mardi 28 octobre 2014

UN COL DANS LYON : LE COL DE TRION

De passage en banlieue lyonnaise, je suis allé faire un petit tour en ville avec mon vélo. J'en ai profité pour franchir un nouveau col : le Col de Trion! C'est un vrai col, situé juste au-dessus du tunnel sous Fourvière, à une altitude de 266 m, entre la colline de Saint-Irénée (311 m) au sud, et la colline de Fourvière (299 m) au nord-est.

Nous sommes là dans le quartier historique de Lugdunum, non loin du théâtre antique et de quelques autres vestiges de l'ancienne capitale des Gaules.

Col de Trion (266 m)
POURQUOI "TRION"?

Le nom de Trion est très ancien. On le retrouve sur un document datant de 932. Ce n'est pas seulement le nom de la rue (de Trion) et de la place du même nom (qui se trouve à l'emplacement du col) mais de tout le secteur situé autour du carrefour, dans le quartier de Saint Just.

Une histoire de fontaines?

L'une des hypothèses pour expliquer l'origine du nom serait latine : Trion serait la déformation de "Tri Fontius", ou "trois fontaines". Cette étymologie supposée a été en partie confirmée lors de la découverte d'une fontaine romaine, retrouvée en très bon état de conservation vers 1983-1985. La fontaine a été déplacée et installée sur la place de Trion, donc tout près du col.

Ignorant l'existence ce cette fontaine au moment où j'y suis passé, je n'y ai pas prêté attention. Il faudra que j'y retourne!…

Fontaine romaine de la place de Trion, Lyon, 5e arrondissement (photo du net)
… ou de voies romaines?

Malgré l'aspect séduisant de cette explication, il me faut admettre (un peu à regret, car la fontaine est bien belle!) qu'elle est très certainement fausse. En réalité, le col (aujourd'hui "La place de Trion") était dès le début de l'époque romaine un carrefour important de voies romaines.

Trion viendrait donc beaucoup plus probablement du latin "trivium" : les "trois routes". A cet endroit, la voie romaine descendant de Fourvière, cœur de Lugdunum, se séparait en trois pour donner naissance :
  • vers le nord-ouest, à la Voie de l’Océan, qui suivait le vallon jusqu’à Gorge de Loup puis Vaise (par les rues Pierre Audry, Sergent Michel Berthet, etc.),
  • vers le sud-ouest à la Voie d’Aquitaine (rue de la Favorite)
  • et à une voie desservant les quartiers sud de la ville par l'actuelle rue de Trion.
Voies romaines de Lyon autour de Trion, vers -20 av. J.-C.
Un vaste cimetière antique…

Sur le site "Lyon Historique" (http://qse.free.fr/spip.php?article5), on apprend également que, dès avant Jésus-Christ, les abords du col ont servi de cimetière, aux portes de la ville romaine : « Ce carrefour, situé à l’extérieur de l’enceinte présumée de la cité, était bordé de nombreux tombeaux et constituait la plus grande nécropole de Lugdunum, celle de Trion. »

LES ACCÈS AU COL

Pour ceux qui veulent franchir le Col de Trion en vélo, il y a de nombreuses possibilités.

Depuis le sud, on accède au col par la montée (ou chemin) de Choulans, nom d'une rue du 5e arrondissement de Lyon. Cette montée, longue de 1712 m, est la principale voie d’accès à la colline de Fourvière depuis le bord de la Saône (Pont Kitchener, à proximité de l'entrée du tunnel sous Fourvière). Dans les 400 premiers mètres, c'est une rue en forte pente, offrant des passages à plus de 10%. Avec une altitude de départ à 170 m et une arrivée à 266 m, elle compte un dénivelé positif de 96 mètres, la pente moyenne se situant autour 5,6 %. Si possible, éviter les heures de pointe…

C'est par là que je suis monté pour franchir le col.

Début de la montée de Choulans, entre l'autoroute A6 et sa bretelle d'accès
Seconde possibilité depuis la Saône, en partant du Pont de la Feuillée : la grimpette est ardue, par la montée Saint-Barthélemy, avec près de 10% de pente moyenne sur un kilomètre. Il reste alors à parcourir un autre kilomètre en continuant toujours en face de soi jusqu'au Col de Trion.

