellent motif pour le choix d'un nouveau tracé. Bref, il peut y avoir plusieurs explications.

Comment trouver l'Ancien Col de la Cayolle?

Naturellement, il faut d'abord commencer par se rendre au Col de la Cayolle, dans sa version actuelle, ce qui demande une petite trentaine de kilomètres en venant de Barcelonnette (route nord) et un peu plus de 20 km à partir de Saint-Martin-d'Entraunes (route sud).

Col de la Cayolle (2326 m)
Ensuite, il n'y a plus qu'à se diriger vers l'est, à travers la prairie, dans une direction à peu près perpendiculaire à l'axe de la route. L'Ancien Col de la Cayolle est quelque part par là, à 300 m à vol d'oiseau du col actuel…

Prairie, entre le nouveau et l'ancien Col de la Cayolle
Sur la photo ci-dessous, l'Ancien Col de la Cayolle se situe au niveau du névé.

Vue de l'Ancien Col de la Cayolle
Un indice indubitable!

On ne peut pas se tromper : une borne frontière marque l'emplacement du col.  Sur la face sud de la borne figure une Croix de Savoie.

Face sud de la borne : la Croix de Savoie
Sur la face nord, la borne a conservé la fleur de lys, symbole de la monarchie française.

Face nord : la Fleur de Lys
Même si c'est un peu décevant pour les puristes, il faut savoir que la borne visible sur le site n'est qu'une copie, l'originale ayant été déplacée pour être conservée à Entraunes, à l'abri des dégradations dues à l'usure du temps.

Borne originale, à Entraunes (photo Internet, 2002)
Un second moulage en résine de la même borne a été implanté sur la place du village d'Entraunes dans le but de valoriser le patrimoine historique local.

Copie de la borne sur la place d'Entraunes (photo Internet, 2009)
Pourquoi y a-t-il une borne frontière à cet endroit?

Aujourd'hui, le Col de la Cayolle se situe à la limite entre deux départements français : les Alpes de Haute-Provence au nord et des Alpes Maritimes au sud. Mais il fut un temps où ce col marquait la frontière entre deux royaumes.

D'après les informations figurant sur le site Bornes frontières (d'où sont extraites les deux photos ci-dessus), un procès verbal dressé en 1761 fait état d'une borne portant le n° 9 et érigée à cet endroit dès 1718, sous la régence. « Laquelle n'étant point solide, nous l'avons fait rassurer », révèle ce document.

L'établissement d'une frontière au Col de la Cayolle résultait de deux traités. Le premier, le traité d'Utrecht (en 1713), détachait la vallée de l'Ubaye du Comté de Nice, et donc de la Savoie, en faveur du royaume de France. Par le second, le traité de Paris (en 1718), le régent Philippe d'Orléans cédait Entraunes et Saint-Martin-d'Entraunes à Victor-Amédée II, roi de Sicile et duc de Savoie. La pose d'une borne frontière en 1718 matérialisa donc ces accords.

La borne, telle qu'elle se présente aujourd'hui, porte gravés les millésimes "1761" (règne de Louis XV) ainsi que "1823" (règne de Louis XVIII). Voici pourquoi…

En 1760, sont signés deux nouveaux traités (Turin puis Paris), qui débouchent sur une rectification de frontière. Ça ne change rien pour le Col de la Cayolle, dont la borne est cependant vérifiée et consolidée en 1761, année qui se trouve alors gravée dans le grès.

De 1793 à 1814, le col n'est plus sur la frontière, les Alpes Maritimes étant devenues provisoirement le 85e département français.

Ce n'est qu'en 1823, huit ans après la restitution du Comté de Nice au Royaume de Sardaigne, que sont entreprises les vérifications et les restaurations des bornes frontières de tout le secteur. Une seconde Croix de Savoie est dessinée par dessus l'ancienne et le millésime "1823" gravé sur la borne.

En 1860, le Comté de Nice est concédé par le roi de Sardaigne, Victor-Emmanuel II de Savoie, suite à un accord avec l'empereur Napoléon III, et il est de nouveau rattaché à la France. La borne frontière n'est cependant pas retirée, bien qu'elle n'ait plus de raison d'être.

