vendredi 1 septembre 2017

DE FITOU AU MONT TAUCH (AUDE)

Dans un précédent article, Le Mont Tauch, ascension la plus dure des Corbières, j'ai présenté ce sommet ainsi que mes principales motivations pour m'attaquer à son ascension. Pour faire d'une pierre deux coups, j'ai mis au point un itinéraire me permettant de franchir en outre quelques cols homologués par le Club des Cent Cols.

Tuchan et le Mont Tauch

Données de la sortie
  • Départ : Fitou (Aude)
  • Distance : 112 km 
  • D+ : 2245 m
  • Sommets : 1
    • Mont Tauch, Tour des Géographes, 873 m
  • Cols homologués CCC : 6
    • Col de Ventenac, 145 m
    • Col de la Porte, 207 m
    • Col del Bouix, 208 m
    • Col de les Alzines, 135 m
    • Pas de Jala, 165 m
    • Col de la Sabine ou Coll de la Sabina, 373 m
Le Col de Ventenac au retour

De Fitou à Tuchan

Je démarre donc de Fitou, dans l'Aude, un terroir de vignobles.

Eglise de Fitou
J'emprunte une petite route, entre roches rouges et garrigues et très vite, je franchis sans m'en apercevoir un premier col : le Col de Ventenac (145 m).

Roches rouges
J'entre bientôt dans le département catalan des Pyrénées Orientales, au milieu d'un décor d'éoliennes qui, malgré un vent non négligeable, sont presque toutes à l'arrêt. Etrange…

Pyrénées Orientales et éoliennes à l'horizon
Je poursuis ma route sans voir personne, avec l'impression d'être un peu perdu au milieu de nulle part, jusqu'à ce que j'arrive à Opoul.

Opoul
Montées et descentes s'enchaînent ensuite jusqu'à Vingrau, au cœur du Terroir d'Appellation d'Origine Contrôlée "Côtes du Roussillon Village Tautavel".

Vingrau et ses environs
Au sortir de Vingrau (alt. 139 m), je remonte par la D12 pour franchir le Pech de Genièvre. A son point le plus élevé (alt. 301 m), la D12 catalane se métamorphose en D39 audoise…

Frontière Catalogne - France
… et me revoilà dans l'Aude…

Département de l'Aude
Au moment d'amorcer la descente vers Tuchan, je m'arrête pour photographier la Montagne de Tauch, dont on reconnaît aisément la forme de "table" très caractéristique.

Montagne de Tauch
Un cyclo venant de Tuchan s'arrête alors à ma hauteur et engage la conversation. J'apprends (entre bien d'autres choses) qu'il vient de Rivesaltes et qu'il profite d'une journée "sans vent" pour se balader dans l'arrière-pays.  Je traduis pour les non initiés :  dans la région, sans vent veut juste dire que le vent ne dépasse pas les 50 km/h!!!

Mon nouvel ami semble disposé à me détailler le palmarès de ses trente dernières années de cyclotourisme, ce qui n'est pas désagréable en soi, mais je commence à m'impatienter intérieurement car je n'ai pas emporté d'en-cas. Je compte me ravitailler à Tuchan, à condition d'y trouver un commerce ouvert… Or il est déjà midi! Je parviens finalement à prendre congé poliment et j'atteins à temps la supérette de Tuchan où je peux me procurer ma pitance… Je grignote un morceau à proximité du pied de l'ascension, dont un joli panneau m'indique la direction.

Mont Tauch : suivez la flèche!

De Tuchan au Mont Tauch

Je démarre l'ascension depuis la cave vinicole de Tuchan, qui porte aussi le nom de "Mont Tauch". En la voyant, je comprends que c'est la direction de cette cave que m'indiquait le panneau ci-dessus!
Me voilà parti pour 7,8 km de montée à 9,1% de pente moyenne, avec des maxima avoisinant les 18-20%.
☛ Voir les caractéristiques de cette ascension dans mon article : Le Mont Tauch…

Cave vinicole de Tuchan : Mont Tauch
La direction est de nouveau bien indiquée… Et cette fois, c'est bien celle qui mène au défi du jour!

Direction Le Mont Tauch
Dès le début, je constate que la route est étroite et mal entretenue. Je prends une dernière photo "au vol" pour montrer l'état du revêtement.