Depuis le nord-ouest, en partant de Gorge de Loup, on peut aussi y accéder par une belle montée d'environ 100 m de dénivelé sur 2 km.

Depuis l'ouest, plusieurs accès faciles sont possibles à partir de Tassin-la-Demi-Lune, mais ne présentent guère d'intérêt en terme d'ascension.

Claude
Photos et documents trouvés sur Internet


LIENS :

Plus d'infos sur :
—> La Place de Trion, située à l'emplacement du col du même nom.
—> La montée de Choulans sur Wikipédia.
—> Les voies romaines de Lyon (site Lyon Historique)

dimanche 26 octobre 2014

PLAQUES DE COCHER DANS LA DRÔME (OCTOBRE 2014)

RANDONNÉE PERMANENTE 100 COLS EN DRÔME

La randonnée permanente "100 cols en Drôme" n'est pas seulement une occasion d'engranger de nombreux cols… Elle permet évidemment de découvrir ce très beau département de moyenne montagne, mais aussi de faire un brin d'histoire…

C'est notre jeune ami Rémi, demeurant à Valréas et amoureux de la Drôme (il anime un blog sur Skyrock sous le pseudo de grimpeur du 84), qui nous a amenés à nous intéresser aux plaques de cocher, en particulier à celles qui sont implantées dans le département de la Drôme.

Première plaque que nous avons photographiée, à Plaisians : une plaque d'identité communale
A l'occasion de notre troisième séjour dans la Drôme (octobre 2014 : fin de la Randonnée Permanente "100 Cols en Drôme"), pour les apercevoir, nous avons commencé à lever la tête dans la traversée des villages... Ces plaques ont en effet été posées en hauteur (de 2 m 50 à 3 m), au cours du XIXe siècle et au début du XXe siècle, pour être à la vue des cochers perchés sur leur siège.
➜ Au sujet des cochers, voir l'article de Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Cocher

Laux-Montaux : la photo donne une idée de la hauteur à laquelle les plaques étaient posées
Dans la Drôme, on distingue trois sortes de plaques :

1. Les plaques directionnelles, de forme rectangulaire. Celles-ci indiquent le département, le type de route (par exemple, ci-dessous : « Chemin de Grande Circulation n° 14 »). Ensuite la commune d'implantation, suivie de flèches directionnelles avec les principales communes accessibles par cette route, la distance étant indiquée à 100 m près. Nos panneaux actuels sont rarement aussi précis!

Plaque directiionnelle à Saint-Auban-sur-Ouvèze
2. Les plaques directionnelles de carrefours, également rectangulaires et souvent posées sur des pyramidions. Elles se distinguent des précédentes par l'absence de nom de commune, mais aussi par la plus grande taille des plaques, le positionnement vertical et le nombre important d'indications. Enfin, pour ce que j'ai pu en voir, les plaques sont positionnées sensiblement moins haut.

Pyramidion, non loin de Séderon, au carrefour des "CHEMINS À GRANDE CIRCULATION" N° 13 ET 14 (actuelles routes départementales 542 et 546)
En gros plan, l'une des plaques posées sur le pyramidion ci-dessus
3. Les plaques d'identité communales, de forme ovale, qui indiquent le département (dans un chapeau), la commune où se trouve implantée la plaque, puis dans l'ordre, trois communes : le chef-lieu de canton (ex : Séderon), la sous-préfecture ou chef-lieu d'arrondissement (ex : Nyons) et le chef-lieu ou préfecture (ex : Valence), avec le kilométrage mais sans indication de direction.

D'après ce que j'ai pu lire dans une étude d'Alexandre Costantini, spécialiste du sujet (voir son site : Plaques de cocher de la Drôme), la Drôme est l'un des seuls départements français avec la Sarthe où l'on peut voir ce type de plaque.

Plaque d'identité communale d'Eygalayes, ville des eaux

INTÉRÊT HISTORIQUE DES PLAQUES DE COCHER

On observant les plaques de cocher, on apprend une foule de détails.