Un témoignage du passé

Même si le tracé de la route au début du XXe siècle a éloigné le promeneur et le voyageur du col initial, même si le souci de la conservation du patrimoine historique, au début du XXIe siècle, a conduit à la mise à l'abri de la borne originale, il reste aujourd'hui à l'emplacement historique du Col de la Cayolle un témoignage de ce passé, qu'il est toujours séduisant de découvrir (ou redécouvrir) au détour d'une prairie alpine, et au royaume… des marmottes!…

Claude
Photos personnelles 2014, sauf mention contraire

Ancien Col de la Cayolle, juillet 2014

mardi 16 septembre 2014

TRÈFLES DE L'ÎLE-DE-FRANCE : LE TRÈFLE ADAMOIS, avec JPB

C'est la 3e fois que je boucle ce Trèfle Adamois, l'un des quatre Trèfles de l'Île-de-France (voir la présentation des Trèfles sur mon site).
Ma précédente participation, en solo, remontait à mars 2014 : voir le compte-rendu.

Cette fois-ci, j'ai eu le plaisir de faire découvrir le nord de la région Île-de-France à mon ami Jean-Pierre, dit JPB. Il a lui même publié précédemment, sur le blog de "la-ptite-reinette-2", des articles auxquels j'ai emprunté quelques extraits.

CIRCUIT n° 3 : 101 km - D+ 670 m
  • Contrôles à : L'Isle-Adam, Moisselles et Ermenonville (Oise)
  • Date : Vendredi 5 septembre 2014
  • Départ réel : Saint-Witz
  • Voir l'article de JPB : Circuit n° 3
Nous avons commencé par le circuit le plus long qui fait plus de 100 km, entre L'Isle-Adam et Ermenonville. JPB a noté que nous l'avions parcouru à la moyenne de 24 km/h. Il faisait gris et j'avais oublié mon appareil photo dans la voiture. La photo ci-dessous a été prise deux jours plus tôt, à Ermenonville, lors de mon passage avec Marie-Ange sur l'un des parcours de l'Étoile de Paris.

Ermenonville
En cette occasion, j'ai pu tester avec succès l'itinéraire alternatif pour éviter l'échangeur de La Croix Verte, une variante aimablement proposée par Bernard Mareuil, responsable des Trèfles de l'Île-de-France pour le Levallois SC.


CIRCUIT n° 2 : 76 km - D+ 540 m
  • Contrôles à : L'Isle-Adam, Bornel et Chantilly (Oise)
  • Date : Mardi 9 septembre 2014
  • Départ réel : L'Isle-Adam
  • Voir l'article de JPB : Circuit n° 2
C'est le plus court des trois circuits avec ses 76 km (un peu moins même si j'en crois le GPS) mais il propose l'ascension la plus difficile avec la côte des Princes.

Au départ, pour la première fois, j'arrive à paramétrer le GPS pour qu'il nous guide. En revanche, je fais une mauvaise manipulation qui stoppe l'enregistrement du parcours effectué. Ne sachant pas comment annuler mon opération, je n'y touche plus et, au bout de quelques minutes, le GPS s'éteint! Je laisse le pilotage en mode feeling personnel jusqu'à Bornel, où nous nous arrêtons pour effectuer notre premier pointage… Tandis que Jean-Pierre sollicite des coups de tampon à la Poste, je relance le GPS, qui nous guidera tant bien que mal sur la suite du parcours.

JPB pointe à la Poste de Bornel
En arrivant à Chantilly, je fais pointer nos cartons dans une boulangerie, où j'achète deux petits pains aux raisins, pour une dégustation qui est maintenant devenue une tradition lors de nos balades ensemble.

Ensuite, Jean-Pierre découvre avec intérêt la route pavée qui longe le château : « une vraie route pavée longue de cinq cent mètres environ, séparant les grandes écuries et l'hippodrome sur notre droite, et le magnifique château de Chantilly entouré de ses douves, sur notre gauche. »

Route pavée devant le Château de Chantilly
Comme le dit JPB dans son article, « une halte découverte, admiration et photos s'impose ».

JPB devant le Château de Chantilly
Jean-Pierre est impressionné autant par les énormes carpes qui pullulent dans les douves que par les joyaux architecturaux qui nous entourent.

Les douves du Château de Chantilly, avec au fond, les Grandes Écuries
Au cours de la traversée de la forêt de Chantilly, une rencontre sympathique, que JPB, poète, décrit ainsi : « Dès le début de cette petite route, nous ralentissons subitement car une famille de trois cervidés est arrêtée au milieu de la chaussée et nous regarde, sans crainte. C'est beau la nature ! »
J'ai eu le temps de dégainer mon appareil photo, mais trop loin, trop sombre : résultat peu intéressant… J'en serai quitte pour faire une photo un peu plus lumineuse quelques minutes plus tard, avec un autre genre d'animal, au beau pelage jaune et vert qui se fond bien dans le décor!