Début de la route du Mont Tauch
Pour la suite de la montée, plus de photos. En pédalant, ça devient difficile et dangereux à cause de la forte pente et de l'état de la route. Et comme je compte bien ne pas mettre pied à terre avant le sommet, je décide de réserver les arrêts "photos" pour la descente.

Photo de la montée prise pendant la descente!
Quand on est proche de ses limites, le moindre incident agace, que ce soit lorsque mon GPS cherche à m'envoyer par erreur sur une piste non revêtue, ou lorsque je croise une voiture improbable qui me laisse à peine la place de rouler sur quelques centimètres de bitume… Je m'efforce cependant de rester concentré sur mon objectif…

Les parties les plus raides, entre 15 et 20%, sont vraiment difficiles. La pensée qui me traverse l'esprit, c'est : « Pour l'instant ça tient, mais il ne faudrait pas que ça s'éternise! ». C'est donc avec soulagement que je vois arriver une zone de "replat" à 8-10% (tout est relatif, n'est-ce pas!). Et quand la Tour des Géographes m'apparaît au détour d'un virage, je prends ça comme un heureux présage… Je tiens le bon bout!

La Tour des Géographes
Mètre après mètre, j'approche du sommet. Je n'avance pas vite, mais j'avance… Le vent se montre de plus en plus tonique. Il devient très gênant mais reste gérable. Inutile d'expliquer pourquoi des éoliennes ont été implantées par ici…

Éoliennes au sommet du Mont Tauch
Encore quelques centaines de mètres et la Tour des Géographes est maintenant toute proche : le défi est réussi!

Sommet du Mont Tauch : la Tour des Géographes
C'est le moment de savourer l'instant présent, de recevoir la récompense qui justifie tous les efforts consentis : le sentiment du plaisir accompli… Ça mérite bien un autoportrait!…

Autoportrait au Mont Tauch
Malgré le vent un peu soûlant et malgré les kilomètres qu'il me reste à faire, je ne veux pas repartir sans profiter abondamment du panorama.

Panorama depuis le Mont Tauch
La vue est large et mériterait une photo panoramique… Je me contente de plusieurs prises de vues en variant l'orientation.

Panorama depuis le Mont Tauch (bis)
J'ai du mal à retenir une "photo préférée". Alors je vous laisse le choix…

Panorama depuis le Mont Tauch (ter)
Le moment est venu de prendre la route du retour. Au cours de la descente, je reste très vigilant : je me méfie de la forte pente, du revêtement dégradé… et du vent qui, à certains endroits, doit être souvent particulièrement sévère, à en juger par l'inclinaison des arbres…

Violence du vent
Lorsque les conditions deviennent un peu plus favorables et la rampe moins difficile à négocier, je regarde un peu le paysage, que je n'ai pas eu l'occasion d'apprécier durant la montée. Et je m'arrête régulièrement afin de prendre des photos pour mon reportage.

Vallée du Petit Verdouble
Revenu à Tuchan, je m'accorde, en bon collectionneur de cols, un petit aller-retour de 3 ou 4 km jusqu'au modeste Col de la Porte (207 m).

Col de la Porte
Une dernière fois de passage à Tuchan, je m'offre une boisson fraîche à la terrasse d'un bar. Puis je reprends rapidement la route car je ne cumule que 50 km au compteur. Je n'ai même pas fait la moitié du parcours prévu!


De Tuchan à Fitou en passant par Tautavel

Je prends la route de Paziols, village que je traverse rapidement. Plus loin, quittant provisoirement ma boucle principale, j'effectue un bref aller-retour qui me permet de franchir le petit Col de Bouix (208 m).

Col de Bouix
Puis j'engrange sans m'en rendre compte le Col de les Alzines (135 m), un peu avant d'arriver à Tautavel.

Tautavel
A partir de Tautavel, j'entame un nouvel aller-retour, sous la protection de la roche de Sant Martí.

Tautavel : crêtes de Sant Martí
Je surplombe la vallée du Verdouble, en grimpant sur son versant gauche à la recherche d'un col supplémentaire.

Vallée du Verdouble
J'ai programmé mon GPS pour qu'il me prévienne de faire demi-tour lorsque j'atteindrai le Pas de Jala (165 m). Lorsque le GPS m'alerte, je photographie les ruines qui se dressent sur le site, mais sans conviction car l'endroit ne ressemble guère à un col.

Ruines au Pas de Jala 
Je poursuis donc l'ascension, pour le cas où ma trace GPS serait fausse. Un kilomètre plus loin, j'atteins le plateau, sans avoir trouvé d'emplacement plus convaincant pour situer mon col. En redescendant, je prends une photo plus large du Pas de Jala (plein centre de la photo), que j'ai donc bien franchi tout à l'heure.