Par exemple, sur toutes les plaques, on constate que "kilomètre" est abrégé à l'aide d'un "k", placé en exposant et souligné d'un ou deux traits. Aujourd'hui, l'abréviation officielle est "km". En outre, sur tous les panneaux indicateurs, il est admis que les distances sont en kilomètres, de sorte que la mention de l'unité, devenue superflue, a disparu.

Ces plaques nous apportent aussi quelques indices concernant l'évolution des noms de communes.
Par exemple, sur la première plaque photographiée à Plaisians (voir ci-dessus), on peut lire "LE BUIS", commune devenue depuis Buis-les-Baronnies, et dont le nom provençal est "Lou Bouis".

La plaque ci-dessous est à Izon-la-Bruisse, dont le nom s'écrivait donc précédemment "ISON".

Plaque d'identité communale d'Ison, aujourd'hui Izon-la-Bruisse
On voit ici qu'un actuel chemin vicinal (ou CV) s'appelait à l'époque : "Chemin d'intérêt communal" (n° 16), que Laux-Montaux n'était pas encore intégré à "Chauvac-Laux-Montaux" et que "Villebois" ne s'appelait pas encore "Villebois-les-Pins".

Commune de Chauvac-Laux-Montaux, hameau du Laux
Autre intérêt historique et non des moindres : ces plaques ont suffisamment aiguisé ma curiosité pour que, de retour à la maison, je consulte de nombreux sites et que j'apprenne une foule de choses.

J'espère avoir réussi à susciter aussi chez quelques-uns une petite envie d'en savoir plus…

Claude
Photos personnelles


LIENS :

➜ L'article Plaque de cocher sur Wikipédia
➜ Site "Plaque de Cocher" (en France) : AccueilArticle Drôme
➜ Les Plaques de cocher de la Drôme, par Alexandre Costantini : Accueil — Les photos
➜ Article du blog "Tour de France 1959" sur les plaques de cocher

samedi 25 octobre 2014

100 COLS EN DRÔME : RANDONNÉE PERMANENTE TERMINÉE

Ça y est! Après trois séjours dans la Drôme, nous avons enfin terminé cette longue randonnée permanente, proposée par le Club des Cent Cols. Nous avons parcouru au total 1277 km en 23 sorties, et franchi 107 cols avec un peu plus de 26 000 m de D+.

La présentation de cette randonnée et le récapitulatif de l'ensemble de nos parcours se trouvent sur notre site.

Au cours de ce séjour d'octobre 2014, nous avons franchis 23 cols en 6 balades pour un dénivelé cumulé de près de 6200 m. Détail remarquable : aucun de ces 23 cols n'a été franchi en descente!

Nous avons publié sur ce blog des reportages illustrés de chacune de ces superbes balades sous le soleil automnal de la Drôme. Vous en trouverez ci-dessous une présentation sommaire ainsi que les liens vers ces articles.

Les faits marquants et les liens

Le 20 octobre…
Marie-Ange a franchi son 100e nouveau col de l'année 2014, le Col d'Aiguières, au dessus du village de Plaisians…
➜ Voir le compte-rendu : De Buis-les-Baronnies au Col de Geine

En montant au Col d'Aiguières…

Le 21 octobre…
Nous avons franchi le plus haut col routier de la Drôme provençale, le Col de Perty (1302 m), ainsi que six autres cols.
➜ Voir le compte-rendu : Autour de Saint-Auban-sur-Ouvèze.

Col de Perty (1302 m)

Le 22 octobre…
Franchissement du premier des deux cols “de l'Homme Mort” de la Drôme, le "grand" (1213 m), avec de violentes rafales de vent dans la descente vers le Plateau d'Albion.
➜ Voir le compte-rendu : de Montbrun au Col de l'Homme Mort.

Col de l'Homme Mort (1213 m)

Le 23 octobre…
Une belle boucle d'une soixantaine de kilomètres avec trois belles ascensions : le Col d'Ey (718 m), le Col de Soubeyrand (994 m) en aller-retour et le Col de Péruergue (794 m) pour revenir dans la vallée de l'Ouvèze. Au même programme, un quatrième col, plus modeste, le second "Col de l'Homme Mort" (530 m).
➜ Voir le compte-rendu : Entre Buis-les-Baronnies et le Col de Soubeyrand.