Route forestière près des étangs de Commelles
Nous arrivons aux Étangs de Commelles, en vue du château de la Reine Blanche…

Château de la Reine Blanche, au bord des étangs de Commelles
Entre Coye-la-Forêt et Lamorlaye, j'ai toujours du mal à trouver le bon parcours. Trois fois que j'y passe, et trois itinéraires différents! Cette fois-ci, je compte sur mon GPS, mais lui et moi avons du mal à nous entendre. Au lieu de m'aider, ce feignant se contente de devenir tout noir et d'afficher "hors circuit"… Avec ça, je suis bien avancé! Heureusement, j'ai toujours ma carte routière à disposition, ce qui nous permet de revenir rapidement sur le parcours.

Pour la suite, je laisse la parole à JPB : « On passe ensuite devant l'Abbaye de Royaumont, que nous ne verrons pas par ma faute (ne me demandez pas pourquoi, je ne sais pas !) pour arriver à Viarmes. Ma décision, bizarre après coup, avait peut-être été conditionnée par l'annonce faite par Claude de l'arrivée, à la sortie du pays, de la terrible Côte des Princes, dans la forêt de Carnelle. Ça, c'est de la côte : juste après les dernières maisons s'offre à vous un mur rectiligne, qui débute à 8 ou 9%, avec un premier palier, qui s'arc-boute à 18, 19%, avec un second palier toujours vers 9%, puis une succession de trois ou quatre autres changements de pourcentages dans le genre ! Quand vous arrivez sur les re-plats à 9%, vous avez immédiatement une impression de facilité et cela semble être juste un faux-plat ! »

En redescendant sur l'autre versant, comme nous passons à proximité de la Pierre Turquaise, j'invite JPB à une nouvelle halte… Je ne répète pas ici ce que j'ai déjà expliqué dans un précédent article à propos de ce vestige mégalithique.

JPB devant l'allée couverte de la Pierre Turquaise (forêt de Carnelle, Val d'Oise)
Puis ce sera un retour sans histoire jusqu'à L'Isle-Adam.

A l'arrivée, je totalise  9 215 km ... RECORD BATTU, car l'année dernière, au 31 décembre, je totalisais 9214 km, ce qui constituait mon record de kilomètres parcourus au cours d'une même année. Je précise que je n'ai pas fait exprès de battre ce record d'un seul kilomètre!

Je laisse la conclusion à JPB : « Encore tous mes remerciements à Claude, qui a su décrypter, en amont, toutes les routes et les rues, sournoisement dépourvues de panneaux indicateurs, à croire que les gens de la D.D.E. et les employés municipaux, prennent un malin plaisir à nous voir chercher nos routes, un peu vicieux les gars, non ?!… Il y a parfois un monde entre le dessin sur la carte et la réalité sur place et trouver la bonne route, à certaines intersections, relève d'un peu de tâtonnement, de sens directionnel, d'intuitions et de chance parfois, mais beaucoup d'aller-retour pour ceux qui l'accomplissent la première fois. »

Devant la Pierre Turquaise (Merci à Jean-Pierre pour la photo)

CIRCUIT n° 1 : 78 km - D+ 750 m
  • Contrôles à : L'Isle-Adam, Nucourt et Hénonville 
  • Date : Mardi 16 septembre 2014
  • Départ réel : L'Isle-Adam
  • L'article de JPB : Circuit n° 1
C'est le plus vallonné des trois circuits et on est tout de suite dans le vif du sujet. Après avoir franchi les bras de l'Oise qui entourent le château Conti, on enchaîne de belles côtes avec des passages à 11%. Entre les deux, nous sommes allés jeter un coup d'œil au Moulin de la Naze.

JPB au Moulin de La Naze
À Nucourt, pointage oblige, nous rendons visite à la boulangère et nous en profitons pour dégusté des pains au raisin, en-cas traditionnel de nos escapades en commun.

Boulangerie de Nucourt
À Hénonville, nouvel arrêt dans une boulangerie pour faire tamponner nos cartes de route, mais comme le dit JPB dans son article : « Cette fois sans goûter à notre viennoiserie préférée, nous sommes raisonnables. »

Après Nesle-la-Vallée, c'est le retour à Parmain. Jean-Pierre apprécie de redescendre « cette côte ardue qui nous a cueillis à froid au départ. »

Devant le château Conti, nous nous prenons mutuellement en photo, avant de quitter L'Isle-Adam.