Pas de Jala
Je retrouve la vallée du Verdouble…

Vallée du Verdouble
… et longeant la crête de Sant Martí, je reviens à Tautavel.

Crête de Sant Martí
A la sortie de Tautavel, je passe devant l'entrée du musée de la préhistoire.

Tautavel : Entrée du musée de la préhistoire
Tautavel doit sa célébrité en matière de préhistoire au site de la Caune de l'Arago, à proximité des magnifiques Gorges des Gouleyrous.

Gorges des Gouleyrous
L'Homme de Tautavel est un pré-néanderthalien ancien qui vivait il y a 300 000 à 450 000 ans. Rien à voir avec nos Hommes de Cro-Magnon périgourdins, des gamins d'à peine 12 000 à 43 000 ans…

Crâne de l'Homme de Tautavel (photo Wikipédia)
Je rejoins ensuite Vingrau, village catalan que j'ai déjà traversé ce matin.

Vingrau
Mon retour reprend à peu de chose près la route suivie à l'aller. Une montée de 2,5 km me conduit au Pas de l'Échelle, qui malgré son nom et son panneau n'est pas un col homologué. Un cyclo que je rattrape durant cette grimpette m'affirme pourtant qu'on « monte au col »…

Pas de l'Échelle
Toujours à propos de col, un peu avant mon retour à Opoul, je pars en quête d'un dernier trophée pour ma collection, le Coll de la Sabina (373 m), dans les environs du château de Périllos.

Château de Périllos
Parvenu au col, j'obéis cette fois à mon GPS qui me suggère de faire demi-tour.

Coll de la Sabina
Comme lors de la montée, je franchis une brèche où le vent souffle en rafales d'une rare violence. La forme des pins ne trompe pas : depuis le début de leur croissance, ils ont dû lutter vaillamment pour résister au vent d'ouest. Toutes les branches sont orientées en sens inverse.

A l'aller, le vent m'a vigoureusement propulsé mais sans me déséquilibrer. Au retour, il me pousse à traverser toute la route latéralement sans que je puisse m'y opposer. Je suis obligé de descendre de vélo si je ne veux pas me retrouver par terre. Il est plus prudent de passer à pied…

Colline du château d'Opoul
Avant de redescendre sur Opoul, je profite du panorama jusqu'à la mer.

Opoul
A partir d'Opoul, j'avais initialement prévu de passer par Feuilla. Ce crochet d'une vingtaine de kilomètres m'aurait permis de franchir deux nouveaux cols : le col de la Peira Dreita et le col del Prat (ou du Pré). Mais vue l'heure tardive, je préfère rentrer sur Fitou par le plus court chemin, le même qu'à l'aller.

Retour à Fitou
Même sans ces deux cols, le bilan reste plus que satisfaisant : 112 km et 2245 m de D+, avec le Mont Tauch et six nouveaux cols à mon tableau de chasse, ce n'est pas si mal.

Claude
Photos personnelles, sauf mention contraire

LIENS :

➜ Toutes les photos sur Flickr
➜ Voir aussi mon autre article : Le Mont Tauch, ascension la plus dure des Corbières

➜ L'enregistrement du parcours sur Strava :


7 commentaires:

  1. Bravo Claude!

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  2. Superbe photo-reportage !

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  3. Jean-Christophe Braumann30 janvier 2018 à 19:56

    Toutes mes félicitations pour ce beau parcours, surtout le Mont Tauch… Dur dur!

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  4. Jean "Olddream"31 janvier 2018 à 19:41

    Des articles toujours aussi intéressants ! et bravo pour ces ascensions !

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  5. En vacances à Barcares, j avais voulu monter le mont Tauch.
    J ai egalement suivi le panneau vers la cave viticole !
    Contrairement à toi je n ai été jusqu en haut, écrasé par la chaleur d été 30 degrés sans vents.
    Beau souvenir.
    Merci
    François

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    1. J'ai en effet oublié de parler de la chaleur potentielle dans ma présentation du Mont Tauch (autre article)!… C'est vrai que c'est un facteur déterminant pour la réussite. Finalement, un peu de vent, c'est peut-être mieux!…

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  6. Dominique Péreira4 février 2018 à 19:22

    Bravo pour cette magnifique balade !

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