Col de Soubeyrand (994 m)

Le 24 octobre…
Le fait marquant du jour, c'est la rencontre avec Rémi (pseudonyme : "grimpeur du 84") que nous ne connaissions qu'à travers son blog. Rémi nous a servi de guide vers le Col de Propiac (526 m), nous a fait découvrir le château de Mérindol et quelques autres curiosités de cette Drôme provençale qu'il adore et qu'il connaît si bien.
➜ Voir le compte-rendu : Autour de Mollans-sur-Ouvèze.

Avec Rémi au Col de Propiac (526 m)

Le 25 octobre…
Dernier parcours de la semaine, et aussi de la randonnée "100 cols en Drôme". De beaux cols et de fortes pentes pour ce final en apothéose, avec notamment le Col de Pierre Vesce (1056 m). 2,3 km seulement mais près de 9% de moyenne et plusieurs passages entre 12 et 14%! Et le Collet de Lemps avec quelques passages entre 10 et 12%, notamment après le village de Lemps.
➜ Voir le compte-rendu : De Verclause au Col de Pierre Vesce.

Col de Pierre Vesce (1056 m)

Homologation

A l'arrivée de cette dernière étape, Marie-Ange avait le sourire : mission accomplie! Il ne restait plus qu'à poster nos cartes de routes pour obtenir notre homologation, ce qui fut fait immédiatement.

Verclause : randonnée terminée!
Nous avons reçu nos diplômes quelques jours plus tard…

Marie-Ange, n° 36…

… et Claude, n° 37

Bilan Club des Cent Cols

Après ce séjour, Marie-Ange totalise désormais 240 cols différents, dont 121 pour la seule année 2014. Ma propre collection atteint 361 cols, dont 180 nouveaux cols en 2014.

Claude
Photos de Claude et Marie-Ange

ENTRE VERCLAUSE ET LE COL DE PIERRE VESCE (100 COLS EN DRÔME)

RANDONNÉE PERMANENTE DU CLUB DES CENT COLS

Retrouvez sur notre site la page 100 cols en Drôme, qui récapitule tous nos articles concernant cette randonnée (séjours d'octobre 2013, d'avril et d'octobre 2014).

Présentation succincte du parcours

Un aller-retour au départ de Verclause, incluant de petites variantes sur le retour, pour un total de 60 km, avec 4 cols, dont un gravi des deux côtés :
  • Col du Reychasset (1052 m), 2 fois
  • Col de Pierre Vesce (1056 m)
  • Col du Laux (883 m)
  • Collet de Lemps (886 m).
D+ cumulé : 1281 m au GPS (1420 m selon Openrunner).
➜ le parcours sur Openrunner.

➜ Toutes nos photos sur Flickr

Le résumé de la journée…

C'est le dernier jour ! Après ce parcours, nous aurons terminé la randonnée permanente "100 Cols en Drôme"! Après une heure de voiture, nous sommes sur place, prêts à démarrer.

Nous quittons Verclause sous un soleil magnifique. Comme annoncé par la météo, le froid et le vent des jours précédents ont renoncé à nous compliquer la tâche! Le paysage, autour du Coustouran, nous séduit immédiatement.

Vue sur le Coustouran
Dix-huit kilomètres séparent Verclause du premier col du jour, le Col du Reychasset. La route s'élève d'abord en douceur sur une douzaine de kilomètres, en suivant la vallée de l'Eygues, puis celle de l'Armalause. Nous sommes aux confins de la Drôme et des Hautes-Alpes.

Environ deux kilomètres avant d'arriver à Laux-Montaux, la pente s'accentue. La véritable ascension commence.

Laux-Montaux
C'est sur le final que la difficulté est la plus corsée. Les trois deniers kilomètres sont à 7% de pente moyenne.

Col du Reychasset (1052 m)
Pour atteindre le col suivant, le Col de Pierre Vesce, nous devons d'abord faire la descente du Col de Reychasset jusqu'à Villebois-les-Pins puis, aller-retour oblige, il nous faudra l'escalader une deuxième fois par son autre versant.