Château Conti, à L'Isle-Adam
Cette fois encore, je laisse la conclusion à JPB : « Ce fut encore une bonne randonnée sur des routes inconnues pour moi et toujours très intéressantes à tous les niveaux. Encore une fois merci à Claude qui nous facilite le parcours en l'ayant déjà décrypté car à certains endroits il faut s'appeler Madame Soleil ou Nostradamus pour trouver la route du parcours. »

Claude
Photos personnelles, septembre 2014

samedi 13 septembre 2014

LEVALLOIS-HONFLEUR 2014, vu par JPB

Je me permets de reproduire ici l'article de mon ami Jean-Pierre B. qui porte un regard bien sympathique sur notre week-end à Honfleur…

Claude

Le gros problème quand on décide de faire le Levallois-Honfleur, ce n'est pas seulement les 216 km à couvrir, ni la couleur du ciel ou la direction du vent, mais c'est aussi souvent la question du retour Honfleur/Levallois !
J'ai résolu le mien avec le concours du Club des Cyclos Saint-Mauriens qui organisait un retour en car le dimanche et qui ont bien voulu m'accepter.
Je remercie donc Claude S. et Marie-Ange, pour m'en avoir parlé, Alain C. et Francois D., respectivement Président et Secrétaire de ce Club, pour leur parfaite organisation et tous les Saint-Mauriens et Saint-Mauriennes pour l'accueil qui m'a été réservé au sein de leur groupe.
Soulignons encore une fois la parfaite organisation de François D. qui dès le premier contact m'a informé qu'il s'occupait de tout : inscription à la randonnée, réservation de l'hôtel ainsi que ma place dans le car et de celle de mon vélo dans la remorque prévue à cet effet, pour le retour sur Saint-Maur, réservation pour le repas du samedi soir, etc. etc., celui de dimanche midi restant libre.

Vendredi 12 après-midi, je confie mon sac à Marie-Hélène et à Alain C. à Saint-Maur.

Samedi matin, réveil à 3h30. Je me rends à vélo à la gare du RER à Boissy-St-Léger pour prendre, à 5h04, le premier train dans lequel je me retrouve avec un couple Villecresnois. Lui, c'est Gilles, un “gros moteur”, et il a roulé avec Daniel P. sur le Tour du Mercantour. Elle, Chantal, se joindra au groupe des Saint-Mauriennes. Nous récoltons quelques cyclistes à Sucy et nous faisons le plein au Parc de Saint-Maur avec les vingt-six Saint-Mauriens.

Station Charles-de-Gaulle - Étoile
Cette troupe, insolite et hétéroclite débarque sur le quai du métro, à Étoile, pour ensuite se laisser glisser jusqu'au Gymnase Marcel Cerdan, 146 rue Danton à Levallois-Perret, lieu de départ.

Dans les rues, autour de l'Arc de Triomphe, nous croisons la faune des noctambules qui, aux portes des boîtes de nuit, résistent encore pour rester éveillés et essayent de digérer leur énième verre d'alcool. Ils sont étonnés et nous encouragent.

Arrivée au gymnase Marcel Cerdan : une queue s'est formée dans la rue en attendant l'ouverture à 6h15 et la remise des enveloppes avec les plaques de cadres.
François D., comme annoncé, s'occupe de récupérer les enveloppes et nous les distribue.

Après avoir fixé nos numéros sur le devant du guidon, le départ réel s'effectue à six heures quarante : je démarre avec Claude et cinq ou six “bleu et jaune”. Les filles formeront un groupe “étau”, accompagnées entre autres de Jean-Pierre M. et d'Alain C.

Nous progressons au milieu de cette gigantesque chenille colorée de cyclistes, certains ne prennent même pas la peine d'accrocher une lumière ! Après avoir franchi la Seine, nous sommes très vite au pied du pont de Suresnes pour attaquer la première côte qui nous remonte sur le plateau, à l'hippodrome de Saint-Cloud, puis après une dernière petite rampe, nous sommes sur le plat à Vaucresson mais avec 14° seulement et dans la brume.
Contrairement à nous, le jour a du mal à se lever.

Me connaissant lent au démarrage et prudent, je laisse filer Claude, ses copains et le Villecresnois. Je suis de loin leur petite loupiote rouge qui rapetisse au fil des mètres et des pourcentages de la pente, je suis quand même à 26 km/h.

Je poursuis mon parcours en sautant de paquets en groupes, dernière côte entre Montainville et Andelu et j'arrive au premier contrôle, juste sous le château de Thoiry. Je n'ai malgré tout pas trop mal roulé, puisque je retrouve Claude et le groupe des quatre Saint Mauriens et je me joins à eux pour repartir.

Le ciel est maintenant dégagé, le soleil étincelant, et la température grimpe gentiment. Nous suivons la roue d'Olivier qui sera pratiquement toujours devant. Il veut arriver le plus tôt possible à La Bonneville-sur-Iton, lieu du ravitaillement de mi-parcours, car il récupère sa compagne qui, venue en train, finira les derniers 100 km avec lui.

Olivier (à dr.), Claude (au centre), devant Jean-Pierre (photo de l'organisation)
Au bout de seulement quelques kilomètres, nous ne sommes plus que deux avec Claude derrière notre locomotive et nous arrivons, vers 11h, au 118e kilomètre, à La Bonneville-sur-Iton.
Nous retrouvons Daniel P., qui lui, est prêt à repartir. Nous prenons notre temps pour avaler notre repas, assis au soleil. Les discussions vont bon train avec les Saint-Mauriens retrouvés.

Pique-nique à La Bonneville-sur-Iton
Je salue le copain de James du club de Pantin qui, avec les jeunes de son club, a l'air de marcher fort. Au moment de notre départ, Claude croise Marie-Ange et les filles qui viennent d'arriver.

Nous ne repartons que tous les deux maintenant pour faire les soixante kilomètres qui nous séparent du dernier ravitaillement, puisque Olivier reste avec sa compagne.

Jean-Pierre, suivi comme son ombre…
Départ à allure prudente mais très vite, un groupe nous aspire. Ça roule vite, à 35 km/h. Une cyclote figure parmi ces costauds et ne semble pas mollir. Après une traversée difficile d'agglomération, à cause de la circulation et des feux, nous sommes décramponnés du groupe. Je suis Claude, en excellente forme, qui me tire à 38 km/h sur la grande ligne droite d'au moins trois kilomètres qui suit la sortie du pays, pour recoller à notre ancien peloton. Un cyclo qui s'est accroché à nous félicite Claude pour son “run”.

De relances en relances, nous atteignons le dernier point de contrôle à Appeville-dit-Annebault.
Court arrêt, rafraîchissement et remplissage des bidons pour les 36 derniers kilomètres. Comme tout à l'heure, la remise en cadence est toujours un peu laborieuse surtout qu'il commence à faire chaud. De nouveau, nous sautons sur les roues d'un groupe qui vient de nous dépasser. Je limite la casse en restant à l'arrière, Claude est bien plus fringant que moi. A Conteville, il reste vingt kilomètres environ, je lâche prise et je termine un peu en roue libre.

C'est toujours un immense plaisir d'apercevoir enfin ce joli port d'Honfleur où nous arrivons, sur quelques mètres de pavés, entre une haie de spectateurs, quelques curieux mais aussi beaucoup d'accompagnateurs et les familles des randonneurs. Il est 16h05, Claude est arrivé depuis cinq bonnes minutes et range un outil car il vient de dépanner trois vététistes qui font de la balade entre Deauville et Honfleur. Un coup d'œil sur mon compteur qui m'annonce 28 km/h de moyenne avec 1050 mètres de dénivelé sur ces 216 kilomètres.

Nous pénétrons dans le Grenier à Sel pour faire pointer nos cartons, récupérer notre sac et le bidon offert et surtout se restaurer et nous rafraîchir. Nous ne sommes pas tout seuls, puisque nous apprenons qu'il y a eu 2 740 inscrits sur cette 30ème édition. Une foule attend dehors les arrivants qui se succèdent d'un flot incessant, en gros, entre quatorze et dix-huit heures.

Une image insolite : deux épouses attendent leurs maris avec deux canettes de bière, le décapsuleur et les deux verres sur un plateau : belle et sympathique initiative Mesdames qui fait énormément plaisir à ces deux privilégiés qui arrivent tout sourire!

La douche est une formalité puisque l'hôtel « Ibis » est à deux pas du port, en face de la gare routière. Je reviens au Grenier à Sel pour applaudir les sept Saint-Mauriennes qui empochent la coupe des plus nombreuses, le club étant quatrième avec 29 participants (pas de cumul, donc une seule coupe pour le club).