Personnellement, je suis prêt à y aller, mais Marie-Ange hésite… Elle ne se sent pas dans une très grande forme. De plus, le Col de Pierre Vesce lui fait un peu peur avec ses longs secteurs aux pourcentages entre 12 et 15%… Mais comme il fait très beau, elle décide de continuer avec moi.

Premier passage à Villebois-les-Pins
Dès la sortie de Villebois, on attaque la montée vers la Montagne de Pierre Vesce…

Montagne de Pierre Vesce
Le Col de Pierre Vesce, n'est pas long, entre 2 et 3 km à peine, mais comme je l'ai déjà dit, il présente de fort jolis pourcentages.

Profil du Col de Pierre Vesce, depuis Villebois-les-Pins
Le passage de ce petit col costaud mérite d'être immortalisé!

Col de Pierre Vesce (1056 m)
Contrairement au Col du Reychasset, d'où l'on ne voyait pas grand chose, ce col offre quelques belles perspectives.

Panorama au Col de Pierre Vesce
Il offre aussi un cadre idéal pour un pique-nique!

Pique-nique au Col de Pierre Vesce
Le moment est venu de prendre la route du retour. Bien qu'assez courte, la descente sur Villebois-les-Pins n'est pas si rapide qu'on pourrait le croire. Forte pente + virages serrés = prudence!

Retour à Villebois-les-Pins
Après Villebois-les-Pins, il nous faut donc remonter au Col du Reychasset : 4 km à un peu moins de 5% de moyenne. La route est belle et la pente régulière. Ça se monte bien.

Sur la route du Col du Reychasset
Les couleurs de l'automne sont déjà très présentes ici, contrairement aux routes que nous avons sillonnées les jours précédents.

Sur la route du Col du Reychasset
La troisième ascension du jour se termine. Pas d'arrêt pour Marie-Ange…

Col du Reychasset : deuxième passage
Dans la descente, nous n'allons pas jusqu'à Laux-Montaux car nous optons pour une variante. Nous abandonnons la D116 pour la D316, qui va nous permettre de franchir le Col du Laux.

On aperçoit le Col du Laux
Le décor de la route est joli.

En montant au Col du Laux
Le col est en vue… Nous le franchissons bientôt sans y voir de panneau.

Col du Laux
Ces impressions agréables sont malheureusement gâchées par le revêtement de la route. Sur des kilomètres, aux alentours de Chauvac, celle-ci est en effet recouverte de gravillons. Marie-Ange n'aime pas ça du tout. Ces gravillons rendent la descente particulièrement dangereuse. Ils nous obligent à être extrêmement vigilants et nous empêchent de nous reposer correctement après les efforts accumulés au cours des montées. Inutile de dire que le retour sur la D116 et son bitume sont les bienvenus.

A l'approche de Verclause, une nouvelle variante est possible. Au lieu des 2 km en faux plat descendant qui mènent tout droit au parking, un petit supplément de 12 km nous permettrait de franchir le Collet de Lemps… mais pour cela, il faudra remonter à 886 m d'altitude, alors qu'on est à 547 m… Autrement dit près de 340 m de dénivelé!

Voyant que Marie-Ange est très fatiguée, je lui propose d'aller m'attendre à la voiture pendant que je fais la boucle de Lemps… Elle pourrait se le permettre sans compromettre l'homologation de la randonnée permanente car elle a déjà dépassé la distance, le nombre de cols et le dénivelé cumulé. « C'est ce qui était prévu? », me demande-t-elle. Et sans attendre la réponse : « Alors on y va! »

Lemps
On y va, certes, mais ce ne sera pas une simple formalité. Près de 7 km de montée, des passages à plus de 10%… Le Collet de Lemps, notre dernier col franchi sur cette randonnée permanente des 100 Cols en Drôme, n'est pas un "petit" col, malgré son nom qui a tout l'air d'un diminutif!

Pas de panneau au Collet de Lemps (886 m)
Malgré quelques chiens errants qui menacent notre descente, nous finissons par arriver à Verclause…

Verclause
Il était temps. Marie-Ange est moulue. Et il y a de quoi, avec 1420 m de dénivelé en 60 km! Le profil du parcours en atteste!

Profil du parcours
Mais malgré la fatigue, c'est la satisfaction qui domine. Nous avons enfin terminé cette randonnée permanente! (voir le bilan)

Claude
Photos personnelles

vendredi 24 octobre 2014

BOUT DE ROUTE AVEC RÉMI, ENTRE BUIS-LES-BARONNIES ET MALAUCÈNE

Ce matin, c'était la rencontre avec Rémi, racontée dans mon précédent article. Cet après-midi, l'aventure continue, à deux car Marie-Ange a décidé de rester au chalet…

Devant notre chalet à la Fontaine d'Annibal (Buis-les-Baronnies)
Avec Rémi…

Je me propose tout d'abord de raccompagner Rémi sur une partie de son parcours de retour (il lui faut rentrer à Valréas). Mais j'ai aussi une petite idée derrière la tête… Je vais en profiter pour aller glaner quelques mini-cols du Vaucluse dont Rémi m'a parlé et qui se trouvent non loin de sa route de retour.

Dans les starting blocks
Nous reprenons la route de Mollans-sur-Ouvèze, sans gravir le Col Saint-Michel. Une petite route à gauche permet de l'éviter en passant par des Gorges.

Gorges sous le Col Saint-Michel
Cela permet à Rémi de me montrer l'entrée obstruée d'un ancien tunnel ferroviaire, dont l'espace a été transformé en cave.

Les Caves du Tunnel, sous le Col Saint-Michel
Après Pierrelongue, nous profitons d'un bel éclairage naturel pour prendre une petite photo de l'extraordinaire chapelle, juchée au sommet du rocher.

La chapelle Notre-Dame-de-Consolation, à Pierrelongue (photo Rémi)
Nous traversons Mollans-sur-Ouvèze, en admirant au passage son lavoir et sa superbe fontaine…

Fontaine des Dauphins à Mollans-sur-Ouvèze
Nous prenons ensuite la D5 vers Entrechaux. À partir du pont sur le Toulourenc, nous quittons la Drôme pour entrer dans le Vaucluse. Nous commençons la montée vers le Pas du Voltigeur, un petit col homologué qui n'intéresse guère les collectionneurs que nous sommes car il figure déjà dans nos listes respectives.
Celui que Rémi veut me faire découvrir est un peu plus au sud, en dehors de la route principale, et porte un drôle de nom : Tray-le-Col! Selon la carte que j'ai consultée en préparant cette balade, il est accessible par une route goudronnée qui démarre quelques centaines de mètres avant le Pas du Voltigeur. Rémi ne connaît pas cet accès-là car lui, il l'a déjà atteint mais en venant d'Entrechaux. Nous trouvons très facilement l'embranchement grâce à une signalisation irréprochable.

Le chemin de Tray-le-Col, très bien signalé
À la fin du bitume, nous franchissons aisément le col… mais sans le savoir! Rémi, qui y est venu par un autre accès, ne reconnaît pas l'endroit. Quand la route se transforme en piste de terre et continue à monter, nous faisons comme elle!

Chemin de terre, après Tray-le-Col…
La quête du col se poursuit. Par endroits, la pente étant plus forte, il ne reste que de la caillasse. Le passage devient malaisé avec nos vélos de route, mais nous insistons. L'aventure nous amuse…

Pas très loin de Tray-le-Col (photo de Rémi)
Nous en profitons pour prendre de belles photos d'Entrechaux.

Entrechaux
Cependant, Rémi a encore beaucoup de route à faire pour rentrer sur Valréas et préfère ne pas s'attarder davantage. Tant pis pour Tray-le-Col! Nous rebroussons chemin après 300 ou 400 m, et franchissons une nouvelle fois Tray-le-Col… toujours sans le savoir!

Retour à la route (la D13), et franchissement du Pas du Voltigeur qui, pour nous, compte donc pour du beurre…

Rémi au Pas du Voltigeur (328 m)
Le photographe photographié…

Au Pas du Voltigeur (photo de Rémi)
Après Entrechaux, non loin du rond-point qu'on voit sur la photo ci-dessous, Rémi me montre l'embranchement pour aller au Collet de Marin… J'y reviendrai seul tout à l'heure.

Rond-point à Entrechaux
Poursuivant sur la route de Malaucène, nous franchissons ensemble le Pas du Loup, un col très facile qui est nouveau pour moi.