Les filles de Saint-Maur à leur arrivée
Puis c'est le tirage au sort des lots offerts par l'organisation : quatre vélos à gagner, entre autres. C'est un gars de Brunoy qui ramènera un « Lapierre ». Un des ses collègues me dit qu'en sept participations à ce tirage, c'est le quatrième vélo qu'ils gagnent ! Bonne chance. Moi j'ai oublié mon carton dans ma chambre !

Après regroupement en début de soirée à l'hôtel, nous nous retrouvons, vers vingt heures, au
« Chat qui Pêche », petit restaurant près du vieux bassin. Nous sommes réunis, presque une trentaine (les deux Villecresnois sont présents), dans une petite salle au premier étage, qui nous est réservée. Discours de François D. pour résumer cette première partie du week-end. L'ambiance est fort agréable. Extinction des feux vers 23h, après une petite balade digestive le long du port, pour revenir à l'hôtel.
Je partage la chambre avec François D.

Dimanche matin, nous suivons François D., qui nous a organisé un « décrassage vélocipédique». Nous sommes une dizaine de cyclistes dont, Claude et deux féminines, Marie-Ange et Gaby. Nous allons découvrir le Pont de Normandie qui saute par-dessus l'estuaire et nous sommes surpris de nous retrouver face à une pente à 9 % pour atteindre le sommet. En redescendant, côté Le Havre, il faut se méfier des coups de vent, en sortant de l'abri des piles du pont.

Pont de Normandie (photo François D.)
Puis ce sera une balade, sur la petite route côtière en direction de Trouville-Deauville, jusqu'à mi-parcours, pour découvrir la mer en descendant sur la petite plage de Villerville. La descente s'amorce à 14 % pour se terminer à 9 %, et bien entendu il faudra remonter ces pourcentages pour rentrer !

Villerville
Eric éclate sa roue arrière dans la descente. Démontage et remontage d'une nouvelle chambre à air et «pan», la nouvelle chambre re-éclate ! En examinant son pneu, il constate une fente de 5 mm sur le bord, près de la jante, provoquée par un patin fixé trop haut. Comme c'est un cycliste d'expérience, il a un pneu neuf et il peut remplacer le défectueux en ayant au préalable rabaissé quelque peu ledit patin ! Cela nous a retardés et nous regagnons Honfleur à tombeau ouvert, les deux cyclotes et quelques-uns des Saint-Mauriens étant repartis devant, car il faut se doucher, regrouper nos vélos et nos sacs, manger et être opérationnels à 14 h précises, heure d'arrivée de notre car du retour !

A l'hôtel, nous restons quelques-uns pour attendre François qui collecte les sacs dans notre chambre, la 202, les vélos étant stockés dans l'arrière-cour de l'hôtel et c'est vers midi que nous partons en chasse dans un petit resto sympa et pas cher ! De fil en aiguille, nous arrivons sur la place de la célèbre église en bois d'Honfleur. Moi, j'ai déjà testé avec Michel W., Bernard O. et Alain A. la bonne table du restaurant « la Lieutenance ». Après un coup d'œil aux prix et un vote rapide, avec François, Claude, Marie-Ange, Jean-Pierre M., Jean-Pierre L. et Gaby nous décidons de nous installer autour de la table que le Maître d'Hôtel nous présente. Nappe, serviette en tissu, cet établissement a une certaine classe, l'addition est correcte et en plus les plats sont bons ! Nous terminons rapidement notre dessert alors que François est parti devant pour réceptionner le chauffeur du car.

Il faudra plus d'une heure pour installer la trentaine de vélos dans une remorque fermée, presque aussi imposante que le car. François en a mouillé le tee-shirt !

Merci François !
Départ d'Honfleur, toujours sous un éclatant soleil et une chaleur aoûtienne vers 15h ; arrivée à St Maur, Place des Marronniers vers 18h !

Je quitte les “jaunes et bleus” et les remercie encore pour cet excellent week-end, et pour leur très bonne organisation. Je rentre par le R.E.R à Boissy, où Michèle m'attend.

Enorme chance d'avoir pu bénéficier d'un temps d'arrière saison comme on aime. Encore une épreuve qu'il faut épingler à son programme. Regrettons de n'avoir été que trois Brévannais engagés sur cette belle randonnée mythique, avec Georges S. et Daniel P. qui a couvert la distance à plus de 31 km/h de moyenne..

Encore Merci aux Saint-Mauriens et à très vite sur le vélo avec vous tous.

JPB
Photos de Claude (sauf mention contraire)

—> Voir l'article de Claude sur le même sujet.