Pas du Loup (285 m)
Peu après, le moment est venu de nous séparer, non sans que Rémi m'ait expliqué comment me rendre au Col de Vaillant. Je n'ose pas souhaiter "bon vent" à Rémi, car je sais qu'il en aura du vent, mais qu'il sera défavorable sur la suite de son parcours…
Message personnel : Rémi, nous sommes ravis de t'avoir rencontré! Nous avons eu beaucoup de plaisir à partager ces quelques heures avec toi. A une prochaine fois!…

Dernier souvenir de cette rencontre : le "selfie" de Rémi!
Suite de l'aventure en solo…

Suivant les  indications de Rémi, j'arrive rapidement au Col de Vaillant, à ne pas confondre avec le Collet de Vaillant! Même s'il n'est signalé par aucun panneau, le premier est un vrai col, homologué par le Club des Cent Cols (Code CCC : FR-84-0330).

Col de Vaillant (330 m)
Le second, en revanche, n'est pas un col et n'est donc pas reconnu par le CCC, qui explique ainsi son refus : « Ce "collet" est une colline ("collet" est le diminutif de "colle", du latin "collis" c'est-à-dire "colline"). Le panneau de randonnée pédestre indique une altitude de 282 m, donc le pied de la colline. Il ne correspond pas à ce qu'indique la carte. »
J'ai vu ce Collet de Vaillant mentionné sur au moins trois panneaux de randonnée. Son altitude au sommet est de 361 m. Un code et un lien du CCC permettent d'en visualiser l'emplacement : FR-84-0282.

Le Collet de Vaillant (à gauche) avec, au fond, le Mont Ventoux
Curieusement, un autre collet tout proche est quant à lui un col authentique. Il s'agit du Collet de Marin, reconnu par le CCC. Dans ce cas, "collet" est un diminutif de "col" (et non de "colle" comme le précédent!). Cela vient du latin "collum" qui a le sens de "cou". Rien à voir avec "collis", la colline. C'est curieux que les désignations locales aient conservé deux mots identiques pour des réalités si différentes. Seul caractère commun des deux types de collets : pour y aller, on monte! C'est d'ailleurs bien ce que je fais pour atteindre le Collet de Marin!

Le Collet de Marin (312 m)
Contrairement à ce que pourrait laisser penser la photo, prise en me retournant après avoir sensiblement dépassé le sommet, la route est goudronnée jusqu'au collet.

Je redescends par la même route. De retour à Entrechaux, je m'entête à prolonger la saga "Tray-le-Col"! Ignorant que je l'ai déjà franchi deux fois avec Rémi, je repars à sa recherche!
Après diverses hésitations, quelques renseignements sollicités auprès de promeneurs, un bout de route goudronné suivi d'un bout de piste en terre, j'arrive enfin au col… et je reconnais l'endroit où nous sommes passés tout-à l'heure avec Rémi!
Pas de panneau, mais une dame interrogée sur place me le confirme : « Vous y êtes! ». Mission triplement accomplie!

Tray-le-Col, avec le Mont Ventoux en perspective…
Je n'ai plus qu'à rentrer au bercail, non sans ajouter en cours de route quelques nouvelles photos à ma collection du jour, notamment cette vue de l'étang de la Gardette, aperçu depuis la D5, près de Cost (lieu-dit, sur la commune de Buis-les-Baronnies)…

Étang de la Gardette, dans une boucle de l'Ouvèze
Au retour de cette balade de l'après-midi, j'ai 5 cols de plus dans la musette (dont 4 nouveaux) : Tray-le-Col, Pas du Voltigeur, Pas du Loup, Col de Vaillant, Collet de Marin.

En tout, avec le parcours du matin, ça me fait 89 km, 1340 m de D+, 9 cols dont 6 nouveaux, et 1 super Rémi en cadeau! Quelle belle journée!

Claude
Photos personnelles (sauf mention "Rémi")

LIENS

➜ Voir l'article de Rémi : Rencontre avec Claude et Marie-Ange dans les Baronnies Provençales
(ses articles associés, avec les photos complémentaires : série 2 - série 3 - série 4 - série 5)